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    CASTELLANOS MOYA, Horacio

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    lilou57
    LEH
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    CASTELLANOS MOYA, Horacio

    Message  lilou57 le Mar 15 Fév 2011 - 10:51



    Effondrement
    Littérature hondurienne

    La haine et la rancoeur peuvent ronger un être jusqu'à le détruire. C'est ce qui arrive à Doña Lena, épouse d'Erasmo Mira Brossa, avocat, président du Parti national hondurien, et mère d'une fille unique, Teti. La fielleuse Lena, dont les insultes et les accusations traversent tout le roman comme des coups de tonnerre, enferme son mari dans les toilettes pour l'empêcher d'assister au mariage de leur fille, une union qui à ses yeux démolit l'image de la famille. Car Teti épouse un Salvadorien divorcé beaucoup plus âgé qu'elle, et certainement communiste, croit sa mère.

    Honduras 1963. Doña Lena n'accepte pas le mariage de sa fille Teti avec un salvadorien divorcé, plus âgé et peut-être même communiste. Sa colère ne connait pas de limites et elle va jusqu'à enfermer son mari dans la salle-de-bain pour l'empêcher d'assister à la noce. Elle sait aussi qu'une fois mariée, Teti voudra récupérer Eri, petit-fils qu'elle vénère et traite comme un prince. Plutôt résigné, Don Erasmo laisse passer l'orage, ou plutôt la tempête. Doña Lena hurle, invective, insulte et laisse parler sa nature hargneuse, vindicative, nationaliste et sûre de son bon droit.
    Salvador 1969. Teti a quitté le Honduras et vit désormais avec son mari, Clemente, et ses deux enfants, Eri et Alfredito, au Salvador. Quand la "guerre du football" éclate, elle ne peut plus communiquer que par lettres avec son père. Pour Doña Lena, cette guerre est le prétexte tout trouvé pour un retour de sa fille auprès de ses parents, dans la patrie qui est la sienne. Ses coups de fils insultants et ses propos racistes mettent une Teti, bien décidée à rester aux côtés de son mari, très mal à l'aise.
    Plus tard, lorsque Clemente est assassiné, Teti qui a fait sa vie dans son pays d'accueil, trouvera moultes prétextes pour y rester,au grand dam de sa mère toujours aussi insistante.
    Honduras 1991. Les années ont passé, Don Erasmo est mort et Doña Lena vit désormais seule dans sa grande propriété. Mattéo, son jardinier, chauffeur, homme à tout faire, raconte les dernières années d'une femme acariâtre qui, à force d'avoir voulu régenter la vie de ses proches, a fait le vide autour d'elle. Teti a fait sa vie au Salvador, Eri vit au Mexique, Alfredito s'est perdu dans l'alcool et la drogue. Ceux que Doña Lena a passé sa vie à attendre se sont éloignés d'elle...


    Trois parties et trois styles pour un livre qui raconte l'histoire d'une femme, d'une famille, d'un pays. Effondrement commence très fort avec une Doña Lena au mieux de sa forme et de ses certitudes, cela continue plus en douceur avec la correspondance un peu naïve de Teti, pour finir tristement à la mort d'une Lena solitaire et amère. Original et très étonnant, ce roman a été pour moi une découverte de la littérature du Honduras que je ne connaissais pas du tout. Il m'a permis, outre le plaisir de la lecture, d'en apprendre plus sur ce pays et de m'inciter à me renseigner sur cette partie du monde, en particulier sur cet épisode de la guerre du football dont je n'avais aucune idée. Divertir, faire découvrir et ouvrir sur le monde; que demander de plus à un livre?

    askya
    M
    M

    Re: CASTELLANOS MOYA, Horacio

    Message  askya le Mar 15 Fév 2011 - 19:09

    je passe mon tour mais merci pour ton avis Wink

    Nina
    ML
    ML

    Re: CASTELLANOS MOYA, Horacio

    Message  Nina le Mar 15 Fév 2011 - 21:13

    Merci pour ton avis Lilou.
    Pour ma part, je me dis : pourquoi pas ? Je n'ai jamais lu d'auteur hondurien.

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    Re: CASTELLANOS MOYA, Horacio

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