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    FEREY, Caryl

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    FEREY, Caryl

    Message  Nina le Mar 5 Juil 2011 - 9:33


    L'Afrikaner de Gordon'Bay.
    éditions Syros - 127 pages.

    Quatrième de couverture :

    La mère d'Alice est retenue en Afrique du Sud pour les fêtes de Noël... Son collègue océanographe vient d'être attaqué par un grand requin blanc, ce qui perturbe leur projet de créer un parc naturel voué à la protection de cette espèce. Alice et son père sautent dans le premier avion pour la rejoindre. impatiente de découvrir le pays, la jeune fille est bientôt interpellée par les agissements racistes du propriétaire de l'hôtel ultra-chic qui jouxte la bicoque de sa mère.

    Mon avis :

    Je connaissais Caryl Ferey comme auteur de romans policiers pour adulte (même si je n'ai encore lu aucune de ses oeuvres), je découvre Caryl Ferey auteur de littérature jeunesse, et la surprise est très agréable.
    Le style tout d'abord, rempli d'allant et d'humour, sans négliger la gravité des thèmes abordés. Le racisme, l'existence des township et la précarité qui les accompagne, le trafic d'animaux, la drogue sont intégrés dans l'intrigue policière sans lourdeur et sans fausse naïveté.
    Il faut dire qu'Alice est une héroïne particulièrement attachante. Elle a quinze ans, sa mère est éthologue, elle n'est pas souvent là, son père, très amoureux, est souvent dans les nuages, pourtant Alice est une adolescente aussi équilibrée que sa sensibilité le lui permet. Ses parents (sa mère surtout) lui ont transmis leur passion pour la protection de la nature, une capacité à s'ouvrir aux autres, et à être attentive à ce(ux) qui l'entoure(nt). Aussi, l'idée de passer ses vacances en Afrique du Sud, afin que sa mère découvre pourquoi les requins blancs attaquent a beau l'effrayer, elle se réjouit néanmoins d'être près des siens et de retrouver le continent où elle a passé son enfance.
    Avec Alice, nous découvrons un pays, encore marqué par l'Apartheid, où le développement se fait certes, mais chacun de son côté, pour paraphraser la jeune fille. Pas de cours pompeux ou pontifiant sur l'histoire du pays : Caryl Ferey synthétise parfaitement ce qu'il faut savoir du pays, décrit en quelques phrases bien choisis la richesse et l'extrême pauvreté qui se juxtaposent et autorisent tous les excès.
    L'intrigue est particulièrement alerte, les péripéties s'enchaînent de manière parfaitement logique, vers un dénouement certes attendu, mais pas décevant.
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    Re: FEREY, Caryl

    Message  caro le Mar 5 Juil 2011 - 11:56

    Merci Nina. Tes critiques de roman jeunesse vont m'intéresser ne serait-ce que pour les achats faits à la bibliothèque Very Happy
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    Re: FEREY, Caryl

    Message  Nina le Mar 5 Juil 2011 - 11:57

    Merci Caro.
    Je ne pense pas trahir un secret en disant que les bibliothécaires qui ont déjà pré-selectionné ce titre étaient particulièrement emballés.
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    caro
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    Re: FEREY, Caryl

    Message  caro le Mar 5 Juil 2011 - 12:00

    Je ne peux que te remercier encore de cette info. Ca m'aide car je lis plus de romans adulte que jeunesse et je suis de plus en plus tentée de mettre le nez dedans !
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    Re: FEREY, Caryl

    Message  Pinky le Mer 6 Juil 2011 - 8:52

    merci Nina, intéressant ce livre, je le note pour le transmettre à certains jeunes que je rencontre
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    Re: FEREY, Caryl

    Message  Nina le Mer 6 Juil 2011 - 12:28

    Merci Caro et Pinky.
    Je n'aime pas beaucoup la collection Souris noire, mais ce livre fait vraiment exception.
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    Re: FEREY, Caryl

    Message  Lariflette le Mer 27 Juin 2012 - 16:39



    ZULU

    Série Noire - 2008 - 391 pages

    Présentation de l'éditeur

    Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l'Inkatha, en guerre contre l'ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu'elles lui ont fait... Aujourd'hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l'Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d'Afrique, bat tous les records. Les choses s'enveniment lorsqu'on retrouve la fille d'un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l'agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds... Si l'apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale...

    Mon avis :

    Malgré le fait que le livre ne soit pas tout récent, j'avais une résa à la bib tellement il a de succès, succès amplement mérité. Personnellement de par d'autres voies je savais que la vie n'était pas rose en Afrique du Sud et que l'espoir Mandela / Tutu avait fait long feu, les blancs restants toujours autant à distance des noirs que par le passé, le racisme latent transpirant par tous les pores des villes de ce pays qui, dit-on, est fabuleusement beau. Des bantoustans en townships (ville bateaux ?), de dope en dope, d'ethnie en ethnie, de Xhosas en Tsotsis, de crime en meurtre, de flingue en couteau, Férey nous amène et nous promène dans un monde, une ville Cape Town où la criminalité bat tous les records mondiaux sans dépasser, cependant Johannesburg.
    Pourtant que la nature est belle, les baleines à bosse, les phoques, les épicéas, les vues sur l'océan mais aussi la pourriture et la fange qui sont l'âme des pauvres laissés à leur misère sans suffisamment de flics pour garantir leur sécurité.
    Les filles sont blacks et belles, certaines sont zoulous et princesses et entendent encore l'echo des cris de leurs ancêtres lorsqu'ils défirent tout un régiment anglais. On siffle et on marche sur des braises, on chique et on marche sur la plage, on s'aime et on se hait et...on tue.
    Les enfants disparaissent qui s'en soucie ? La police, Ali Neuman qui doit son prénom au fameux combat de Kinshasa entre Mohamed Ali et Foreman, homme meurtri dans sa chair par des salopards qui ont tué son père devant ses yeux ainsi que son frère aîné, un pneu imbibé d'essence autour de la tête dont un salaud de l'Inkatha mettra le feu, chef de la criminelle fait ce qu'il peut avec ses deux bras et deux c'est pas assez, Zoulou il est, prince également mais le monde se fout d'un prince zoulou.
    Quelques mamas noires, dont la mère d'Ali, aveugle ou presque, cherchent à savoir et ont une petite communauté aidant ces pauvres gosses sidéens à 11, 12 ans.
    Réconciliation nationale mes fesses, à sens unique la réconciliation, amende honorable idem, reconnaissance des actes, ben voyons autant demander aux nazis d'être volontaires pour être jugés à Nuremberg.
    Une molécule adjointe à de la drogue provoque des effets irréparables et la mort certaine d'autant qu'un effet secondaire provoque un sida foudroyant. Les dealers sèment les ténèbres comme le vent éparpille les grains.
    Ici le flic ne fait pas peur, la brigade de Neuman le sait cependant difficile d'éviter l'inévitable. Les meurtres perpétrés sur de jeunes blanches mettent la communauté en colère et il préférable voire recommandé que ce soit un blanc, l'adjoint et ami Epkeen, flic aux nombreux états d'âme et à la vie compliquée, qui ira faire des ronds de jambe chez la crème blanche du Cap. L'enquête sera longue et à rebondissements d'autant que, c'est bien connu, les superbes et leur pognon leur pignon sur rue, leur vie de rêve ne se font pas bouger en levant le petit doigt et n'acceptent que les galonnés pas les porteurs de képi.

    Un livre intense, magnifique, une voix déchirante, un appel au secours dans le désert, un prêche de cathédrale, Férey nous régale dans une langue atypique, fleurie, lisse, coulante et colorée comme la peau de cette princesse zoulou qui danse si bien sur les braises rougeoyantes et fait sortir les coeurs des hommes de leur poitrine.

    Du grand et du beau. Un passage obligé pour les amateurs de polars, pour ceux qui aiment le dépaysement et les inconditionnels de notre belle langue.

    5/5, un immense coup de coeur !

    5 etoile jaune j\'aime

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    Re: FEREY, Caryl

    Message  caro le Mer 27 Juin 2012 - 18:00

    Merci pour cet avis Bernard qui donne très envie de le lire Very Happy
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    Re: FEREY, Caryl

    Message  Ratdebibliotheque le Mer 27 Juin 2012 - 18:50

    Merci pour cet avis, Lariflette !
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    Re: FEREY, Caryl

    Message  Pinky le Mer 27 Juin 2012 - 20:03

    merci pour cette jolie présentation Lariflette, tu donnes envies de s'y plonger
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    Re: FEREY, Caryl

    Message  Nina le Mer 27 Juin 2012 - 20:43

    Merci pour cet avis Lariflette.
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    Re: FEREY, Caryl

    Message  Lariflette le Jeu 28 Juin 2012 - 0:48

    C'est moi qui vous remercie, Mes Dames de votre visite.

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    Re: FEREY, Caryl

    Message  Nina le Jeu 29 Juin 2017 - 20:50


    La dernière danse des maoris
    Edition Syros - 104 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    La mère d’Alice, géographe, travaille aux quatre coins du monde… Un matin, Alice et son père, qui vivent à Paris, reçoivent un coup de téléphone alarmant : victime d’un accident d’ULM, la jeune femme a été hospitalisée à Auckland. Une minute trente plus tard, leur décision est prise : ils iront passer les fêtes de Noël en Nouvelle-Zélande !Mais sur place, les mésaventures s’enchaînent : Alice échappe de peu à la noyade, tandis que sa route ne cesse de croiser celle d’un Maori au visage couvert de tatouages…

    Mon avis :

    Un livre de la collection souris noire… une collection que je croise moins souvent, peut-être parce que les enquêtes policières pour jeunes ados sont une peu tombées en désuétude au profite de la fantasy.
    Une enquête qui nous emmène au bout du monde. L’héroïne a des parents unis, très unis, d’ailleurs c’est son père qui élève Alice alors que sa mère effectue son travail à l’autre bout du monde – une tendance certaine dans la littérature jeunesse, aussi, de montrer des parents qui font carrière mais parviennent à tisser des liens avec leur progéniture. Géographe, un métier qui, logiquement, n’est pas dangereux. Seulement… la mère d’Alice a eu un accident qui n’en est pas vraiment un. Qui est responsable ? Ce mystérieux Maori, au visage tatoué comme celui d’un chef traditionnel, qui effraie tant Alice ?
    Dire qu’il ne faut pas se fier aux apparences est trop simple. Je dirai plutôt qu’il ne faut pas juger l’autre à l’aune de nos connaissances, mais se demander quelles sont ses coutumes, ses croyances. Il n’est pas besoin d’être écologiste pour respecter la terre, la mer, et les êtres qui y vivent. L’on peut être « un chef » et n’en avoir que le nom, sans penser aux bien de son peuple. Il est des prises de pouvoir, des coups d’état non violents.
    Bien sûr, nous sommes dans un roman de littérature jeunesse, donc certains faits ne sont pas aussi développés que dans un roman pour adulte. Cependant, ils donnent des pistes de discussion intéressantes pour sensibiliser de jeunes lecteurs et échanger avec eux.
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    Re: FEREY, Caryl

    Message  Pinky le Ven 30 Juin 2017 - 8:28

    merci Nina pour cette présentation
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    Re: FEREY, Caryl

    Message  Nina le Ven 30 Juin 2017 - 9:06

    Merci Pinky pour ta visite.

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    Re: FEREY, Caryl

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