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    WATAYA, Risa

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    Nina
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    WATAYA, Risa

    Message  Nina le Mar 24 Déc 2013 - 19:17


    Install.
    Edition Philippe Picquier - 103 pages.

    Mon résumé :

    Asako en a assez de sa vie de parfaite lycéenne. Elle s’interroge sur le but de ses études et de tous les efforts qu’elle accomplit. Aussi, elle décide de ne plus aller au lycée et de bazarder tout ce qui se trouve dans sa chambre. Elle rencontre alors Kazuyoshi, un petit génie de l’informatique, son voisin.
    Mon avis :
    Cette œuvre très courte, une centaine de pages, est le premier roman d’une écrivain japonaise qui avait 17 ans lors de sa publication.  On ne peut donc pas lui reprocher d’être éloignée des préoccupations des adolescents, ou de ne pas connaître la jeunesse nippone.
    Là, Asako, non seulement parvient à cacher à sa mère qu’elle a déserté le lycée – avec la complicité d’une professeur, petite amie d’un de ses élèves, mais son jeune voisin, qu’elle rencontre par hasard, aide parfois une jeune mère célibataire. Il ne lui fait pas ses courses, non, il ne garde pas son enfant quand elle travaille, non plus : il répond à sa place sur un site pornographique. Comment est-ce possible, me direz-vous ? Ils ne se connaissent que via Internet, il fut facile pour Kazuyoshi de se faire passer pour une jeune femme adulte – et il n’a que dix ans.
    Choquant ? Oui, car les deux amis passent désormais leur temps libre à avoir des conversations érotiques avec des inconnus sur Internet. Asako découvre ainsi toute la solitude, toute la misère sexuelle de ceux qui visitent ce genre de site ainsi que des pratiques qu’elle n’imaginait pas. Elle se rend aussi compte que ce n’est pas la qualité du dialogue qui compte, mais la rapidité avec laquelle elle peut répondre, et développe très vite des automatismes.
    Choquant ? Pas seulement. Asako et Kazuyoshi vivent dans un monde virtuel, cependant la réalité est à leur porte. Contrairement aux héros de Ryu Murakami, leurs parents ne sont pas aussi absents, distraits ou incompétents que leurs enfants le croient. Install raconte l’histoire d’une parenthèse qui se transforme en prise de conscience.

    Pinky
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    Re: WATAYA, Risa

    Message  Pinky le Mer 25 Déc 2013 - 11:03

    merci Nina pour cette présentation, j'avais failli l'acheter mais je n'étais pas assez accrochée pour franchir le pas

    Ratdebibliotheque
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    Re: WATAYA, Risa

    Message  Ratdebibliotheque le Mer 25 Déc 2013 - 16:32

    Merci Nina pour ton avis mais il ne me tente pas.

    Nina
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    Re: WATAYA, Risa

    Message  Nina le Jeu 26 Déc 2013 - 17:19

    Merci Pinky et Ratdebibliothèque pour votre visite.

    Nina
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    Re: WATAYA, Risa

    Message  Nina le Mar 11 Aoû 2015 - 12:35




    Mon résumé :
    Hatsu n’arrive pas à s’intégrer au lycée, elle ne parvient à s’intégrer à aucun groupe, d’ailleurs. Elle a même l’impression que sa meilleure amie l’a rejetée, alors que celle-ci tente au contraire de rester proche d’elle, tout en liant de nouvelles amitiés. Hatsu se rapproche presque malgré elle de Ninagawa, un jeune garçon encore plus renfermé qu’elle qui n’a qu’une passion : une jeune mannequin sur laquelle il collectionne tout.
    Mon avis  :
    Court roman ou longue nouvelle ? C’est probablement ainsi qu’en France, on classerait ce livre. Il nous offre un moment de la vie d’Hastu et de Ninagawa, particulier, certes, mais pas décisif.
    Ce qui ressort de ce livre est la profonde solitude dans laquelle se trouvent ses personnages. Ninagawa est seul avec sa passion hors-norme pour cette mannequin-chanteuse, il n’est pas qu’une groupie, il est le détective privée de sa vie, guettant le moindre article sur elle, notant le moindre lieu où elle est passée, tel un historien de sa vie. Ninagawa vit quasiment en autarcie dans sa chambre, n’ayant que quelques contacts obligatoires avec le monde extérieur, y compris avec sa propre mère qui semble pourtant veiller sur lui, prendre soin de lui, même si lui n’aime pas que l’on prenne soin de lui.
    Hatsu semble encore plus isolée que lui – volontairement. Ne trouvant sa place nulle part, ne sachant d’ailleurs pas très bien ce qu’elle veut faire de sa vie, totalement coupée des autres. Comme souvent dans la littérature japonaise contemporaine, je ne peux que remarquer le fossé entre la jeunesse et le monde des adultes : les deux évolulent les uns à côté des autres.
    Y a-t-il une lueur d’espoir dans ce roman, une possibilité de changement ? Pas tant que cela, à moins d’imaginer qu’Hatsu prenne enfin les mains qui lui sont tendues.

    Nina
    ML
    ML

    Re: WATAYA, Risa

    Message  Nina le Mar 11 Aoû 2015 - 13:35



    Trembler te va si bien.

    Présentation de l'éditeur :

    "Etô Yoshika, vingt-six ans. Nationalité japonaise, groupe sanguin B, employée à K.K. Maruei, facilement acnéique. Copain zéro, économies zéro. Loyer mensuel : 75 000 yens. Ce que je déteste : les glandeurs. Ce que j'aime : le ragoût de bœuf. Ma passion du moment : chercher sur Wikipédia les espèces animales éteintes."
    Yoshika a la tête dans les étoiles et deux amoureux. C'est une jeune ingénue qui cherche sa place dans l'univers et se demande parfois si elle n'est pas elle-même une espèce en voie d'extinction. Elle raconte avec une telle drôlerie ses incertitudes amoureuses que ça crépite à chaque ligne comme une étoile lointaine, ou comme un tube au néon sur le point d'imploser.
    Mon avis :
    C'est comme si nous retrouvions l'héroïne d'appel du pied qui aurait grandi. Ou pas. Dans le Japon contemporain, il est important pour une femme de se marier - même si les mariages me semblent très largement arrangés par les parents, par les amis. Etô a 26 ans, est employée de bureau, appelle régulièrement ses parents qui ne lui offrent pas toujours le soutien nécessaire - sa mère est entièrement soumise à l'avis de son mari.
    Et l'héroïne est amoureuse. De la star du lycée, Ichi, qui n'a jamais fait attention à elle mais qu'elle va tout faire pour revoir, lors d'une soirée d'anciens élèves. Qu'elle paraît pourtant asociale, cette Etô, qui ne semble pas maîtriser les codes et se met à l'écart, malgré elle. Mais Ni, un collègue, est amoureux d'elle et lui demande de sortir avec elle ce dont elle n'a pas envie : pas avec un garçon qui ne s'intéresse qu'à sa petite personne ! Du moins, c'est l'avis d'Etô, et la suite du récit nous montrera que ce n'est pas si simple que cela.
    Et oui, le point de vue de ce court récit est subjectif, et Etô "voit" vraiment le monde avec des oeillères et des lunettes tantôt roses, tantôt noires. L'avenir n'est pas vraiment rieur quand, à 26 ans, elle se dit qu'elle passera sa vie dans cette même entreprise, avec ses mêmes collègues, et pas vraiment d'intérêt pour tout ce qui l'entoure.
    Moment de vie d'une jeune fille d'aujourd'hui, Trembler te va si bien nous interroge sur le malaise de la jeunesse japonaise actuelle.

    Pinky
    M
    M

    Re: WATAYA, Risa

    Message  Pinky le Mer 12 Aoû 2015 - 10:55

    merci Nina pour ces deux présentations, une lecture pour adolescents ?

    Nina
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    ML

    Re: WATAYA, Risa

    Message  Nina le Mer 12 Aoû 2015 - 18:38

    Merci Pinky pour ta visite.
    Non, pas vraiment. Bien que l'auteur ait été très jeune au moment de l'écriture de ce roman, elle a obtenu (mais je ne sais plus pour lequel des trois) l'équivalent du Goncourt au Japon.

    Pinky
    M
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    Re: WATAYA, Risa

    Message  Pinky le Jeu 13 Aoû 2015 - 8:39

    merci Nina,je ne te dirai pas non plus. Ils ont tout comme nous une quantité de prix littéraire...

    Nina
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    ML

    Re: WATAYA, Risa

    Message  Nina le Sam 31 Oct 2015 - 0:44


    Édition Philippe Picquier - 145 pages.

    Présentation de l'éditeur :

    Il paraît qu’en Occident, on ne refuse pas d’aider une amie qui a des ennuis. Alors, lorsque son copain décide d’héberger sous son toit Akiyo, qui n’a ni maison ni travail, la pauvre, Julie se dit que, ah, si c’est comme ça qu’on fait en Occident, alors, oui, elle va faire un effort.

    Mon avis :

    Je crois que Risa Watay est un cas unique pour moi : la seule auteure dont je suis l'oeuvre pas à pas, de parution en parution. Pauvre chose est son quatrième roman et, à mes yeux, le plus abouti.

    Nous ne retrouvons pas les mêmes personnages d'un roman à l'autre et pourtant, les personnages grandissent d'une oeuvre à l'autre, de lycéenne à jeune femme pleinement engagée dans le monde du travail, à la vie amoureuse équilibrée. En apparence. Elle a beau être celle à qui toutes les autres employées demandent conseils, elle a beau aimer son métier, travailler d'arrache-pied, y compris le dimanche, sans y trouver à redire, elle peine dans sa vie sentimentale.

    Pour quelle raison ? Elle a 28 ans, et elle aime le garçon qui est son copain, pas de marieuse pour les présenter, pas de parents pour la caser. Seulement, il n'est que son copain, ils ne vivent pas ensemble. Même, il ne veut plus qu'elle vienne chez lui depuis que son ex vit avec lui parce qu'elle n'a plus les moyens de se loger, étant au chômage. Qui pourrait accepter une telle situation ? Et bien Julie, l'héroïne de ce roman.

    La clef de cette acceptation ? Le manque de confiance en elle apparaît en filigrane. Elle porte des vêtements, des chaussures, des sacs de marque, elle a une coiffure impeccable, elle est LA parfaite vendeuse - mais qui est-elle réellement derrière cette façade ? A chaque critique, même indirecte de son amoureux, elle modifie ce qui le dérangeait, jusqu'à ne plus même utiliser son dialecte natal.Quelles sommes de complexe abrite l'esprit de Julie, pour que la moindre menace de séparation, pour que la moindre référence à une autre culture que la sienne l'empêche de révéler non seulement ce qu'elle a sur le coeur, mais ce qu'elle est vraiment ? Risa Wataya se garde bien de critiquer noir sur blanc la société japonaise, elle a suffisamment de finesse pour le faire par le biais de cette histoire d'amour.

    Qui dit société dit aussi membres de cette société, et c'est un choc des cultures involontaire que vivent Julie et Ryûdai. Choc pour le jeune homme, qui a vécu, travaillé aux Etats-Unis, et qui ne se fait pas à la rigidité des entreprises japonaises. Choc pour Julie, qui compare sans cesse et finalement, ne trouve pas la société japonaise si mal que cela - en tout cas, elle y est heureuse, même si elle apprend l'anglais pour plaire à Ryûdai. Sa conversation avec ses professeurs d'anglais, à qui elle a demandé conseil sur sa vie amoureuse, est à cet égard particulièrement réjouissante. Julie ne maîtrise pas la langue anglaise, et ses conclusions sont pour le moi hilarantes.

    Un roman pour tous les fans de Risa Wataye - et pour tous ceux qui veulent un autre regard sur le Japon contemporain.

    PS : pour la petite histoire... Sur la quatrième de couverture, l'éditeur précise que son premier roman est Appel du pied, couronné par un prix littéraire. Son second roman se nomme, toujours d'après eux... Appel du pied. Je suis bien avancée.

    Pinky
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    Re: WATAYA, Risa

    Message  Pinky le Sam 31 Oct 2015 - 8:53

    merci Nina pour cette présentation ou appel de la plume clin d\'oeil

    Nina
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    Re: WATAYA, Risa

    Message  Nina le Sam 31 Oct 2015 - 10:52

    Merci Pinky pour ta visite !

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    Re: WATAYA, Risa

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