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    SIZUN Marie

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    Pinky
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    SIZUN Marie

    Message  Pinky le Jeu 20 Jan 2011 - 10:02

    La femme de l'Allemand



    Roman

    281 pages édité au livre de poche en août 2009

    Résumé

    Dans
    le Paris de l'après-guerre, une petite fille, Marion, vit avec sa mère,
    Fanny, qu'elle adore. Peu à peu, pourtant, une dissonance s'installe,
    faussant leur relation. Des emportements inexplicables, un silence
    incompréhensible à propos de ce père allemand dont Marion ne sait rien
    ou presque. Avec le temps, Marion comprend que sa mère est
    maniaco-dépressive. Les rôles s'inversent alors. L'adolescente endosse
    cette raison qui, doucement, abandonne Fanny. Mais l'amour ne suffit pas
    pour terrasser la folie... Marie Sizun sait dire avec émotion et pudeur
    l'amour qui rapproche et sépare les êtres.


    Mon ressenti

    Une
    magnifique histoire autour des origines (le titre l’indique aisément)
    mais ce n’est pas cela qui soutient l’histoire, c’est la maladie mentale
    et la prise de conscience de l’enfant de devoir « dépasser »
    mentalement son parent et de le protéger…


    Pour
    éviter de sombrer à son tour, Marion ne peut alors que se raccrocher à
    ce mythe qu’est son père… et plus sa mère sombre, plus le père est
    présent, jusqu’au moment de la rupture de leur relation (mère et fille).


    Des
    chapitres courts qui distille régulièrement angoisses, bonheur, vie de
    tous les jours…. J’ai senti moi aussi la tension monter jusqu’à me dire
    mais comment faire ? Pris entre l’amour de son parent et de dire aux
    autres que son parent doit se faire soigner et donc disparaître à
    nouveau pendant un temps… Ambivalence, choix terrible à faire,
    responsabilité… et cette violence qui continue inlassablement à monter
    au fur et à mesure des crises… arrachement, trahison et culpabilité liés
    à un soulagement…


    La
    relation se casse au moment de l’adolescence, où le jeu de miroir est
    important. Que voit la mère dans sa fille devenue femme à son tour ? Que
    réalise Marion quand elle comprend qu’elle aurait faire l’irréparable
    vis à vis de sa mère ? Se dédouaner d’un passé, vivre et aller de
    l’avant… demande à chacun d’entre nous de faire des choix et parfois de
    rompre avec certaines de nos chaînes …


    L’auteur
    s’adresse à Marion en lui parlant « tu »… ou est-ce Marion qui se parle
    à elle même … et s’adresse à nous, le livre refermé, il continue
    d’exister


    A découvrir absolument

    Nina
    ML
    ML

    Re: SIZUN Marie

    Message  Nina le Jeu 27 Jan 2011 - 21:35

    Mon avis sur La femme de l'allemand :

    Quelle est cette voix qui s’élève et qui s’adresse à Marion, le personnage principal ? J’ai pensé que c’était Marion, adulte, qui s’adressait à l’enfant et à l’adolescente qu’elle avait été.

    La vie de Marion, dès son plus jeune âge, est faite de secrets : ne pas révéler que son père est allemand, ne pas révéler que sa mère est maniaco-dépressive. Bien sûr, ce n’est pas ce mot que Marion emploie au début, elle va découvrir petit à petit la réalité de la maladie de sa mère. Il est significatif que le premier souvenir conscient de Marion est celui de la première crise dont elle a été témoin. Chaque fait nous est raconté de son point de vue d’enfant, sans fausse naïveté (jamais le lecteur n’a l’impression d’en avoir deviné plus qu’elle), sans enjolivement.


    Il n’est pas facile de grandir et de se construire dans ces conditions. La maladie de Fanny impose son rythme au roman. Les périodes d’accalmie sont résumées, toujours vécues dans un mélange d’aveuglement et de défiance, dû en partie aux commentaires de la narratrice. Les crises sont soigneusement racontées : les signes précurseurs, le déroulement et les conséquences.

    Marion a la chance d’avoir des grands-parents et une grand-tante qui prennent soin d’elle et qui lui assure une existence presque normale. Je peux comprendre aussi que Maud retrouve dans Marion la fille qui s’est éloignée d’elle, et pour Elisa, la petite-fille qu’elle n’aura jamais. De même, lorsque ses origines sont révélées, Marion rencontrera la compréhension autour d’elle - la guerre s’est éloignée, et tout le monde ne songe pas à reprocher aux enfants la faute des parents.

    Marion aime sa mère, d’un amour inconditionnel, et fait tout pour la protéger. L’adolescence lui apporte cependant le désir de s’émanciper, de vivre les émois ordinaires d’une jeune fille de son âge. Fanny ne voit plus alors en sa fille un double, sa petite Funny, mais une rivale. Marion, qui reconstitue les méandres des raisonnements malades de sa mère, devra choisir entre protéger, encore et toujours sa mère, et se protéger, vivre, enfin, même si c‘est d‘une manière que son entourage ne comprend pas. Le dénouement est particulièrement poignant.

    Un très beau roman et un vrai coup de cœur.

    Pinky
    M
    M

    Re: SIZUN Marie

    Message  Pinky le Ven 28 Jan 2011 - 10:16

    merci Nina, je te rejoins tout à fait

    Nina
    ML
    ML

    Re: SIZUN Marie

    Message  Nina le Ven 28 Jan 2011 - 22:22

    Quand des amies me demandent des "idées de lecture", ce roman est l'un de ceux que je recommande. J'ai vraiment envie de le partager, et je regrette que mes amies s'intéressent peu à la littérature française (elles lui préfèrent la littérature anglo-saxonne).

    Nina
    ML
    ML

    Re: SIZUN Marie

    Message  Nina le Ven 28 Jan 2011 - 22:24


    Titre : Plage.
    Auteur : Marie Sizun.
    Editeur : Arléa.
    Nombre de pages : 262.

    Quatrième de couverture :
    Un peu perdue sur une plage bretonne, une femme attend l’homme qu’elle aime. Il a promis de la rejoindre à la fin de la semaine, pour huit jours ensemble. Il est marié. Dans l’impatience heureuse, puis l’anxiété de cette attente, elle trompe sa solitude en regardant, en écoutant autour d’elle tous ces gens en vacances… Images et voix diverses qui font remonter en elle des souvenirs tantôt proches, tantôt lointains, qui, bientôt, lui parlent étrangement.
    Qu’il vienne ou non, cet homme attendu, elle ne sera plus jamais la même.
    Avec un art qui lui est propre, Marie Sizun dresse le portrait tout en nuances d’une femme d’aujourd’hui. Avec finesse, elle explore l’intimité des êtres dans leurs moments de doutes et de passion.

    Mon avis :

    Une voix solitaire s’élève, celle d’Anne, la narratrice. Seule, elle l’a toujours été, surtout depuis la mort de son père. Pas d’amis, pas de mari, une rivalité sourde avec sa mère, une admiration sans borne pour son père, tel pourrait être le portrait d’Anne.
    Anne attend. Son amant, François, un homme marié, doit venir la rejoindre à la fin de la semaine, dans une petite station bretonne qu‘ils ont choisi ensemble. Anne est venue plus tôt afin de préparer sa venue. Les coups de téléphone de son amant, trop rares, trop brefs, rythment ses journées, et entre chacun d’eux se prolonge cette attente, heureuse d’abord, puis plus inquiète, au fur et à mesure que les appels se raréfient. Alors elle observe les personnes, chaque jour différentes, qui prennent place sur la plage, elle cherche à deviner les titres des livres lus par les plaisanciers (je dois dire que je fais la même chose, et pas seulement sur la plage). Elle écoute des bribes de conversations qui font parfois remonter des bribes de souvenirs.
    L’absence de l’homme aimé lui permet de ne plus être dans l’immédiateté du bonheur, et de se livrer à l’introspection. Ce n’est sans doute pas un hasard si elle reproduit (inconsciemment ?) la situation qu’elle a connu enfant en choisissant comme amant un homme qui ressemble à ce père qu’elle admirait tant, mariée à une femme faible, fragile des nerfs.
    je trouve que l'héroïne se souvient, beaucoup, longtemps, de faits de son enfance que le lecteur (enfin moi) met en relation avec ce qu'elle est en train de vivre, mais elle ne pense pas. Il y a véritablement deux périodes dans sa vie : l'enfance et le présent, un grand vide entre 17 et 36 ans.

    Anne ne s'interroge pas, elle n'agit pas, elle se laisse porter par les événements, et quand ils surviennent, elle s'adapte. Elle est très différente de Marion, l'héroîne de la femme de l'allemand, qui, si jeune soit-elle, a la force d'agir. Anne, il faut constamment que les autres aillent la chercher, même pour des faits très simples. Elle entend ceux qui s'adressent à elle, elle ne les écoute pas. Elle semble être restée très puérile, en dépit de ses 36 ans, tout est blanc ou noir avec elle, et elle renonce déjà à certains actes plus adultes (vivre en couple, avoir un enfant, ou, dans un autre domaine écrire un livre). A la fin du roman, elle a changé, comme si (interprétation personnelle) la fin de cette histoire d'amour lui avait permis de rompre cette relation fusionnelle qu'elle entretenait avec le souvenir de son père. . Je n'irai pas jusqu'à parler de renaissance, non, je dirai plutôt d'une ouverture aux autres, comme si ce qui l'avait tenu si longtemps à l'écart n'existait plus.
    C'est un livre agréable et facile à lire, j'ai passé un bon moment en sa compagnie mais vers les deux tiers, je me suis dit "zut, j'ai envie de la secouer".

    Pinky
    M
    M

    Re: SIZUN Marie

    Message  Pinky le Sam 29 Jan 2011 - 12:51

    merci Nina, à l'occasion... pour tes amies, c'est pas grave, tu as ici pour nous parler aussi de la littérature française... en tout cas, tu peux parler avec elle de lecture, c'est déjà un +

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    Re: SIZUN Marie

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