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    BENAMEUR, Jeanne

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    BENAMEUR, Jeanne

    Message  Nina le Jeu 29 Mai 2014 - 13:04


    Pas assez pour faire une femme.
    Editions Thierry Magnier - 90 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    Elle a 17 ans, le bac en poche, l’université l’attend, la liberté aussi dans sa chambre d’étudiante loin de ses parents. Le roman commence dans la chambre de l’homme, la chambre, où elle va devenir une femme amoureuse, épanouie. Avec lui, elle va grandir. Elle va aussi exorciser les démons de l’enfance qui jusqu’à présent l’empêchaient de devenir une femme.

    Mon avis :

    Je commencerai par un regret : ce livre est trop court, et j’aurai vraiment aimé en savoir plus sur l’itinéraire de la jeune narratrice.

    Nous sommes au début des années 70, et nous sommes bien loin des clichés que certains véhiculent. Non, mai 68 n’a bien tout révolutionné, il reste encore bien du chemin à parcourir. Les étudiants font peur, et l’on préfère les parquer loin de la ville pour "qu’ils puissent étudier tranquillement". Ah, ils ont bien, là-haut, pour étudier, loin des rumeurs de la ville, sans transports en commun, sans presque toutes les commodités dont ils ont besoin, justement. Une même situation, deux points de vue ? Non, pas vraiment – il en a fallu des décennies, dans certaines villes, pour que les étudiants regagnent le coeur de la cité, démonstration par l’absurde qu’ils faisaient véritablement peur. Serait-ce aussi un signe que la jeunesse actuelle est incapable de se révolter ? A voir.

    Mais revenons à notre roman . La majorité est encore à 21 ans, et les parents de l’héroïne peuvent lui couper les vivres s’ils le souhaitent. Ou plutôt, le père peut lui couper les vivres : l’autorité parentale s’est substitué à la puissance paternelle en 1970, mais il faut encore du temps, dans la pratique, pour que ce changement entre dans les moeurs. Il faudrait pour cela qu’on ose s’opposer au père : ni la mère, ni la soeur aînée ne le tentent. Crainte des conséquences ? Là où la cadette ne compte que sur elle-même pour réussir, l’aînée attend plutôt un mari qui lui assurera son indépendance (sans voir, bien sûr, à quel point elle sera dépendante).

    Ce que j’ai aimé aussi, dans cet éveil, cette libération, c’est que son amoureux lui permettra de sortir de sa coquille, de devenir indépendante, mais qu’elle ne le prendra pas ni pour un tuteur, ni pour un mentor. Elle saura aussi s’affranchir de lui, comprendre qu’ils ont vécu une belle histoire et poursuivre son chemin sans avoir besoin, à chaque décision, de son approbation. Il lui fait découvrir certains auteurs, mais elle n’est pas non plus une parfaite ignorante, elle a son propre vécu, ses propres connaissances, des goûts littéraires bien affirmés.

    Et c’est là que le bas blesse, entre ses deux amoureux que tout semble avoir réuni : leur passé. Si, pour Judith, la vie d’Alain, baigné dès son plus jeune âge dans la culture, paraît idéale, il n’en reste pas moins qu’il a lui aussi des faits, dans son passé qui l’empêche d’être pleinement heureux. Nous n’en saurons pas plus, tout comme nous ne saurons pas complètement les causes des cauchemars récurrents de Judith, nous les devinerons seulement. Après tout, il n’était pas nécessaire d’en dire plus puisque certains détails, certaines remarques acerbes de Béa, soeur aînée de Judith, permettent de comprendre.

    Pas assez pour faire une femme, encore un beau roman signé Jeanne Bénameur.

    Pinky
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    Re: BENAMEUR, Jeanne

    Message  Pinky le Ven 30 Mai 2014 - 10:27

    merci Nina pour cette belle présentation, je suis restée sur ma faim...

    Nina
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    Re: BENAMEUR, Jeanne

    Message  Nina le Ven 30 Mai 2014 - 18:04

    Merci Pinky pour ta visite.
    Pour ma part, je lirai prochainement un autre de ces romans.

    Nina
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    Re: BENAMEUR, Jeanne

    Message  Nina le Dim 26 Juin 2016 - 12:36

    Otages intimes.
    Edition Actes Sud - 208 pages.


    Présentation de l'éditeur (coupée. Elle en dit beaucoup trop) :


    Photographe de guerre, Etienne a toujours su aller au plus près du danger pour porter témoignage. En reportage dans une ville à feu et à sang, il est pris en otage. Quand enfin il est libéré, l'ampleur de ce qu'il lui reste à ré-apprivoiser le jette dans un nouveau vertige, une autre forme de péril. De retour au village de l'enfance, auprès de sa mère, il tente de reconstituer le cocon originel, un centre duquel il pourrait reprendre langue avec le monde.

    Mon avis :

    Tout d'abord, pester contre les quatrièmes de couverture qui racontent tout. Heureusement, je ne l'ai lu qu'après coup, sinon, j'aurai été déçue - enfin, plus encore que je ne le suis.
    Peu de livres racontent l'après - les circonstances de la libération, les souvenirs de la détention, les traces que l'on a gardé en soi. Tout ce qui a trait à ses éléments est réussi. En revanche, j'ai eu du mal avec les personnages dans leur ensemble, parce qu'aucun, à part Enzo, n'a réussi à construire quelque chose. Irène, la mère d'Etienne, a renoncé au bonheur parce que.... elle ne sait plus au juste pourquoi. Jofranka est avocate à la cour internationale de La Haye, elle est véritablement utile, et sa vie professionnelle va de pair avec ses convictions - sa vie personnelle n'est que solitude, elle qui a quitté Enzo, son mari. Pour un peu, Enzo, Etienne et Jofranka formeraient un triangle amoureux, si ce n'est que chacun de ses amis d'enfance se sent seul, exclu quand Jofranka se rapproche de l'un ou de l'autre. Mais ces relations ne sont qu'esquisser, comme beaucoup de choses dans ce roman. Parfois, il est bon de conserver une écrire pudique, comme lorsque que nous entendons la voix de cette jeune femme qui va témoigner, à La Haye, de ce qu'elle et d'autres femmes ont subi dans leur pays en guerre. Elle est, finalement, le personnage qui m'a le plus marqué. En revanche, les amours d'Etienne et d'Emma (ensemble ou séparés) ne m'ont pas touché. Trop de mots, de grandiloquence d'un côté, pas assez de l'autre. Et les lettres que l'on écrit à l'autre mais pour soi - les relations amoureuses sont-elles si compliquées ?
    Otages intimes est un livre que j'aurai aimé aimer, et que j'ai peiné à terminer.

    Pinky
    M
    M

    Re: BENAMEUR, Jeanne

    Message  Pinky le Lun 27 Juin 2016 - 9:58

    merci Nina pour cette présentation, avant de lire ce roman, j'en ai d'autres de l'auteur

    Nina
    ML
    ML

    Re: BENAMEUR, Jeanne

    Message  Nina le Lun 27 Juin 2016 - 13:15

    Merci Pinky pour ta visite.
    Celui-ci est paru voici moins d'un an, mais j'en ai d'autres aussi à lire de cette auteur.

    Jo19lyne
    ML
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    Re: BENAMEUR, Jeanne

    Message  Jo19lyne le Ven 1 Juil 2016 - 22:43

    J'aime beaucoup l'écriture de cette auteure, je n'ai pas encore lu celui-ci... Je vais lire "Laver les ombres" j'ai découvert quelques passages de celui-ci à l'occasion d'un atelier d'écriture Merci pour cette présentation Nina.

    Nina
    ML
    ML

    Re: BENAMEUR, Jeanne

    Message  Nina le Sam 2 Juil 2016 - 10:43

    Merci JO19Lyne pour ta visite.

    Jo19lyne
    ML
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    Re: BENAMEUR, Jeanne

    Message  Jo19lyne le Sam 2 Juil 2016 - 19:26

    Profanes
    JEANNE BENAMEUR, aux éditions Actes Sud, 270 pages.



    Présentation éditeur
    Ancien chirurgien du coeur, il y a longtemps qu’Octave Lassalle ne sauve plus de vies. À quatre-vingt-dix ans, bien qu’il n’ait encore besoin de personne, Octave anticipe : il se compose une “équipe”. Comme autour d’une table d’opération – mais cette fois-ci, c’est sa propre peau qu’il sauve. Il organise le découpage de ses jours et de ses nuits en quatre temps, confiés à quatre “accompagnateurs” choisis avec soin. Chacun est porteur d’un élan de vie aussi fort que le sien, aussi fort retenu par des ombres et des blessures anciennes. Et chaque blessure est un écho.
    Dans le geste ambitieux d’ouvrir le temps, cette improbable communauté tissée d’invisibles liens autour d’indicibles pertes acquiert, dans l’être ensemble, l’élan qu’il faut pour continuer. Et dans le frottement de sa vie à d’autres vies, l’ex-docteur Lassalle va trouver un chemin.
    Jeanne Benameur bâtit un édifice à la vie à la mort, un roman qui affirme un engagement farouche. Dans un monde où la complexité perd du terrain au bénéfice du manichéisme, elle investit l’inépuisable et passionnant territoire du doute. Contre une galopante toute-puissance du dogme, Profanes fait le choix déterminé de la seule foi qui vaille : celle de l’homme en l’homme.



    «Le profane étymologiquement est celui qui reste devant le temple, qui n’entre pas. C’est ainsi que je me sens. Et je ne peux pas échapper à la question. À quoi arrime-t-on sa vie pour avancer, jour après jour ?
    La route que choisit Octave Lassalle, c’est les autres. Trop seul dans sa grande maison depuis tant d’années, il décide de s’entourer. Quand la famille fait défaut, quand la religion n’est pas de mise, il reste l’humanité. Et la seule carte du monde qui vaille, c’est celle, mouvante, des hommes et des femmes sur terre.
    Le roman est tissé de ces vies qui se cherchent et se touchent, des vies trébuchantes, traversées d’élans et de doutes qui trouvent parfois, magnifiquement, la justesse.
    C’est du frottement de ces vies imparfaites qu’Octave Lassalle cherche à être enseigné, retournant ainsi les Évangiles. C’est de ces points de contact improbables qu’il attend les seules épiphanies possibles. Des épiphanies profanes. Humbles.
    Chacun des cinq personnages du roman a connu un moment dans son existence où la foi en quoi que ce soit de transcendant s’est brisée. Chacun des cinq va peu à peu reconstruire une route, sans dogme ni religion, pour retrouver la foi dans l’être humain, ici et maintenant.
    J’ai écrit ce roman, comme Hélène, la femme peintre, en passant par les ombres de chacun pour qu’ils apparaissent peu à peu, dans la lumière.
    Dans les temps troublés que nous traversons, où les dogmes s’affrontent, n’offrant de refuge que dans la séparation, j’ai voulu que Profanes soit le roman de ceux qui osent la seule liberté à laquelle je crois : celle, périlleuse, de la confiance. Cette confiance qui donne force pour vivre. Jusqu’au bout.»
    Jeanne Benameur



    Mon avis
    Le lecteur est dans l'expectative. Il pénètre dans cette grande maison par la petite porte, chaque personnage cherche sa place, un balai savamment orchestré par ce vieux monsieur qu'est Octave Lassalle. Le passé et les émotions enfouies ressurgissent peu à peu.
    Un très bon moment de lecture. coup de coeur

    Pinky
    M
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    Re: BENAMEUR, Jeanne

    Message  Pinky le Dim 3 Juil 2016 - 10:00

    merci Jocelyne pour cette présentation, j'ai beaucoup aimé ce livre que j'ai terminé il y a quelques temps, ressenti prochainement

    Pinky
    M
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    Re: BENAMEUR, Jeanne

    Message  Pinky le Dim 3 Juil 2016 - 13:04

    PROFANES

    Mon ressenti

    C’est un livre qui distille sérénité, douceur, à l’image d’Octave. Il est à l’aube de sa vie et pour tirer sa révérence, il choisit 4 personnes pour l’accompagner dans cette dernière ligne droite. C’est avec ses intuitions sur la personne qu’il choisit ces quatre accompagnateurs. Ils sont 6 dans cette grande maison qui va aussi reprendre vie avec le passage, les discussions, les découvertes… Chacun a des blessures liées à leur vie, à leur choix ou à leurs incompréhensions ou questionnements. Ensemble, ils vont apprendre à cicatriser, à faire confiance, à pardonner et à reprendre leur cheminement. Il n’est pas facile de vivre ensemble et de partager son quotidien, encore moins, lorsque l’issue est déjà toute tracée.

    J’ai aimé ce livre car j’ai été traversée par de nombreuses émotions que ce soit par la joie, la tristesse, la peur. J’ai été émerveillée de voir s’épanouir toutes ces personnalités pour se rencontrer et s’apaiser mutuellement, à l’instar des fleurs du jardin que les personnages traversent régulièrement.

    Rapidement, je me suis sentie chez moi chez Octave et comme Avèle, Béatrice, Yolande, Marc j’avais une chambre. A chaque page, j’ai été pénétrée par la sérénité qui se dégageait du lieu pour découvrir l’histoire de chacun.

    A découvrir

    Jo19lyne
    ML
    ML

    Laver les ombres

    Message  Jo19lyne le Ven 5 Aoû 2016 - 16:59

    Laver les ombres
    Actes Sud, 158 pages

    Quatrième de couverture
    Lea danse, jetée à corps perdu dans la perfection du mouvement ; la maîtrise du moindre muscle est sa nécessité absolue. Lea aime, mais elle est un champ de mines, incapable de s’abandonner à Bruno, peintre de l’immobile. En pleine tempête, elle part vers l’océan retrouver sa mère dans la maison de l’enfance.
    Il faut bien en avoir le coeur net.
    C’est à Naples, pendant la guerre, qu’un “bel ami” français promet le mariage à une jeune fille de seize ans et vend son corps dans une maison close. C’est en France qu’il faudra taire la douleur, aimer l’enfant inespérée, vivre un semblant d’apaisement au bord du précipice.
    En tableaux qui alternent présent et passé, peu à peu se dénouent les entraves dont le corps maternel porte les stigmates.
    Dans une langue retenue et vibrante, Jeanne Benameur chorégraphie les mystères de la transmission et la fervente assomption des mots qui délivrent.
    Jeanne Benameur vit entre Paris et La Rochelle. Elle consacre l’essentiel de son temps à la littérature et à sa transmission. Elle a publié des romans aux éditions Denoël, dont Présent ? (2006), Les Reliques (2005), Les Mains libres (2004), Ça t’apprendra à vivre (2003) et Les Demeurées (2000). Elle écrit également pour la jeunesse, essentiellement chez Thierry Magnier.



    Mon avis
    Des mots, des mots simples, des images épurées pour conter l'histoire de ces deux femmes, la mère, la fille. Deux corps qui cherchent leurs vibrations, leurs résonances au monde.
    Il faut trouver le souffle pour lire les mots, les imaginer vibrer, danser pour s'impreigner de l'intimité de ces deux histoires parallèles jusqu'à la reconstruction du lien.
    Une lecture dans l'émotion du geste, un vrai coup de coeur.

    peyrelong
    ML
    ML

    Re: BENAMEUR, Jeanne

    Message  peyrelong le Dim 7 Aoû 2016 - 10:41

    merci Jocelyne pour cette présentation

    Pinky
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    Re: BENAMEUR, Jeanne

    Message  Pinky le Dim 7 Aoû 2016 - 10:50

    merci Jocelyne pour cette présentation, j'ai découvert cette auteure avec Profane que j'ai beaucoup aimé, je me note celui-ci aussi

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    Re: BENAMEUR, Jeanne

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