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    MARKARIS, Petros

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    Nina
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    MARKARIS, Petros

    Message  Nina le Lun 14 Juil 2014 - 13:47

    Le Che s'est suicidé
    Editions Points - 476 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    Un célèbre homme d’affaires se donne la mort à l’antenne, en direct, d’une balle dans la bouche. C’est un choc terrible pour les Athéniens, mais une aubaine pour le commissaire Charitos, qui en profite pour échapper à une ennuyeuse convalescence. Peu après, un député et un journaliste se suicident à leur tour sous les yeux des téléspectateurs… A quelques semaines des Jeux Olympiques, les autorités paniquent… et Charitos reprend du service.

    Mon avis :

    Connaissez-vous bien la littérature grecque ? Non ? Moi non plus. Jusqu’à ce que je sorte ce livre de ma PAL, le seul auteur grec que j’avais lu était Homère. Alors un auteur de romans policiers grecs… N’en parlons pas.
    Quant à l’histoire de la Grèce contemporaine, elle est encore plus inconnue à mes yeux que ses auteurs et si l’on évoque ce pays de nos jours, on pense à sa "crise", on pense peu à la junte militaire qui a pris le pouvoir dans les années 70 et à la chute de la royauté (à moins d’avoir lu la BD Mafalda de Quino).
    Charitos, pourtant, s’en souvient, lui qui a fait ses premières armes en tant que gardien de la Bouboulina, prison dans laquelle les prisonniers politiques, ceux que l’on soupçonnait d’attentats, étaient enfermés et interrogés. Je vous laisse deviner comment ils étaient interrogés, les personnages se montrent pudiques sur ce qu’ils ont vécu, plutôt sur ce qu’ils ont enduré, et dont ils portent encore les marques – pour certains.
    Le célèbre homme d’affaire qui s’est suicidé en direct est passé par cette prison, tout comme l’homme politique intègre qui, à son tour, se suicidera de manière spectaculaire devant les caméras. Une dérive de la télé-spectacle ? Certains ne sont pas loin de le penser. Un chantage ? Difficile de trouver un coupable dans un crime dont le meurtrier est aussi la victime. Mais quand deux ouvriers kurdes sont assassinés, l’affaire prend une autre dimension.
    La Grèce est (déjà) en crise pendant que se construit le village olympique. Le taux de chômage est important, et comme souvent dans ces cas-là, la solution est radicale : c’est la faute des étrangers qui viennent travailler en Grèce et prennent le travail des honnêtes ouvriers grecs. D’un côté, certains veulent les renvoyer chez eux (refrain connu ici aussi), de l’autre d’autres veulent les intégrer, enseigner leur langue, leur culture dans les écoles primaires. Il n’en faut pas plus non pas pour mettre le feu aux poudres, mais pour donner du grain à moudre aux enquêteurs.
    Sauf que l’enquêteur, Charitos, est bien mal en point. Après avoir joué les héros, passé des heures au bloc opératoire, des jours aux soins intensifs, il est maintenant en convalescence, sous la férule de sa femme Adriani qui, pour une fois dans leur vie de couple, a la mainmise sur l’emploi du temps de son mari. Aussi, quand son chef, Guikas, dépassé par l’incompétence olympique du remplaçant de Charitos, lui demande d’enquêter officieusement, il accepte immédiatement.
    Et enquêter officieusement, c’est presque aussi facile que d’enquêter officiellement – le passage de l’un à l’autre, quand les bourdes seront trop manifestes, se feront dans la douceur. Il faut dire que Charitos enquête sur des morts, et non sur des malversations financières, des comptes en Suisse ou dans les Balkans. Là, il aurait vraiment du mal à tirer des informations des personnes qu’il interroge ! Comme auxiliaire, il peut compter sur Koula, secrétaire de direction qui aspire à mieux et n’a aucune illusion sur les hommes : Dans les milieux que je fréquente, personnel et professionnel, quand les hommes flairent une femme intelligente, ils prennent leurs jambes à leur cou. Si je veux la jouer brillante, je vais finir vieille fille.Les hommes préfèrent la sécurité que leur procure une courge pour avoir l’esprit tranquille. Il peut aussi compter sur une fidèle trentenaire : sa Fiat. Il peut compter sur elle pour l’emmener aux quatre coins d’Athènes, et je ne vous cache pas que les nombreuses pages consacrées aux travaux, aux embouteillages, aux difficultés de circulation en tout genre sont parfois ennuyeuses, mais nécessaires pour montrer la vie quotidienne en Grèce.
    Et le résultat de l’enquête, me direz-vous ? Il est aussi complexe que le problème que Charitos a dû résoudre, et ce n’est pas peu dire.

    Pinky
    M
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    Re: MARKARIS, Petros

    Message  Pinky le Mar 15 Juil 2014 - 10:19

    merci Nina pour cette présentation complexe aussi...

    Nina
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    Re: MARKARIS, Petros

    Message  Nina le Mar 15 Juil 2014 - 10:26

    Merci Pinky pour ta visite.
    Ce roman ne se contente pas, à mon avis, d'être un simple polar, il est un roman sur la société grecque.

    caro
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    Re: MARKARIS, Petros

    Message  caro le Ven 18 Juil 2014 - 14:40

    Merci Nina pour ton avis qui nous fait découvrir la Grèce qu'on ne connait pas si bien que ça. Les embouteillages et travaux m'ont rappelé mes vacances en Grèce et à Athènes, c'est vrai que c'est le bazar dans ces cas-là  Very Happy

    Nina
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    Re: MARKARIS, Petros

    Message  Nina le Ven 18 Juil 2014 - 15:43

    Merci Caro pour ta visite : se rendre dans certains quartiers semblent vraiment difficiles, même pour un policier dans l'exercice de ses fonctions. En plus, il y fait 42 ° !

    Nina
    ML
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    Re: MARKARIS, Petros

    Message  Nina le Ven 13 Fév 2015 - 16:36


    Le justicier d'Athènes.
    Edition Seuil - 316 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    La Grèce en 2011 : la crise économique s’aggrave. Les riches vivent bien et ne payent pas leurs impôts, les pauvres, eux, sont partagés entre révolte ou désespoir. Un inconnu ne choisit ni l’un ni l’autre : il agit … en franc tireur. Plusieurs fraudeurs fiscaux reçoivent un courrier signé « Le percepteur national » les enjoignant de payer les sommes dues au fisc, faute de quoi ils seront exécutés. Trois fraudeurs qui n’ont pas obtempéré sont retrouvés morts sur un site archéologique.

    Mon avis :


    Vous savez ce qu’est le désespoir, mais avez-vous connu la désespérance ?
    C’est ce que vivent les grecs, ou plutôt c’est ainsi qu’ils choisissent de mourir. Face à la crise – pas de travail, pas même de chômage, plus de retraite, plus de biens à vendre puisque personne ne peut acheter ou même louer – certains choisissent de partir dans la dignité, puisqu’ils ne peuvent plus ni aider, ni être aidé. La tragédie grecque contemporaine touche tous les âges.
    A l’exact opposé de ces êtres dont la mort appelle la compassion, des hommes, qui avaient su pleinement tirer partie de toutes les failles du système (pour ne pas les nommer tout simplement des niches fiscales) pour mener une vie des plus aisées et des plus protégées, grâce à des appuis très influents. Les contrôles fiscales ne sont pas pour eux, l’administration est, de toute façon, débordée.
    Ce roman nous interroge sur la notion même de genre policier. Nous avons bien des crimes, un meurtrier, un mobile, et des enquêteurs auxquels ont fait miroiter un avancement, mais quels sont les véritables crimes ? Laisser mourir les forces vives de la nation, ne pas savoir utiliser les compétences, pourtant nombreuses, dont dispose le pays, laisser pourrir les services indispensables (médecine, police, éducation) à la survie du pays et ne pas avoir su tirer les leçons du passé. En cela, le personnage de Zissis, ami de Charitos, est emblématique, puisqu’il incarne la véritable résistance du pays, et sa mémoire.
    Nettoyer la corruption qui mine le pays, régler les dettes – toutes les dettes – renouer avec ce que le passé pouvait avoir de mieux, empêcher les jeunes désespérés de quitter le pays sont les véritables défis à relever.
    Ce second volume de la trilogie de la dette est à lire pour tous ceux qui veulent mieux connaitre la Grèce moderne.

    Nina
    ML
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    Re: MARKARIS, Petros

    Message  Nina le Ven 13 Fév 2015 - 16:42



    Pain, éducation et liberté.
    Edition du Seuil - 252 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    2014. À Athènes, la survie quotidienne est de plus en plus difficile pour les citoyens appauvris et pour les immigrés harcelés. C’est alors qu’un tueur en série jette son dévolu sur des personnalités d’envergure issues de la génération de Polytechnique qui, après s’être rebellées contre la junte militaire, ont eu une carrière fulgurante. Le criminel reprend le célèbre slogan des insurgés de l’époque pour formuler sa revendication : « Pain, éducation, liberté». Qui se cache derrière ces meurtres ? Un membre de l’extrême droite ou un ancien gauchiste mû par le désir de vengeance ? Le commissaire Charitos, privé de son salaire depuis trois mois, tente avec sa ténacité habituelle de comprendre les mobiles du coupable.

    Mon avis :


    Le roman a été écrit en 2012, imaginant une Grèce qui aurait renoncé à l’euro pour retrouver le drachme. Politique fiction ? Oui, mais le drame grec est bien réel, et s’inscrit dans son histoire.
    Charitos fête le jour de l’an en famille, une famille qui se veut unie en dépit d’un présent peu réjouissant et d’un futur plus confus encore. Son salaire est suspendu pour trois mois – si tant est que ce qu’il touchait jusque là puisse être considéré comme un salaire digne de ce nom. Sa fille, que son ami Zissis, grand résistant dans le passé et le présent, a convaincu de rester au pays, ne gagne aucun salaire. Son gendre est réduit à la portion congrue alors qu’il est médecin. Pour survivre, rien ne vaut l’union – et la simplicité. De France on imagine mal à quel degré de pauvreté sont parvenus les grecs. Conserver sa dignité est une lutte quotidienne pour ceux qui n’ont plus rien.
    La crise n’empêche pas les crimes – et le premier meurtre commis touche directement un ancien révolutionnaire, un de ceux qui a résisté lorsque la junte militaire a pris le pouvoir. Mais qui peut en vouloir à ses héros modernes ? Et bien… des personnes qui savent pertinemment que la crise n’est pas arrivée toute seule en Grèce, et qu’il a bien fallu que cette génération, ceux qui sont sur le point de prendre leur retraite, ait participé à ce qui est aujourd’hui la débâcle grecque.
    Ce n’est pas que Charitos enquête mollement, non, il fait ce qu’il peut avec les moyens du bord, laissant sa chère voiture au garage parce que, de toute façon, il manque un peu d’essence pour la faire rouler. Il est stupéfait par le fossé qui s’est crée entre les générations, entre les parents et leurs propres enfants, qui tiennent à réussir par leur propre moyen plutôt que de suivre les traces de leurs pères. Et il semble que, parfois, donner des cours à des détenus alors que l’on est soi-même incarcéré soit le début d’une existence réussie.
    Pain, éducation, liberté est le portrait d’une génération désabusé, parce qu’elle a déjà tout perdu avant même que sa vie n’ait commencé.

    Pinky
    M
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    Re: MARKARIS, Petros

    Message  Pinky le Ven 13 Fév 2015 - 18:22

    merci Nina pour ces deux nouvelles présentations

    Nina
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    Re: MARKARIS, Petros

    Message  Nina le Ven 13 Fév 2015 - 18:33

    Merci Pinky pour ta visite.

    Hesperide
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    Re: MARKARIS, Petros

    Message  Hesperide le Ven 13 Fév 2015 - 20:01

    Tes beaux postes, Nina, me sont tout familiers car la Grece pour moi, c'est la porte a cote. J'y ai ete plusieurs fois, j'ai beaucoup admire son riche patrimoine culturel. Et les problemes du peuple grec, cela je connais aussi, j'ai discute avec des etudaints grecs a Plovdiv (ma ville). Markaris est un tres bon ecrivain, j'espere le lire un jour.

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    Re: MARKARIS, Petros

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