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    SALLIS, James

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    SALLIS, James

    Message  Nina le Jeu 25 Déc 2014 - 0:09



    Le frelon noir
    Edition Folio - 230 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    Pendant une période agitée d’activisme, de colère et d’âpre tension raciale, un sniper fait monter d’un bon cran la pression d’un été étouffant de La Nouvelle-Orléans en flinguant les passants comme des cibles de foire. La sixième victime, une femme, est abattue pendant qu’elle marche au côté de Lew Griffin. Elle est Blanche, il est Noir. Il a le cœur durci par l’injustice et la boisson et, même s’il vient juste de rencontrer son infortunée compagne, Griffin sait que c’est à lui de trouver le tueur avant qu’un cinglé ne jette la dernière allumette dans une déjà très volatile poudrière urbaine.
    Mon avis :
    La découverte d’un auteur peut provoquer un choc, et celui-ci en est un – pas autant que la découverte de l’oeuvre de Ken Bruen, mais presque. Avoir enchainé un roman de Ian Rankin et celui-ci prouve une chose : la lecture de deux bons romans à la suite ne nuit ni à l’un, ni à l’autre, bien au contraire.
    Etre noir à la Nouvelle Orléans (ou dans tout autre état américain) en ce début des années soixante signifie ne pas avoir beaucoup de droit, sauf celui de se faire arrêter par la police sans véritable raison, et relâcher quand elle y aura pensé (ou si elle y pense). Bien sûr, certains militent activement pour l’égalité des droits, d’autres usent de la violence pour que rien ne change, comme ce sniper que la police ne parvient pas à arrêter.
    L’enquête n’est pas vraiment le coeur de l’action, plutôt le portrait de cette Amérique des années 60 bien loin des jolies clichés polychrome. Pas de rock, pas de créatures de rêves en bikini, mais des hommes, des femmes, qui peinent à trouver du travail, à s’imposer dans une société qui n’en a rien à faire d’eux. Fait intéressant, on sent que le récit est rétrospectif, puisque le narrateur nous donne des indications sur son avenir, sur celui des personnages qui l’entourent et sur le contexte historique (s’il indique que le premier Kennedy a été assassiné, c’est qu’il sait déjà que le second le sera). C’est sans doute aussi pour cette raison que le ton est si désabusé, et non rempli d’espoir en des lendemains meilleurs. Ne croyez pas cependant que Lew soit un contemplatif, qui attend que les problèmes trouvent ou non leur solution. Il est plutôt du genre à aller au devant du danger – et des problèmes qui vont avec.

    Pinky
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    Re: SALLIS, James

    Message  Pinky le Ven 26 Déc 2014 - 9:22

    merci Nina pour cette présentation intéressante

    Nina
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    Re: SALLIS, James

    Message  Nina le Sam 27 Déc 2014 - 14:33

    Merci Pinky pour ta visite : Lew Griffin est le héros de six romans, que James Sallis a vraiment conçu comme un ensemble, même s'ils peuvent être lus séparément.

    Pinky
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    Re: SALLIS, James

    Message  Pinky le Dim 28 Déc 2014 - 12:57

    OK Nina, c'est noté

    Nina
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    Re: SALLIS, James

    Message  Nina le Ven 2 Jan 2015 - 22:59



    Edition Folio - 278 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    A la fin du Faucheux, Lew Griffin avait décidé de vivre de sa plume.
    Lorsque commence Papillon de nuit, La Verne, ancienne prostituée de grande classe, sa meilleure amie et son grand amour, est morte et sa fille, Alouette, a disparu dans une de ces impasses à junkies. Lew Griffin décide de partir à la recherche de la jeune femme. Sa quête va le ramener dans le Sud profond, celui qu’il avait cru fuir dans sa jeunesse.

    Mon avis :

    Ce que j’apprécie dans l’oeuvre de James Sallis (oui, je parle d’oeuvre, et non simplement de romans), c’est que l’auteur a vraiment conçu les romans qui mettent en scène Lew Griffin comme un ensemble, et non comme un empilement de romans, utilisant le privé/garde du corps/romancier comme personnage principal.
    Lew n’est plus le jeune homme bagarreur du Frelon noir, mais un romancier, un enseignant qui aime la littérature française et transmet sa passion à ses étudiants. Il est surtout un homme, avec un passé qu’il assume, des erreurs qu’il a commise, comme celle de perdre La Verne, qui fut l’amour de sa vie. Elle est morte, et ceux qui l’ont aimé la pleurent. Si nous étions dans un mélo, elle emporterait son secret dans sa tombe. Ce livre se veut au plus près du réel, et le lecteur découvre, comme Lew, qu’elle a eu une fille, Alouette. Pas de mélo, vous dis-je, mais la stricte réalité : avec beaucoup d’argent et d’avocat, on peut séparer définitivement une mère de son enfant. Et son cas ne semble pas isolé. Pas de leçon de morale non plus, juste, en filigrane, le fait que l’argent ne fait pas tout et que personne ne peut décider pour quelqu’un ce qui est bien, ou pas. Et Alouette de disparaître, laissant derrière elle un bébé prématuré. J’oubliai : Alouette est une junkie, et son bébé n’est qu’un enfant de plus dans ce qui devrait être un service de grand prématuré, mais se révèle être un mouroir pour ces bébés littéralement abandonnés par leurs parents.
    Il en faut du talent pour ne pas verser dans la sensiblerie, dans la leçon de morale. James Sallis nous montre des parents dépassés, des enfants à la dérive, des couples qui ne savent pas ce qu’ils veulent et qui se rendent compte trop tard qu’ils ont fait les mauvais choix. La misère, qui n’est pas seulement matérielle, n’est jamais très loin, et Lew, qui n’hésite jamais à payer de sa personne, ne dira pas le contraire.
    Après cette seconde lecture, je reste persuadée que James Sallis est un auteur à découvrir absolument.

    Pinky
    M
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    Re: SALLIS, James

    Message  Pinky le Sam 3 Jan 2015 - 10:37

    merci Nina pour cette nouvelle excursion au pays de cet auteur

    Nina
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    Re: SALLIS, James

    Message  Nina le Sam 3 Jan 2015 - 11:57

    Merci Pinky : j'ai emprunté depuis trois autres romans du même cycle, il me reste à trouver le temps de les lire.

    Pinky
    M
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    Re: SALLIS, James

    Message  Pinky le Sam 3 Jan 2015 - 12:07

    cela va se trouver certainement

    Nina
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    Re: SALLIS, James

    Message  Nina le Sam 2 Jan 2016 - 20:50

    Bois mort.
    Edition Folio - 236 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    En quittant Memphis pour une petite ville isolée du Tennessee, le flic Turner croit avoir tourné la page d’un passé trop lourd à porter. Certes, les habitants regardent d’un drôle d’oeil l’arrivée de ce solitaire, mais Turner n’a que faire des qu’en-dira-t-on qui semblent le poursuivre depuis toujours… Malheureusement, les vieux démons ne tardent pas à resurgir quand le shérif du coin lui demande son aide sur une affaire de meurtre : un jeune vagabond qui zonait dans les environs a été retrouvé mort, empalé sur un pieu et les mains liées. Personne ne sait rien de lui si ce n’est qu’il était en possession de lettres appartenant au maire de la ville…

    Mon avis :

    Ma rencontre avec James Sallis fut l’une des plus belles de l’année 2015. Je ne peux comparer ce coup de coeur qu’à ma découverte des romans de Ken Bruen. C’est dire. Aussi, je tenais à commencer 2016 avec lui.
    Ce roman nous fait découvrir l’Amérique profonde, celle que l’on ne voit pas, ne montre pas, quasiment ignorée. Ne se passerait-il jamais rien ? Bien sûr que si. Les petites infractions côtoient les grands crimes, la comédie, les tragédies les plus sombres. La fatalité, chère aux tragiques grecques, n’est pas loin – et oui, même au fin fond du Tennessee.
    Que faire de la dépression et de la folie quotidiennes ? Turner n’a pas la réponse. Il vit à leur côté, et parfois avec, depuis des années. Ancien flic, ancien détenu (pendant une dizaine d’années), ancien thérapeute, Turner devient shérif presque malgré lui, comme si seul un étranger pouvait s’y oser. Le passé de Turner nous est révélé au cours de retour en arrière clairement délimité – un passé aussi sombre que le présent. Qui parle encore de rêve américain ?
    Bois mort m’avait été offert lors d’un swap. Excellent choix, et excellent début d’une trilogie qui ne peut, à mon avis, qu’être à la hauteur de ce premier tome.

    Pinky
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    Re: SALLIS, James

    Message  Pinky le Sam 2 Jan 2016 - 22:07

    merci Nina pour cette présentation

    Nina
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    Re: SALLIS, James

    Message  Nina le Sam 2 Jan 2016 - 22:19

    Merci Pinky pour ta visite.

    Nina
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    Re: SALLIS, James

    Message  Nina le Sam 12 Mar 2016 - 20:48

    Cripple creek
    Edition Folio - 234 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    John Turner est un ancien taulard, ancien flic, un temps thérapeute, au passé fait de meurtres et de violence et qui s’est finalement réfugié près d’un lac où il n’aspire qu’à l’oubli. L’endroit semble idéal. A peine installé pourtant, il devient l’adjoint du shérif local et arrête un chauffard qui traversait la ville ivre mort avec 200000 dollars dans son coffre. Au petit matin, alors que personne n’a été prévenu, le prisonnier est » extrait » de sa cellule par un commando qui blesse grièvement deux policiers. John Turner, bien loin de se douter qu’il va libérer les chiens de son passé, part sur la route à la poursuite de cet inconnu désormais en cavale.

    Mon avis :

    Livre lu d’une traite – et fort passionnant. Un an s’est écoulé depuis Bois mort, et il ne s’est pas passé grand chose dans cette petite ville perdue du fin fond du Tennessee. Ou plutôt, il ne s’est passé que des événements très ordinaires, la vie quotidienne dans une ville banale. Puis survient l’événement qui secoue tout le monde : une évasion ! Personne ne croyait que c’était possible, pas même John Turner. Ce qui frappe est réellement la brutalité des faits. Nous ne sommes pas dans une série télévisée, ni dans un film, rien n’est lisse, et la violence peut faire irruption, laisser de vastes dégâts,et s’en retourner plus loin.
    Alors oui, John Turner est confronté à son passé….même si son enquête n’a rien à voir avec son passé. Passé bien vivant, passé mort, il ne s’agit pas de régler ses comptes avec lui mais de vivre avec lui, et avec tous les souvenirs qui envahissent John. Ses souvenirs, les souvenirs des autres, de l’époque où il était thérapeute, souvenirs qu’on lui raconte, et pour lesquels il doit vite passer le relais – le présent est déjà assez difficile sans que le passé n’interfère.
    Dans cette Amérique profonde, vivre les armes à la main semble naturel. Se venger pour un oui pour un non, comme au bon vieux temps de la conquête de l’Ouest aussi. Combien de paumés, de laissez-pour-compte pourrait-on recenser ans ce roman ? Comment trouver un métier, le garder, quand on est confronter à beaucoup trop d’horreurs ? Reprendre la route est tentant parfois – tant qu’il y a quelque chose au bout de la route, une rencontre, un amour, bref, autre chose que la mort, véritablement inséparable de la vie dans ce second tome de la trilogie du Tennessee. Un roman à recommander à tous ceux qui veulent voir et lire l’Amérique autrement.

    Nina
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    Re: SALLIS, James

    Message  Nina le Sam 12 Mar 2016 - 20:49

    Salt River
    Edition Folio - 159 pages.

    Mon résumé :

    La vie s’écoule tranquillement dans le Tenesesse pour le shérif Turner. Mais un jour, deux hommes, partis depuis quelques temps, reviennent dans la ville, l’un provoque un accident, l’autre est en cavale. Quels seront les conséquences de leur retour ?

    Mon avis :

    Ce troisième tome de la trilogie mettant en scène John Turner, dans une petite ville perdue du Tenesesse, est à mes yeux le moins réussi. En effet, j’ai ressenti une profonde sensation d’inachèvement, là où, avec une même thématique, Joe R. Lansdale a su aller jusqu’au bout de son intrigue. Bien sûr, c’est un choix de l’auteur d’avoir écrit un livre si court (160 pages) et d’avoir laissé presque toutes les enquêtes inachevées. Le lecteur a quelques réponses (pas toutes) mais aucune certitude, comme si, finalement, la vie, la mort, n’étaient dû qu’au hasard qui fait que vous êtes au mauvais endroit au mauvais moment avec les mauvaises personnes. Ou comment redéfinir le sens du mot « absurde ».
    Deux ans se sont écoulés depuis Criple Creek – deux ans depuis la mort de Val. La vie a continué pour John, toujours shérif par défaut, avec toujours ses incidents et ses drames qui ponctuent la vie locale. La liste des plaintes que le bureau du shérif reçoit quotidiennement est édifiante à cet égard. Reste à faire le tri entre celles qui sont insignifiantes, et celles qui méritent toute l’attention du shérif : la différence est ténue, les conséquences vraiment inattendues.
    Les retours en arrière qui nous racontent le passé de John sont toujours présents, mais dans ce troisième volume ils m’ont vraiment semblé parasiter le déroulement le l’intrigue par leur longueur et leur fréquence. Quant à son futur, il nous est annoncé de manière pudique, tout en sous-entendus. L’ensemble donne un roman en demi-teinte, avec ses violences et ses tendresses, un roman qui laisse cependant un goût d’inachevé.

    Pinky
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    Re: SALLIS, James

    Message  Pinky le Dim 13 Mar 2016 - 10:47

    merci Nina pour ces deux présentations

    Nina
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    Re: SALLIS, James

    Message  Nina le Dim 13 Mar 2016 - 11:26

    Merci Pinky pour ta visite.

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    Re: SALLIS, James

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