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    MACDONALD, Ross

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    Nina
    ML
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    MACDONALD, Ross

    Message  Nina le Dim 27 Sep 2015 - 10:16


    Cible mouvante.
    Edition Gallmeister - 276 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    Qu’un homme d’affaires surmené ait une envie de « disparaître » pour s’aérer un peu, quoi de plus naturel ? Mais quand il s’agit d’un industriel aussi fortuné que Ralph Sampson qui « pèse » au bas mot cinq million de dollars et fréquente assidûment les milieux louches de Los Angeles, on peut s’interroger sur la réalité de ladite fugue. Pour Lew Archer, le privé chargé de l’enquête, le problème est clair: il ne peut s’agir que d’un enlèvement savamment orchestré. Plus inquiétant cependant : c’est dans l’entourage de Sampson qu’il faut chercher les coupables.

    Mon avis :

    Bienvenue, bienvenue en Californie : il fait beau, l’argent est bien présent, tous les rêves peuvent se réaliser, surtout les rêves de gloire, Hollywood n’est pas loin.
    Rien n’est si simple pourtant, et Lew Archer, ancien policier, et détective privé émérite, ne me contredira pas. Un magnat a disparu. Volontairement ou pas ? Sa femme veut faire toute la lumière sur cette disparition, et même si elle compte bien survivre à son mari, elle n’entend pas à ce qu’il trépasse prématurément. Le fils Bob est mort pendant la guerre, ce qui remit en cause bien des choses dans la famille. La fille, Miranda, ne s’entend guère avec sa belle-mère, qu’elle juge avec une extrême sévérité, tout en vivant (presque) une tragédie racinienne : aimé par un homme qui a des allures de futur bon père de famille, elle est éprise du pilote de son père, qui est lui-même amoureux d’une autre femme.
    Mais nous ne sommes pas dans une tragédie signée Jean Racine, nous sommes dans un univers dont le glamour dissimule à peine le sordide, où la générosité cache des motivations tout sauf altruistes. Lew est sans illusion, depuis longtemps, mais pas sans humour, fort heureusement pour le lecteur, et pour lui aussi, vu ce qu’il endure. Il m’a fait penser, par sa malchance, au bien français Nestor Burma. Qui a dit qu’enquêter était facile ?
    Nous sommes près d’Hollywood, près de Sunset Boulevard aussi. Si des gloires passées croisent la route du privé, force est de constater qu’elles se sont perdues dans un monde d’illusion, et qu’elles ne sont pas étrangères à leur propre déchéance.
    Pessimiste, Lew Archer ? Non, lucide de bout en bout. Après cette première enquête, j’ai très envie de le retrouver.

    peyrelong
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    Re: MACDONALD, Ross

    Message  peyrelong le Dim 27 Sep 2015 - 10:50

    Merci Nina. Je crois qu'il est dans ma PAL

    Nina
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    Re: MACDONALD, Ross

    Message  Nina le Dim 27 Sep 2015 - 11:25

    Merci Peyrelong pour ta visite.
    Pour les romans de Ross MacDonald, privilégie absolument les éditions Gallmeister : les anciennes traductions, publiées par d'autres maisons d'éditions, n'étaient pas intégrales.

    Keana
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    Re: MACDONALD, Ross

    Message  Keana le Dim 27 Sep 2015 - 12:16

    Merci Nina pour ton avis.
    L'humour est apparemment présent, mais n'est-ce pas gore ? Tu as dis sombre, je ne sais pas ce que tu entends par là.

    Nina
    ML
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    Re: MACDONALD, Ross

    Message  Nina le Dim 27 Sep 2015 - 12:28

    MerciKeana pour ta visite.
    J'entends par "sombre" le fait que Lew Archer a une vision pessimiste de l'homme, et que les faits ne le contredisent pas. Gore, non, le roman a été écrit en 1949 et même s'il y a des meurtres (nous sommes dans un roman policier), ils ne sont pas plus sanglants que nécessaires.
    Voici quelques citations, prononcées par Lew Archer pour appuyer mon propos :
    — Vous ne pouvez pas en vouloir à l’argent pour le mal qu’il fait aux gens. Le mal est chez les gens, et l’argent n'est que la patère à laquelle ils l’accrochent. L’argent les rend fous quand ils ont perdu toutes leurs autres valeurs.
    La guerre et l'inflation engendrent toujours leur vaste lot de salauds...
    — C ’est plus facile d’arnaquer les gens si vous leur refusez le statut d’humains – je fais un sacré moraliste, avec l’âge.

    PS : le personnage a été interprété au cinéma par Paul Newman.

    Keana
    ML
    ML

    Re: MACDONALD, Ross

    Message  Keana le Lun 28 Sep 2015 - 11:18

    Je comprends mieux ce que tu as dis dans ton avis, merci pour l'explication Nina.

    Nina
    ML
    ML

    Re: MACDONALD, Ross

    Message  Nina le Lun 28 Sep 2015 - 14:40

    Je t'en prie Keana !
    Il est probable que je lise d'autres romans de cet auteur prochainement.

    Nina
    ML
    ML

    Re: MACDONALD, Ross

    Message  Nina le Lun 15 Aoû 2016 - 10:53


    La côte barbare.
    Edition Gallmeister - 300 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    Sur la côte californienne, le Channel Club rassemble une clientèle d’habitués triés sur le volet, et les murs de son enceinte savent garder les plus lourds secrets. Quand, à la recherche de sa femme, un jeune reporter sportif se retrouve à escalader les grilles de la propriété, le privé Lew Archer gagne son droit d’accès au lieu. Il devra mettre la main sur Hester Campbell, qui, des studios de production d’Hollywood aux villas de Beverly Hills, tente à tout prix de fuir son mari. Cette quête entraînera Archer sur les traces d’un mystère plus ancien : le meurtre d’une autre habituée du club, deux ans auparavant.

    Mon avis :
    Si Lew Archer était un simple détective privé, bien discipliné, acceptant toutes les missions du moment qu’elles sont bien payées, ce roman n’aurait pas eu sa raison d’être. Le gérant du Channel Club lui demande de le débarrasser d’un mari gênant ? Cela pourrait être simple – si Lew contournait la loi. Cela pourrait être encore plus simple si le gérant disait tout ce qu’il sait à George Wall, le mari qui cherche désespérément sa femme, qui l’a quitté puis appelé parce qu’elle se sent en danger. George, cet homme aimant, stable, sérieux, donne envie à Lew de lui donner un coup de main, lui qui comprend très bien ce qu’il a pu ressentir auprès de sa femme – Lew ressentait la même chose auprès de la sienne, avant le divorce. Si George inspire la sympathie, il n’en est pas de même pour Hester, sa femme, changeante comme une girouette, vouant un culte au corps et aux apparences, cherchant avant tout l’argent et la célébrité – déjà. Un obscur et honnête journaliste ne pouvait lui convenir longtemps.
    Lew Archer, comme souvent dans ses enquêtes, ne craint pas de prendre des risques, tout en essayant de protéger ceux qu’il estime – pas toujours facile, surtout quand ses « protégés » n’en font qu’à leur tête, au mépris de leur propre sécurité et de celle d’Archer. Pas facile d’enquêter quand les personnes qui en ont réellement envie sont rares. Bien sûr, le noeud du problème est bien différent de ce que l’on pouvait supposer, et, en cherchant, Lew trouve des faits que certains auraient bien voulu laisser dans l’ombre, pour leur tranquillité et surtout leur prospérité.
    Comme souvent dans l’oeuvre de Ross MacDonald, la famille et ses dysfonctionnements sont au coeur de l’intrigue. La mère d’Hester n’aime ses filles que pour la place qu’elles peuvent lui procurer dans la société, autant dire qu’une infirmière ne vaut pas grand chose à ses yeux. Isobel, milliardaire, n’a toujours pas réglé ses problèmes avec son défunt père et a reporté ses névrosesy sur son mari. Quant à Tony Torres, gardien du Channel club, sa fille Gabrielle a été assassinée deux ans plus tôt, et son neveu est un petit voyou de très bas étage.
    « Plus j’en découvre sur l’esprit humain, moins j’en sais. » dit le docteur Frey. Le lecteur pourra admirer, à la lecture de la côte barbare, quel chemin tortueux il emprunte pour parvenir à ses fins. Lew est un de ceux qui parcourent le chemin à l’envers pour retrouver comment on en est arrivé là. Limiter les dégâts ? A ce stade, ceci est quasiment impossible. Une fois le livre refermé, il se dégage une sensation d’amertume devant tant de gâchis, le mince espoir provenant du fait qu’il existe encore des personnes lucides et incorruptibles comme Archer et, dans une moindre mesure, le docteur Frey.

    Nina
    ML
    ML

    Re: MACDONALD, Ross

    Message  Nina le Lun 15 Aoû 2016 - 10:58


    A chacun sa mort.
    Edition Gallmeister - 304 pages.

    Mon résumé :

    Elle se nomme Galatea, et sa mère est très inquiète pour elle. Voici deux mois que sa fille unique, infirmière, orpheline de père, n’a pas donné de nouvelles. Elle demande à Lew Archer d’enquêter pour savoir ce qui est arrivé à sa fille. A-t-elle des ennuis ? Vit-elle dans le péché avec un homme ? Sa beauté ne lui attire que des ennuis. Belle, Galatea l’est. Les ennuis ? Elle semble les chercher, oui.

    Mon avis :

    Lew Archer est un détective qui peut se laisser convaincre par une femme de mener une enquête à laquelle il ne croit. La condition ? Que cette femme soit sincère et désespérée, comme c’est le cas pour la mère de Galatea. Quant à cette dernière, surnommée Galley, Lew est persuadé qu’elle s’est attirée de gros ennuis, quand elle n’en est pas elle-même la cause. Il n’est pas sa mère, il n’est pas prêt à tomber amoureux d’elle, si belle soit la photographie qui lui est montrée, il a donc le recul nécessaire pour juger de la situation de la jeune femme (et un bon coup sur la tête lui aurait remis les idées en place, si tant est qu’elles ne l’étaient pas déjà).
    Le second avantage de ce coup sur la tête est de vous montrer que l’affaire est bien plus grave qu’il ne le pensait. La jeune femme, qui se révèle être mariée (de quoi rassurer un peu sa mère) ne fréquente pas des gens très fréquentables. Etre l’infirmière d’un trafiquant de drogue, soit, on soigne qui se présente à l’hôpital, c’est un devoir. Epouser un homme – Jo- qui n’est même pas suffisamment poli pour être honnête, manager un peu, trafiquant beaucoup, doté d’une mère qui l’a toujours préféré à son frère Mario et lui a donc donné toute confiance en lui et en ses capacités n’est pas franchement la décision qui donne une bonne opinion de soi.
    Oui, Lew prend des risques dans cette enquête, parce qu’il ne supporte pas de voir des gamins, des gamines, perdre la vie, se bousiller la santé à cause de la drogue dont on les rend dépendants – déjà à cette époque. Il sait aller au-delà des apparences, dans un monde où elles comptent pourtant beaucoup. Mention spéciale, également, pour le curieux médecin légiste obstétricien – et sa capacité à aller aussi au-delà des apparences.
    Encore un très bon cru signé Ross MacDonald.

    peyrelong
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    Re: MACDONALD, Ross

    Message  peyrelong le Lun 15 Aoû 2016 - 12:13

    Merci Nina pour cette présentation

    Nina
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    Re: MACDONALD, Ross

    Message  Nina le Lun 15 Aoû 2016 - 13:12

    Merci Peyrelong pour ta visite.

    Pinky
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    Re: MACDONALD, Ross

    Message  Pinky le Mar 16 Aoû 2016 - 8:22

    Merci Nina pour ces présentations que je découvre aujourd'hui

    Nina
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    Re: MACDONALD, Ross

    Message  Nina le Mar 16 Aoû 2016 - 11:05

    Merci Pinky pour ta visite !
    Sept aventures de Lew Archer ont été retraduites à ce jour par les éditons Gallmeister, il m'en reste encore quelques-unes à lire.

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    Re: MACDONALD, Ross

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