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    HIGASHINO, Keigo

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    Nina
    ML
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    HIGASHINO, Keigo

    Message  Nina le Sam 6 Aoû 2016 - 22:24


    Edition Actes Sud noir - 252 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    Sayaka Kurahashi va mal. Mariée à un homme d’affaires absent, mère d’une fillette de trois ans qu’elle maltraite, elle a déjà tenté de mettre fin à ses jours. Et puis il y a cette étonnante amnésie : elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans. Plus étrange encore, les albums de famille ne renferment aucune photo d’elle au berceau, faisant ses premiers pas… Quand, à la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une énigmatique clef à tête de lion et un plan sommaire conduisant à une bâtisse isolée dans les montagnes, elle se dit que la maison recèle peut-être le secret de son mal-être. Elle demande à son ancien petit ami de l’y accompagner.

    Mon avis :

    Il est des romans policiers singuliers, qui défient les codes du genre. Les enquêteurs ? Un professeur, et son ancienne petite amie. Richement marié à un homme jamais là, mère d’une petite fille qu’elle maltraite.
    L’enquête ? Partir à la recherche du passé de Sayaka, la jeune femme, qui n’a aucun souvenir avant ses cinq ans.
    Le lieu ? Une maison où tout semble figé dans le temps. Une maison, c’est à dire un foyer pour une famille.
    L’époque ? L’enquête ne durera en tout et pour tout que quelques jours, et elle nous plonge dans un passé vieux de vint-trois ans. A peu près l’époque où Sayaka a perdu la mémoire.
    Ils ne sont que deux, ils sont confrontés à des êtres qui ont été présents dans ses lieux et dont ils doivent, à partir des objets, des livres et de leurs écrits, retracer le passé – jusqu’à leur départ. Il ne s’agit pas d’écrire un roman – paradoxe – il s’agit d’interpréter au plus juste les indices qui se présentent à eux, indices qui n’ont pas été laissés involontairement mais qui ont un sens évident pour ceux qui ont vécu ici.
    Coupés du monde, seuls, Sayaka et son ami peuvent se livrer à l’introspection, sur leur passé, sur leur amour, sur leur présent – sur ce qui les a rapprochés, en fait, puis a entrainé leur rupture du fait de Sayaka. Le lecteur en apprend un peu sur le divorce au Japon, et sur l’adoption. Je ne parle pas du système juridique, plutôt de la manière dont ses événements sont vécus au sein de la société japonaise. Ils remettent aussi en cause, chacun à leur manière, les idées reçues au sujet de l’adoption, où tout se passe forcément bien pour les enfants, à tout point de vue, où les adoptants le font par amour, forcément. Ou comment pulvériser les idées reçues en quelques lignes. Sans oublier les livres qui expliquent comment bien élever son enfant et faire face à tous les problèmes, ou presque – le narrateur montre bien comment le mécanisme de la maltraitance peut se mettre en place, en dépit (ou à cause ?) de ces précieux conseils.
    La maison où je suis mort autrefois va bien plus loin que les romans policiers qui reprennent trop souvent le même schéma (avec force hémoglobine). Pourtant, ce sont à des morts bien réels que nous sommes confrontés. Mort des liens familiaux, mort de la confiance qu’un enfant peut avoir en lui ou en ses proches, mort d’un amour aussi. Ce livre donne toute la place aux victimes et aux survivants, aux conséquences sur la durée. Un livre vraiment très intéressant.

    Pinky
    M
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    Re: HIGASHINO, Keigo

    Message  Pinky le Dim 7 Aoû 2016 - 10:56

    merci Nina pour cette présentation

    Nina
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    Re: HIGASHINO, Keigo

    Message  Nina le Dim 7 Aoû 2016 - 21:04

    Merci Pinky pour ta visite.

    Nina
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    Re: HIGASHINO, Keigo

    Message  Nina le Mar 30 Aoû 2016 - 23:05



    La prophétie de l'abeille
    Babel noir - 542 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    Un matin d’été, la voiture de l’ingénieur Yuhara pénètre dans le complexe de Nishiki Heavy Industries. C’est aujourd’hui que l’hélicoptère sur lequel il travaille depuis des années doit être livré à son commanditaire, l’Agence de défense du Japon. Sa femme et son fils l’accompagnent pour assister à la démonstration de vol. Yuhara se rend dans son bureau tandis que sa famille l’attend à la cafétéria en compagnie de l’épouse d’un collègue et de son petit garçon. Les deux enfants vont jouer dehors et réussissent à se glisser dans le hangar où se trouve l’hélicoptère, et même à bord de l’appareil. L’un des deux est encore dedans lorsque celui-ci se met à bouger. Bientôt, sous les yeux terrifiés de son compagnon de jeu, l’hélicoptère prend son envol. D’abord stupéfaits, les ingénieurs comprennent bientôt que l’appareil a été manipulé à distance. Moins d’une heure plus tard, l’hélicoptère s’immobilise au-dessus d’un réacteur nucléaire. Les autorités reçoivent un message signé de « l’Abeille du ciel » : l’appareil, chargé d’explosifs, s’écrasera sur le réacteur quand il aura épuisé son carburant si toutes les centrales du Japon ne sont pas mises immédiatement hors d’état de fonctionner…

    Mon avis :


    Ce livre, le dernier en date de Keigo Higashino (je l’ai acheté en poche au dernier salon du livre), est presque un roman d’anticipation – ou une dystopie, comme on voudra. Certains penseront aussi à un sujet pour téléfilm catastrophe : un hélicoptère télécommandé, un enfant à l’intérieur, une menace nucléaire…. Depuis l’écriture de ce roman, la catastrophe nucléaire est devenue une réalité, et j’aimerai savoir si cela a changé la réception du roman au Japon.
    Pour ma part, vu de France, ce que je retiens – et qui est valable au Japon comme dans tout pays qui utilise le nucléaire – c’est à quel point on peut dépenser de l’électricité pour des choses que l’on n’aurait jamais envisagé avant (la climatisation à outrance, partout) et à quel point l’on peut en être dépendant, sans se soucier de la manière dont l’électricité est produite, le coût réel que cela peut avoir. Je reste persuadée que l’objectif de ce roman n’est pas seulement d’être un thriller efficace, mais aussi de nous amener à réfléchir sur nos propres pratiques.
    Un hélicoptère près à être lancé sur une centrale nucléaire. Prouesse technique de la part des constructeurs mais aussi de la part de la personne (ou des personnes) qui ont détourné l’appareil. Frayeur, aussi, parce que les conséquences de la chute de l’hélicoptère sur la centrale ne sont pas réellement connues, juste imaginées, supposées, minimisées. Le trait de génie de l’auteur est d’avoir ajouté la présence du fils d’un des responsables de la conception de l’hélicoptère dans l’appareil. Qu’est-ce qui est plus capable d’émouvoir un terroriste (employons le mot) qu’un enfant  ? Enfin, si l’on parvient à croire que le sort d’une seule personne, que les parents ont été incapables de surveiller, puisse émouvoir quelqu’un qui envisage de causer de nombreuses victimes.
    Il est des morceaux de bravoure dans ce roman, comme le sauvetage du jeune garçon. Il en est d’autres qui rappellent que le lien parents/enfants n’est pas si évident que cela – si, en France, le harcèlement n’est plus pris à la légère, ce n’est pas vraiment le cas au pays du soleil Levant. De même, la peur engendrée par le nucléaire est elle aussi passée sous silence, minimisée. Ce dont on ne parle pas n’existe pas.
    La prophétie de l’abeille est un excellent roman, qui démontre à nouveau le talent de Keigo Higashino.

    Pinky
    M
    M

    Re: HIGASHINO, Keigo

    Message  Pinky le Mer 31 Aoû 2016 - 8:51

    merci Nina pour cette présentation intéressante

    Nina
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    Re: HIGASHINO, Keigo

    Message  Nina le Mer 31 Aoû 2016 - 19:20

    Merci Pinky pour ta visite.

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    Re: HIGASHINO, Keigo

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