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    HILLERMAN, Tony

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    Nina
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    HILLERMAN, Tony

    Message  Nina le Ven 27 Jan 2017 - 21:32

    Le voleur de temps
    Edition Rivages / Payot - 322 pages.

    Présentation de l'éditeur :
    Quand une anthropologue notoire arrive dans les montagnes sacrées du pays Anasazi, elle est d'abord furieuse de découvrir que le site funéraire pré-navajo a été pillé ; puis elle est terrifiée par ce qui surgit de l'ombre. Des semaines plus tard, le lieutenant Joe Leaphorn, en examinant un rapport selon lequel l'anthropologue a dérobé de précieux objets, découvre aussi qu'elle a disparu. L'affaire prend un tour sinistre lorsque Jim Chee, à la recherche de matériel de fouilles disparu également, trouve autre chose de nettement plus macabre dans une fosse. Leaphorn et Chee devront unir leurs forces pour exhumer le passé et résoudre une longue série de meurtres, plus étranges les uns que les autres.

    Mon avis :

    Vous ne connaissez pas Tony Hillerman ? Pour être franche, il y a huit jours, je ne connaissais pas non plus. c'est une collègue qui m'a parlé de cet auteur, qu'elle apprécie énormément. Je l'ai aussitôt rapproché de Kirk Mitchell, que j'adore. Direction la librairie la plus proche, et j'ai acquis le seul tome qui était disponible, le voleur de temps, et j'ai adoré.
    Pourquoi ? Nous avons des enquêteurs humains, complexes, qui prennent des décisions pesées, muries, des décisions que d'autres ne prendraient ni ne comprendraient mais qu'ils prennent en connaissance de cause. Ils acceptent les conséquences. Ils changent aussi d'avis, parfois, ce qui ne fait pas d'eux des girouettes, mais des êtres humains, avec leurs moments de faiblesse et leur force. Je ne peux pas dire que je préfère l'un à l'autre. Joe Leaphorn, enquêteur chevronné, vient de vivre le pire qu'il pouvait lui arriver : la mort de sa femme adorée, Emma. Chee n'est pas seulement un enquêteur, il est aussi un homme-médecine, débutant, certes, mais authentique et croyant.
    En effet, Le voleur de temps est une immersion dans la culture indienne, dans ses croyances, sans jugement aucun, sans digressions folkloriques également. Ce livre est un roman policier qui met en scène des indiens, il n'est pas un prétexte pour parler d'eux.
    L'enquête, ensuite. Qu'est devenue Eleanor, cette anthropologue qui semblait sur le point de faire une importante découverte et qui se retrouve accusée de pillages ? Ses collègues s'inquiètent et le temps qui passe n'arrange rien. Les deux meurtres de petits trafiquants de reliques non plus. Alors ? Leaphorn et Chee feront tout pour la retrouver, y compris des actions qui en font des enquêteurs presque comme les autres : C'est vous, le trompe-la-mort qui veut prendre l'air par un temps pareil ? Moi, je suis le trompe-la-mort qu'est là pour vous emmener.
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    Pinky
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    Re: HILLERMAN, Tony

    Message  Pinky le Sam 28 Jan 2017 - 9:14

    merci Nina pour cette présentation
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    Nina
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    Re: HILLERMAN, Tony

    Message  Nina le Sam 28 Jan 2017 - 10:25

    Merci Pinky pour ta visite.
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    Servane
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    Re: HILLERMAN, Tony

    Message  Servane le Sam 28 Jan 2017 - 12:42

    Merci Nina, je ne connais pas cet auteur ni Kirk Mitchell non plus, dont tu parles, je vais aller fouiner un peu! Wink
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    Nina
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    Re: HILLERMAN, Tony

    Message  Nina le Sam 28 Jan 2017 - 13:06

    Merci Servane.
    Après recherche, Tony Hillerman a écrit une bonne vingtaine de romans mettant en scène ses personnages fétiches, alors que Emmett et Anna, les enquêteurs de Kirk Mitchell, n'apparaissent que dans cinq d'entre eux (je les ai tous lus).
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    Lariflette
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    Re: HILLERMAN, Tony

    Message  Lariflette le Mer 1 Fév 2017 - 16:24

    Oh, là, là, quel bonheur Nina! J'ai lu ce livre et quelques autres de Tony Hillerman, toujours avec autant de plaisir Very Happy . La nation Navajo et les Hopis, les symboles indiens, les couvertures, les Four Corner (Arizona, Utah, Colorado, Nouveau Mexique), la réserve, les codes d'honneurs, la politesse et la grandeur indienne mais aussi, Joe Leaphorn et Jim Chee, que de bons souvenirs. De l'autre côté les blancs dans leur incompréhension et ce fichu FBI.
    Je fais suivre deux présentation de Hillerman.
    Merci encore Nina.

    Le premier aigle

    Rivages Thriller - 1999 - 271 pages

    Résumé :

    L'agent Kinsman, grièvement blessé, appelle au secours son supérieur, le lieutenant Chee de la police tribale Navajo. Le coupable est tout trouvé en la personne d'un indien Hopi, pris en flagrant délit de braconnage d'un aigle, présent sur les lieux du crime. Parallèlement, Cathy Pollard, une spécialiste des vecteurs de transmission des bactéries a disparu. Leaphorn, ancien policier tribal à la retraite, accepte d'effectuer les recherches. Il y a-t-il un lien entre les deux affaires ?

    Mon avis :

    Commea son habitude, Hillerman nous emmène dans son univers amérindien et plus précisément chez les Navajos dont la réserve, ainsi que celle des Hopis, est située en Arizona.En toute évidence, le crime est réglé d'avance. Un coupable sur les lieux, du sang de la victime sur son paletot mêlé au sien, son compte est bon et compte tenu du fait que le congrès (faut croire qu'ils ont des idées, au congrès) vient d'autoriser
    la peine de mort pour les crimes de sang internes aux réserves, le pauvre Jano (le Hopi) est dans une mauvaise passe, si je puis me permettre cette métaphore ! Un vice procureur adjoint, aux visées politiques importantes, se frotte les mains, son avenir, avec une telle affaire, est dans la poche. Il se voit gouverneur, tapis rouge, limousine, hamburgers surchoix, whisky écossais, gros cigares et petitespépées.Enfoncez l'accusé les gars, dit-il, aux flics du coin, trouvez des mobiles pour l'amener à la chaise, des rumeurs, inventez-en,on s'en fiche c'est un indien.Les flics du coin ce sont les policiers tribaux et leurs supérieurs, les G-men du FBI,costume sombre,chemise blanche, cravate sombre et lunettes de soleil, matin, midi et soir, 365 jours par an. Des sachants !Le Hopi nie avoir tué le policier. Le sang, le sien, vient d'une blessure causée par les serres
    de l'aigle, pas celui qui est dans la cage, un autre, le premier qu'il arelâché car, dans la capture, l'oiseau a perdu deux plumes de sa queue et ne peut plus être sacrifié.L'avocate, commise d'office est Navajoégalement et, partant du fait que les Hopis sont pacifistes et ne mentent pas, elle doute de la culpabilité de son client. Ce doute va titiller Chee, lequel sait que le sommeil, s'il fait condamner un innocent, désertera ses nuits.
    Alors, ne reste plus qu'à trouver ce premier aigle aux fins d'analyse de ses serres. Pour soulager sa conscience et ne pas faire exécuter un innocent, il trouvera cet oiseau protégé, qu'il remettra au FBI, qui n'en veut pas, c'est pas les ordres,jugulaire jugulaire, les autres. Alors pour faire admettre son point devue, Chee, sabordera sa carrière.Leaphorn, le fabulous lieutenant en retraite, apportera sa contribution à Chee, son élève, à qui il demandera de l'aide dans sa recherche de la jeune scientifique. Ensemble ils résoudront la double enquête.

    Je ne peux pas lire plus d'un livre de Hillerman par an sans risquer l'implosion. Il y a du romanesque là-dedans, certainement, mais nous sommes à des années lumières de notre propre (le mien) entendement. Hillerman, malheureusement décédé, fini Chee, fini Leaphorn, fut un trop vieux briscard pour ne raconter que des sornettes. Il a vécu avec les Navajos,les a appréciés, parlé leur langue riche et imagée et si peu usitée qu'elle servit de base au code secret américain (l'équivalent du Enigma allemand) pendant la seconde mondiale avec comme remerciements de se faire zigouiller pour raison de secret défense. Pas joli, joli tout ça !
    Lerespect d'autrui, des anciens, de la tradition (orale dont certains rigolent) et l'importance de la vie, de la nature et de son environnement (faut pas se leurrer, l'environnement c'est nous, les humains) impliquent une réflexion sur la notion de "sauvages". A ce terme barbare fut substitué celui beaucoup plus intéressant de "Native".Je crois que ça leur fait une belle jambe aux "natives".L'écriture est impeccable, profonde et imagée, jamais lourde mais jamais rieuse. C'est la raison pour laquelle mon avis, contrairement à mon habitude, est dénué d'ironie.Monsieur Hillerman GA LI E LI GA (je remercie). Pour les puristes c'est du Cherokee. Je ne parle pas Navajo, je regrette.
    Les propos ci-dessus n'engage que moi !

    4,5/5
    B


    Le vent qui gémit


    Mon avis :

    Réserve Navajo, Arizona ou Four Corners, quatre coins, limite des quatre états : Arizona, Utah, Colorado, Nouveau Mexique. Dans cette aventure, le célèbre lieutenant Joe Leaphorn est retraité, Emma, sa femme bien aimée est morte. Pour rompre sa solitude il a accueilli une jeune anthropologue qui enquête sur la mémoire et les traditions orales des amérindiens. Son successeur, le sergent Chee, a beaucoup à faire avec le shérif du comté et les agents du FBI, qui ne lui font guère confiance, aussi c'est avec plaisir qu'il accepte l'aide de Leaphorn.La cupidité basée sur la possession de poudre d'or, issue d'une mine introuvable forme la base de cette histoire. Cupidité d'hommeblanc, les grands pères indiens ayant, depuis longtemps, averti les jeunes de cette fièvre n'apportant que haine, mort et désolation.L'enquête, sur fond de traditions Navajos, expliquées formidablement par les traducteurs, sous forme d'un glossaire, se scinde en deux, d'un côté lesflics blancs pressés et de l'autre les flics navajos pour lesquels le temps est une notion aussi vague que les celles de la mer. Ces derniers ont le temps. Ils sont polis, n'interrompent pas quelqu'un parlant, fut-il soupçonné de meurtre. On boit le café et on cause :-Alors c'est lui qui a tiré ou pas ? Demande l'homme du FBI-Il dit qu'il va nous le dire. Rétorque Chee qui interroge.On l'aura compris, il s'agit de deux mondes différents et comme l'époque est contemporaine, les ajouts du modernisme n'ont pas atteint cette contrée. Hillerman ne généralisejamais, ne tire sur personne, il conte ce qui se passe et associe l'indien et le G-man qui s'apprécient et se font confiance.
    On avance lentement et j'aime ça, s'il y avait le feu je m'en serais aperçu !On respecte l'ami comme on respecte l'ennemi, pas de considérations hasardeuses, on pèse. Hillerman aime son héros, Leaphorn, qu'il a mis à la retraite et il nous prévient, mon prochain, c'est Chee, aimez-le comme moi. L'intrigue est vraiment passionnante, entourée qu'elle est de cette foi pure et noble de la nation Navajo. Chaque page apporte de l'eau au moulin de la découverte de la vérité, chaque pas de Joe Leaphorn nous fait avancer.Joe dit : - Je vous aiderai si vous ne me mentez pas !Joe dit : - Je laisse tomber parce que vous êtes un fieffé menteur.Et que pensez d'un Navajo qui connaît Shakespeare et Othello et le cite, au sujet de Desdémone, alors que l'homme le plus riche du coin n'en a jamais entendu parler. Cela vaut son pesant de cacahuètes, non ?On trouvera ce que l'on cherche et qui l'on cherche, sans que ce soit évident pour le lecteur. Entretemps, ce dernier se sera immergé dans destraditions qui lui laisseront de bien beaux souvenirs de lecture.

    5/5
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    Pinky
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    Re: HILLERMAN, Tony

    Message  Pinky le Jeu 2 Fév 2017 - 10:37

    merci Lariflette pour ces deux présentations intéressantes, tu donnes envie de découvrir.
    Je me suis permise de rectifier la forme de tes présentations tope là
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    Lariflette
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    Re: HILLERMAN, Tony

    Message  Lariflette le Jeu 2 Fév 2017 - 20:57

    Merci Panthère de ton aide beaux yeux

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    Re: HILLERMAN, Tony

    Message  Nina le Ven 3 Fév 2017 - 22:38

    Merci Lariflette !
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    Re: HILLERMAN, Tony

    Message  Nina le Mar 17 Juil 2018 - 23:33


    Coyote attend
    édition Rivages – 280 pages.

    Mon résumé :

    Jim Chee prend son temps, son co-équipier enquête sur un mystérieux peintre. Il pense enfin l’avoir trouvé ! Sauf que, quand Jim Chee le rejoint, c’est trop tard : il est en train de brûler dans sa voiture, et Jim échouera à le sauver. Il attrapera quand même son meurtrier, qui se refuse à parler. Blessé grièvement, Jim Chee a bien l’intention de reprendre son enquête à sa sortie de l’hôpital.

    Mon avis :

    Il ne faut pas se fier au calme apparent. Oui, au début de ce livre, tout allait bien pour Jim Chee, et pour presque tout le monde. Il pouvait même prendre le temps de savourer son café puisque Nez, l’autre agent en service, assouvissait tranquillement son obsession au sujet de cette personne qui s’amusait à peindre des montagnes. Où va-t-on, je vous le demande un peu, si quelqu’un repeint les sommets en blanc ? Jim Chee, parti le rejoindre, voit une forte lumière : il est déjà trop tard, Nez est mort, une balle et la fumée de l’incendie ayant eu raison de lui. Alors oui, Jim Chee a immédiatement arrêté le vieil indien qui avait commis ce crime – il avait encore l’arme à la main – et le vieil homme a reconnu son crime. Affaire classée, tout le monde est satisfait. Pas Jim.
    L’enquête est close . Pas grave, il n’en fait qu’à sa tête, comme il le fait toujours. Ce qu’il ne sait pas, c’est que Joe Leaphorn, de son côté, enquête aussi, à la demande d’une membre de sa famille et d’une universitaire, qui a bénéficié des conseils et des récits d’Ashie Pinto, le meurtrier pas du tout présumé – personne ne met en doute sa culpabilité puisqu’il a avoué, et tant pis s’il n’a pas de mobile. En souvenir de sa femme, et en vertu des liens familiaux complexes qui unissent les navajos, Leaphorn va creuser, un peu, et son chemin croisera celui de l’incontrôlé Jim Chee.
    Narré ainsi, l’intrigue semble presque simple. Bien entendu, le récit va beaucoup plus loin que cela. En premier, il est question de la culture navajo, et de la manière dont elle peut être transmise. Si Jim maîtrise la langue, peut ainsi se rendre compte des troncatures et des approximations, ce n’est pas le cas de l’avocate Janet Lee. Navajo de naissance et de sang, elle n’en a pas la culture. Son retour est d’ailleurs l’occasion de mettre les choses au point entre elle et Jim, à grand coups de : « Et ton petit ami, où est-il ? – Et le chat qui vivait à côté de la caravane, où est-il passé ? »Toujours agréable de lire un auteur qui n’oublie pas ce qu’il a écrit.
    Culture navajo et mythe : coyote n’est pas un personnage sympathique. Coyote, c’est le chaos, et la tentation du chaos, ce sont aussi les porteurs de peau, bien loin du hozho, cette harmonie que tout navajo se doit d’atteindre.
    Cette culture est étudiée par les blancs, avec plus ou moins de respect, nous offrant ainsi une plongée dans le milieu universitaire, dans lequel les professeurs se reposent parfois sur le travail des petites mains.
    Le passé rattrape toujours les protagonistes – ou bien ils croient qu’il les a rattrapés, qu’il s’agisse de la guerre du Vietnam ou d’événements plus mythiques, comme les exploits de Butch Cassidy. Et, pour terminer cette chronique, je parlerai du discours d’Ashie Pinto contre l’alcool. Il ne s’agit pas d’être moralisateur, mais de montrer, comme d’autres auteurs l’ont fait avant lui (Sherman Alexie) et le feront après (Craig Johnson) : les conséquences de l’alcoolisation sur les populations indiennes. Ashie Pinto parle en connaissance de cause. Il serait bon qu’il soit écouté.
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    Pinky
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    Re: HILLERMAN, Tony

    Message  Pinky Hier à 9:54

    merci Nina pour cette présentation
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    Re: HILLERMAN, Tony

    Message  Nina Hier à 12:12

    Merci Pinky de ta visite.

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    Re: HILLERMAN, Tony

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