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    QIU, Xialong

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    QIU, Xialong

    Message  Nina le Mer 26 Jan 2011 - 23:25


    Titre : Mort d'une héroïne rouge.
    Auteur : Qiu Xialon.
    Editeur : Points.
    Nombre de pages : 502.

    Quatrième de couverture :

    Shanghaï, 1990. Le cadavre d'une jeune femme est retrouvé dans un canal. Pour l'inspecteur Chen et son adjoint Yu, l'enquête se transforme en affaire politique lorsqu'ils découvrent que la morte était une comuniste exemplaire. Qui a pu l'assassiner ? Chen et Yu vont l'apprendre à leurs dépens,car, à Shangaï, on peut être un camarade respecté et dissimuler des moeurs déroutantes.

    Mon avis :

    Je poursuis mon tour du monde des romans policiers, et après l'Australie, e m’arrête aujourd’hui en Chine, avec les inspecteurs Chen et Yu.

    Autant commencer par le commencement : Meurtre d’une héroïne rouge est leur première enquête ensemble. Chen vient tout juste d’être nommé inspecteur principal. Il a eu beaucoup de chance, il a eu une promotion en dépit de sa jeunesse, il vient d’emménager dans un appartement alors qu’il est célibataire, là où tant de ces collègues mariés sont sur liste d’attente. Fils d’universitaire, il ne se destinait pas à entrer dans la police, les événements politiques en ont décidé autrement. Il en garde cependant un goût prononcé pour la littérature. Il traduit des romans policiers (ce qui lui a permis pendant longtemps de survivre) et écrit des poésies qui sont qualifiés de «moderne», ce qui est quasiment synonyme de «suspect, dangereux». Sa vie amoureuse est placée sous le signe du sacrifice (et non de la résignation). Tout long de l’enquête, il va se remémorer des vers classiques d’une grande beauté, qui apporte un peu de répit dans un univers agité.

    Yu est son adjoint. Il vit avec sa femme Peiqin et son fils dans une petite chambre, son père, policier à la retraite, habite non loin. Ils ne vivent pas trop mal, parce que Peiqin est courageuse, débrouillarde, parce qu’ils s’aiment et savent se réjouir de leurs petits bonheurs quotidiens. Yu a cependant un défaut : il est impulsif. Etre incapable de cacher ses émotions peut être préjudiciable, face aux exigences du Parti. Yu et Chen vont tous les deux très bien s’entendre, car ils ont tous les deux la même exigence : trouver le coupable, quelles que soient les embûches sur leur chemin.

    Cette enquête s’annonçait sous les meilleurs auspices, et les enquêteurs, pugnaces, vont trouver des indices, et une piste sérieuse. Enquêter en Chine est cependant très différent de ce que nous avons l’habitude de lire en Occident. Chen doit rendre des comptes au Parti, qui veut absolument voir dans cette affaire une affaire politique - et Chen, lucide, découvrira qu’il a été manipulé, que la recherche de la justice n’est pas ce qui va lui permettre de conclure son enquête. En effet, Guan est une héroïne rouge, sa vie devait servir de modèle pour les autres. Effectivement, Chen découvrira une travailleuse irréprochable, discrète, réservée, à la vie privée inexistante. Patiemment, il va interroger les collègues, les voisins, les marchands ambulants, et en apprendre un peu plus sur elle. Beaucoup plus. Des faits qui ne cadrent pas avec son portrait d’héroïne rouge. La solution que vont trouver les cadres pour châtier le meurtrier tout en servant leurs intérêts est pour le moins tortueuse.

    Plus encore que l'enquête, c'est un voyage au cœur du Shangaï de 1990 que nous propose l'auteur. Rien ne nous est caché, des logements, vétustes, aux transports en commune, en passant par la nourriture. Les repas de Chen et Yu nous sont longuement racontés, chaque restaurant, ou chaque échoppe nous est décrit avec soin, non pas tant parce que la gastronomie occupe une place importante dans leur vie (Chen a aidé un de ses amis à ouvrir un restaurant) que parce que manger à sa faim n'a pas toujours été une évidence. Plus encore, espérer un peu d'intimité est illusoire.

    Mort d'une héroïne rouge est un roman policier amer, aux héros attachants.

    Pinky
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    Re: QIU, Xialong

    Message  Pinky le Jeu 27 Jan 2011 - 12:04

    merci Nina pour cet avis passionnant

    Nina
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    Re: QIU, Xialong

    Message  Nina le Jeu 27 Jan 2011 - 12:26

    Merci Pinky.
    Je pense lire la suite... cette année. Very Happy

    Nina
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    Re: QIU, Xialong

    Message  Nina le Mer 27 Aoû 2014 - 23:48

    De sang et de soie.
    Editions points - 332 pages.

    Présentation de l'éditeur :

    Impossible d'étouffer l'affaire : la deuxième victime a été trouvée ce matin, en plein centre-ville. Même mise en scène que pour la première : robe de soie rouge, pieds nus, jupe relevée, pas de sous-vêtement. Le tueur signe son œuvre avec audace et la presse s'en régale. C'est ce qui inquiète l'inspecteur Chen : pour s'exposer si dangereusement, le coupable doit avoir un plan diabolique...

    Mon avis :

    Si le meurtrier avait eu la possibilité de consulter un psychanalyste - mais pour cela, il aurait fallu que cette discipline soit reconnue en Chine, rien ne serait arrivé. Comment, pourquoi ? Je ne vous le révélerai pas. Mais ce tueur, que pourchasse Chen, est un personnage hautement intéressant, complexe.
    Un tueur en série, c'est extrêmement rare en Chine, et les policiers ne sont pas du tout armés pour enquêter sur ce genre d'affaire,d'autant plus que les références culturelles affleurent dans la manière dont le crime est commis, des références qui renvoient à l'avant-révolution culturelle. Ceux qui sont (sur)vécu à cette période n'ont pas fini de panser leurs plaies, même ceux qui paraissent avoir pleinement réussi.
    Un opus dur, pas toujours facile à lire, qui permet d'en savoir un peu plus sur la Chine contemporaine.



    Pinky
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    Re: QIU, Xialong

    Message  Pinky le Jeu 28 Aoû 2014 - 8:04

    merci Nina pour cette présentation

    Nina
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    Re: QIU, Xialong

    Message  Nina le Jeu 28 Aoû 2014 - 10:29

    Merci Pinky pour ta visite.

    Nina
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    Re: QIU, Xialong

    Message  Nina le Lun 17 Aoû 2015 - 11:51



    Dragon bleu, tigre blanc
    édition Points - 360 pages.

    Présentation de l'éditeur :

    Stupeur à la brigade des affaires spéciales de la police de Shanghai. Sous couvert d’une promotion ronflante, l’inspecteur Chen est démis de ses fonctions.
    Après tant d’enquêtes menées contre les intérêts du pouvoir, pas étonnant qu’on veuille sa peau. Forcé d’agir à distance, inquiet pour sa vie, Chen affronte l’affaire la plus délicate de sa carrière tandis qu’à la tête de la ville, un ambitieux prince rouge et son épouse incarnent le renouveau communiste.
    Alors que dans les rues résonnent les vieux chants révolutionnaires, ambition et corruption se déclinent plus que jamais au présent.
    Avec une amère lucidité, Qiu Xiaolong réinterprète à sa manière le scandale Bo Xilai qui secoua la Chine en 2013.

    Mon avis :

    Ce livre est une enquête hors-norme, placée sous le signe de la mort, du début à la fin. Normal pour un roman policier, me direz-vous. Si ce n'est que Chen est hanté par les devoirs qu'il doit à sa famille, par les responsabilités qu'il a envers les siens, par les risques qu'il leur fait courir - et par les conséquences. Il y a rarement eu autant de cadavres ou de menaces dans une enquête de Chen Cao.
    En fait, il est en marge de l'enquête, d'ailleurs il ne sait même pas sur quoi il doit enquêter - ou plutôt, quelle est cette enquête qui lui a valu cette éviction sous couvert d'une promotion. Il doit prendre d'infinies précautions, puisqu'aucune méthode traditionnelle ne peut être utilisée, aucun des moyens qu'il avait jusque là à sa disposition, à moins de faire courir des risques à son fidèle second Yu. Restent tous les autres.
    La corruption semble avoir gagné les plus hauts niveaux de la société chinoise - à l'occidentale, si j'ose dire, si ce n'est que cela semblait impossible, quelques années plus tôt. Les Gros-Sous sont prêts à tout pour s'enrichir, et n'hésitent pas à partir aux Etats-Unis, à y envoyer leurs familles, leurs enfants, pour qu'ils y étudient - quarante ans plus tôt, c'étaient les étudiants albanais qui venaient en Chine pour y étudier. Ils ont également des maîtresses, signes extérieurs de richesse, des ernais, qui ne sont pas sans rappeler les concubines de la Chine ancienne. Chacun est prêt à tout pour conserver ses privilèges, cacher ses tripatouillages - et tant pis pour ceux qui pourraient leur nuire.
    Est-ce parce que l'enquête est ancrée dans le présent que le passé est moins évoqué dans ce neuvième tome des enquêtes de Chen ? Il apparaît cependant en filigrane avec la renaissance de l'opéra, et les souvenirs que les chants rouges font naître chez les personnages principaux.
    Est-ce parce que Chen est sur la touche ? J'ai trouvé cette enquête moins prenante que les autres, parce qu'elle prend trop de chemins détournées, parce que les véritables enjeux n'apparaissent que tardivement. Chen a beaucoup de chance d'avoir des proches aussi dévoués, qui tiennent autant à lui. Là est sans doute le plus grand intérêt de ce roman.

    Pinky
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    Re: QIU, Xialong

    Message  Pinky le Mar 18 Aoû 2015 - 8:20

    merci Nina pour cette présentation

    Nina
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    Re: QIU, Xialong

    Message  Nina le Mar 18 Aoû 2015 - 10:04

    Merci Pinky pour ta visite.

    Audeline
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    Re: QIU, Xialong

    Message  Audeline le Mar 18 Aoû 2015 - 10:13

    Je ne connaissais pas cet auteur.

    Nina
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    Re: QIU, Xialong

    Message  Nina le Mar 18 Aoû 2015 - 20:55

    @Audeline : il a écrit neuf romans policiers, mettant en scène l'inspecteur Chen Cao. Il a aussi écrit des chroniques sur la Chine.

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    Re: QIU, Xialong

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