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    INDRIDASON Arnaldur

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    INDRIDASON Arnaldur

    Message  Majuscule le Mer 2 Fév 2011 - 10:44



    La cité des Jarres
    Roman Policier


    Résumé : Holberg, homme sans histoire, est retrouvé mort dans son appartement. Il a été tué par un coup de cendrier à la tête. Le commissaire Erlendur est chargé de l'enquête.
    Erlendur a autre chose en tête : sa fille Eva Lind, droguée, est enceinte et souhaite garder l'enfant.


    Au cours de l'enquête, on découvre qu'Holberg n'est pas ce que l'on croit, c'est un être pervers, ignoble et horrible. Ses actes infames font découvrir des viols, des naissances, des maladies, un trafic d'organe : un umbroglio familial qu'Erlendur doit démêler en plus de l'attitude de sa fille.


    Mon avis : Erlendur est un personnage triste et gris. Il se déplace lentement mais est souvent prêt à exploser. Cet homme est seul et désespéré.

    L'enquête ne s'essouffle jamais : on suit la découverte des indices avec précaution, car la violence est omniprésente. Le sujet est grave, presque inhumain. On ne pourrait pas imaginer une telle chose. Un simple meurtre peut cacher l'ignoble.

    Majuscule
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    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Majuscule le Mer 2 Fév 2011 - 10:54



    L'homme du Lac
    Policier


    Résumé : Une femme découvre un matin, un squelette resurgissant du lac qui se vide suite à un tremblement de terre. L'enquête démarre sur très peu d'indice mais plonge le commissaire Erlendur dans le milieu de l'espionnage durant la guerre froide.

    Mon avis : Livre assez noir. Mais il fait toujours nuit et froid dans les romans d'Indridason. On plonge dans le milieu de la jeunesse communiste d'Allemagne de l'Est, où l'atmosphère est assez flippante. La peur d'être dénoncé est omniprésente et le Parti l'est aussi. On a une alternance entre un récit d'un ancien étudiant communiste et l'enquête d'Erlendur.
    Le personnage d'Erlendur est d'ailleurs plus tourmenté : sa fille Eva Lind se drogue de plus en plus, l'enquête l'obsède. Il ne sait même plus ce qu'il ressent pour quoi que ce soit. Ce personnage est vraiment bizarre et mystérieux...
    J'ai bien aimé. L'enquête est longue, très longue mais sa part de mystère fait qu'on s'accroche. Il n'y a que des personnages énigmatiques.

    Majuscule
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    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Majuscule le Mer 2 Fév 2011 - 11:01

    [url=http://imagik.fr/view/360138]

    La femme en vert
    Policier


    Résumé : Tout commence par la découverte sur un chantier d’un squelette vieux de soixante ans par le commissaire et son équipe. De qui s’agit-il ? Pourquoi l’avoir enterré là ? Au même moment, Erlendur apprend que sa fille est plongée dans le coma à l’hôpital. Pour la soulager, sur les conseils du médecin, il lui raconte son enfance de petit paysan et la quête de vérité qui l’anime… Entre les événements du passé et ceux du présent, comment nouer les fils d’une enquête bien mystérieuse ?

    Mon avis : J'ai découvert cet auteur avec La Voix, un bon petit policier comme j'aime, car le suspens n'est pas intense, ce n'est pas gore, ça ne m'opresse pas. Je suis une adepte du commissaire Adamsberg de Vargas, et Erlendur le commissaire islandais est tout aussi attachant.
    La femme en vert démarre par une découverte d'un os humain.
    Puis on passe à une autre histoire : une femme, son mari et ses trois enfants. Ils vivent pendant la seconde guerre mondiale. Le mari est une ordure de première, il bat sa femme avec une violence et une haine sans précédent.
    Puis, il y a l'histoire d'Eva Lind, la fille droguée d'Erlendur qui envoie un SOS à son père après plusieurs mois de silence.
    Tout cela s'imbrique parfaitement, on ne s'y perd aucunement. Erlendur est de plus en plus désespéré et se dévoile un peu. C'est un personnage triste, qui ne sait pas exprimer ce qu'il ressent.
    L'histoire de la famille est très dure, très bouleversante. On a envie à chaque page que la violence en finisse.

    Majuscule
    LH
    LH

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Majuscule le Mer 2 Fév 2011 - 11:04



    Hiver Arctique
    Policier


    Elias, petit garçon d’origine thaïlandaise est retrouvé poignardé devant son immeuble. Erlendur chargé de l’enquête pose la question d’un crime raciste.

    Une affaire terrible que l’assassinat d’un petit garçon. On est en plein hiver islandais, celui qui vous glace les os et vous transperce la peau. Et cette chose horrible est arrivée.

    Erlendur, déjà préoccupé par cette affaire, continue de suivre celle d’une femme disparue qui l’appelle sans cesseau secours.

    L’enquête piétine et les indices arrivent au compte-goutte comme dans tous les romans d’Indridason.

    Mais en plus d’une enquête policière, l’auteur nous livre une réflexion sur l’attitude des Islandais face à l’immigration. On découvre un peuple aussi fermé et aussi glacial que leur hiver. Ils ne sont pas encore prêts à accueillir des non-islandais. Ils ferment leur esprit comme leur porte pour ne pas que le froid rentre. Pays isolé certes mais conservateur.

    Atti'
    M
    M

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Atti' le Mer 2 Fév 2011 - 12:55

    Intéressant ces avis Majuscule, je vais me laisser tenter par l'auteur je crois.

    Merci ! Smile

    caro
    ML
    ML

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  caro le Sam 5 Fév 2011 - 14:09



    "La Voix"

    Editeur : Métailié/Noir
    Pages : 330 p.
    Genre : policier

    Résumé quatrième de couverture :

    "Le Père Noël a été assassiné juste avant Le goûter d'enfants organisé par L'hôtel de luxe envahi de touristes, alors s'il vous plaît, commissaire, pas de vagues. C'est mal connaître le commissaire Erlendur. Déprimé par les interminables fêtes de fin d'année, il s'installe à l'hôtel et mène son enquête à sa manière rude et chaotique. Les visites de sa fille, toujours tentée par la drogue, ses mauvaises fréquentations, permettent au commissaire de progresser dans sa connaissance de la prostitution de luxe, et surtout il y a cette jolie laborantine tellement troublante qu'Erlendur lui raconte ses secrets.
    Le Père Noël était portier et occupait une petite chambre dans les sous-sols depuis vingt ans, peu avant on lui avait signifié son renvoi. Mais il n'avait pas toujours été un vieil homme, il avait été Gulli, un jeune chanteur prodige, une voix exceptionnelle, un ange. Les 45 tours enregistrés par le jeune garçon, cette voix venue d'un autre monde, ouvrent la porte à des émotions et des souvenirs, à des spéculations de collectionneurs, à la découverte des relations difficiles et cruelles entre les pères et les fils. Un roman dense et fort qui émeut profondément."

    Avis :

    Un roman à la fois policier et psychologique : à partir de l'enquête sur le meutre de ce Père Noël, des souvenirs ressurgissent dans la mémoire du commissaire Erlendur qui nous en apprennent plus sur ce personnage et sur ses rapports difficiles avec ses deux enfants et notamment sa fille Eva Lind qui se débat dans des problèmes de drogue. Une autre affaire suivi par une collègue d'Erlendur aborde aussi le thème de l'enfance. Des enfances volée, sacrifiée, battue, marquée par la perte et la séparation.
    Ces blessures de l'enfance qui font de nous les adultes que nous sommes devenus.
    Un livre à l'atmosphère très particulière et prenante qui nous hante encore après l'avoir reposé.

    4 etoile jaune

    Majuscule
    LH
    LH

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Majuscule le Sam 5 Fév 2011 - 14:36

    J'avais bien aimé également ce roman !

    Pinky
    M
    M

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Pinky le Dim 6 Fév 2011 - 13:48

    c'est un auteur très prisé des amateurs de policiers

    Valou
    LA
    LA

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Valou le Dim 6 Fév 2011 - 14:04

    Oui c'est vrai Pinky! J'en ai lu un de cet auteur, il me reste encore " La femme en vert " dans ma PAL!

    Atti'
    M
    M

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Atti' le Dim 6 Fév 2011 - 19:00

    Merci Caro pour ce nouvel avis, que dire à part que c'est difficile de résister...

    caro
    ML
    ML

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  caro le Dim 6 Fév 2011 - 21:50

    J'aime beaucoup cet auteur. Merci de votre passage Very Happy

    Nina
    ML
    ML

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Nina le Mer 23 Fév 2011 - 21:30

    La cité des jarres.
    Edition : Points.
    Nombre de pages : 364.

    Mon avis :

    Ce roman marque ma première rencontre avec la littérature islandaise, et avec un nouvel enquêteur : Erlendur. Il est divorcé et s‘est peu de dire que son divorce s’est très mal passé. Il a eu peu de contact avec ses deux enfants. Seule sa fille Eva Lind lui rend visite. Droguée et enceinte, elle a des rapports violents et conflictuels avec son père.
    L’affaire à laquelle il est confrontée paraît presque banale dans ce contexte : un vieil homme, apparemment sans histoire, est retrouvé mort chez lui. Plus il avance, plus il découvre des ramifications inattendues.
    Le déroulement de l’enquête est certes un peu lent, parce qu’Erlendur, sous son apparence bourrue, est extrêmement persévérant. Il va jusqu’au bout de son enquête pour que justice soit faite, et tant pis si cette plongée dans le passé de son pays n’est pas très reluisante.
    Pas de scènes de tortures, pas de huis-clos angoissants, non, ce roman nous montre bien pire : l’abjection au quotidien. Les monstres sont parmi nous, leurs victimes aussi, et elles semblent, contrairement à leur bourreau, condamnées à perpétuité. Le courage et la dignité des survivantes forcent l’admiration.
    Bref, une belle entrée en matière pour le commissaire Erlendur.

    Atti'
    M
    M

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Atti' le Mer 23 Fév 2011 - 22:07

    Merci Nina pour cet avis, je pense que je commencerai par celui-là également.

    Nina
    ML
    ML

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Nina le Mer 23 Fév 2011 - 22:19

    C'est le tout premier de la série, donc si tu veux suivre l'évolution du personnage, et de ses relations avec sa fille, il vaut mieux commencer par celui-ci.

    Atti'
    M
    M

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Atti' le Mer 23 Fév 2011 - 22:25

    D'accord c'est bon à savoir, merci pour l'info Nina. Smile

    Nina
    ML
    ML

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Nina le Ven 25 Mar 2011 - 21:31

    La femme en vert.
    Editions Points. 348 pages.

    Mon avis :
    La femme en vert est un des plus beaux romans policiers que j'ai lu. D'abord, grâce à son enquêteur, Erlendur. Sous ses dehors frustes se cache un homme d'une profonde sensibilité, un humaniste en somme. Eilenborg, son adjointe, n'est pas en reste, et ne ménage pas sa peine. J'aime nettement moins Sigurdur Oli, hautement désagréable, incapable de s'engager, et incapable de montrer un peu de compassion lors de l'enquête. Sa tête est farcie de clichés et il est incapable de passer outre.
    Le lecteur vit le temps de l'enquête en même temps que les trois enquêteurs. Aucune étape de la lente exhumation. du corps n'est passé sous silence. Les enquêteurs ne restent pas inactifs, et nous suivons pas à pas leur minutieuse recherche pour découvrir, avant même de pouvoir poser un nom sur le cadavre, qui pouvait bien vivre à cet endroit, nous racontant ainsi comment la seconde guerre mondiale a été vécue en Islande. Si la lenteur exagétrée peut agacer au point qu'Erlendur s'en plaint parfois, (autant dire que le lecteur se sent moins seul), il est le premier à reconnaître que la précipitation est mauvaise conseillère.
    Parallèlement à ce récit principal, nous découvrons la vie de Margareth et de ses trois enfants, Mikkelina, handicapée, Simon et Tomas. Margareth est mariée à Grimur, un monstre. La femme en vert explore les souffrances psychologiques qu'un être humain est capable d'infliger à un autre être humain. Le mécanisme d'assujetissement est finement observé, les scènes sont à la limite de l'insoutenable tant je me suis sentie en empathie avec Margareth et ses enfants. Ces scènes sont d'autant plus angoissantes que le lecteur, en avance sur les enquêteurs, craint que le corps retrouvé n'appartienne à un membre de leur famille.
    Et le passé rejoint le présent quand apparaît la femme en vert. Des drames qu'Erlendur met à jour de cette époque troublée de la seconde guerre mondiale, restent trois survivantes, trois femmes qui ne se connaissent pas mais qui chacune a vécu avec un secret, différent. Si, pour l'une d'entre elles, le secret l'a rongé et lui a fait bâtir sa vie sur un mensonge, pour l'autre, qui porte la couleur de l'espoir, je suis heureuse qu'elle est vécue avec ce secret (et non contre), et qu'elle ait réussi à reconstruire sa vie.
    Comme si le roman n'était pas déjà assez émouvant, nous en apprenons un peu plus sur la vie personnel d'Erlendur . Au chevet de sa fille, plongée dans le comas, il lui parle, de son mariage, de sa relation avec leur mère, de ce que, peut-être, il aurait dû faire pour ne pas être séparé d'eux. Surtout, au détour d'un couloir, une rencontre nous révèle, avec infiniment de tact, un fait poignant qui éclaire en partie la personnalité d'Erlendur. Je ne crois pas me tromper en pensant qu'il en sera à nouveau question dans le prochain tome, que j'ai hâte de lire.

    Pinky
    M
    M

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Pinky le Sam 26 Mar 2011 - 9:30

    merci Nina

    Atti'
    M
    M

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Atti' le Sam 9 Avr 2011 - 20:58

    Merci Nina pour cet avis. Wink

    Nina
    ML
    ML

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Nina le Sam 9 Avr 2011 - 21:09

    Merci Pinky et Atti.

    Nina
    ML
    ML

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Nina le Lun 25 Avr 2011 - 11:25


    La voix.
    Editions Points - 400 pages.

    Mon avis :

    Noël approche. La neige remplace la pluie incessante. La famille est au coeur de l'intrigue. Famille aimante pour Elinborg, qui déploie ses talents de cuisinière avec amour pour sa grande tribu. Famille à construire pour Sigurdur Oli, plus sympathique dans ce volume car nettement moins égocentré. Sa vie de couple est loin d'être rose et les scènes incessantes de sa femme sont loin de garantir une bonne entente. Famille à définir et à reconstruire pour Erlendur et sa fille. L'enquête, par une de ses coïncidences qui font la vie même, se remémore l'épisode douloureux de son enfance qui a construit l'homme qu'il est devenu. Il se livre enfin, à sa fille d'abord, parce qu'elle a frôlé la mort, et à une quasi-inconnue (même en Islande, il semble que cela soit plus facile de se livrer intimement à quelqu'un qui ne vous connaît pas). Si Eva Lind parle toujours avec ce ton inimitable, mélange de franchise, de grossièreté et de désinvolture, elle paraît véritablement touchée par les épreuves qu'elle a traversé (et que l'auteur nous fait partager). Elle est prête à s'en sortir, puisqu'elle reconnaît ses difficultés et ses échecs. Sa lucidité s'étend à ce qui l'entoure, et elle aide son père dans son enquête.
    Même le crime sordide sur lequel enquête Erlendur reste un crime qui puise ses racines dans une histoire familiale complexe. La victime est un ancien enfant prodige avec lequel sa famille avait rompu trente ans plus tôt. La voix, qui donne son titre au roman est la sienne, enfant, capable même de bouleverser Erlendur. Le thème de l'enfant prodige, s'il semble nous ramener implicitement au passé (voir le poster de Shirley Temple) est pourtant très actuel. Combien d'enfants sont mis sur le devant de la scène pour compenser les ambitions déçues de leurs parents et se faire aimer d'eux ? Beaucoup. Si la maltraitance est ici morale, la pédophile est néanmoins évoqué, par la figure du collectionneur trouble Henry Whapshott.
    Le commissaire doit faire face à des résistances, de la part de cette famille qui ne veut pas se livrer et de la part du grand hôtel, qui a ses petits et grands secrets à cacher. A cette affaire se superpose une autre : un procès pour maltraitance d'enfants est sur le point de s'ouvrir, et bouleverse Elinborg, qui a enquêté et craint de ne pas avoir suffisamment d'éléments pour faire condamner le père maltraitant. Ces deux affaires ont en commun la nécessité pour les enquêteurs d'aller au-delà des apparences et de découvrir une vérité inattendue.

    Majuscule
    LH
    LH

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Majuscule le Mar 26 Avr 2011 - 20:31

    Ce fut le premier Indridason que j'ai lu ! merci Nina !

    Nina
    ML
    ML

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Nina le Mar 24 Mai 2011 - 22:27


    L'homme du lac.
    Editions Points.

    Mon avis :

    Je suis un peu désolée de le dire, ce roman m'a moins plu et moins touché que les précédents. La structure est pourtant la même que dans La femme en vert : d'un côté, un récit au présent, qui s'étire sur presque une année, de l'autre, un personnage, non nommé au début, qui se remémore son passé d'étudiant et est lié à ce corps qui vient d'être retrouvé.

    Ce qui m'a dérangé ? J'ai eu l'impression que le ton était plus froid, plus distancié. Erlendur, qui semble avoir baissé les bras au sujet de sa fille, renoue avec son fils, ce qui est un point positif. Celui-ci lui raconte des événements marquants de son enfance, notamment l'opposition entre Eva Lind et sa mère. Elinborg paraît tendue, mais ravie du lancement de son livre de recette - à croire qu'elle aussi prend ses distances avec le métier d'enquêteur. Sigurdur Oli est devenu le soutien moral d'un homme qui a tout perdu - un rôle difficile pour l'enquêteur qui-a-fait-ses-études-aux-Etats-Unis.

    L'enquête n'est pas simple non plus, car l'instruction initiale a été bâclée - l'occasion pour le commissaire de visiter Marion, son ancienne chef, mourante et pugnace. Erlendur doit rattraper les erreurs du passé et remuer les fantômes de la Guerre Froide, contourner les obstacles administratifs au plus haut niveau. Sa froideur apparente vient peut-être du fait qu'il est confronté à des personnes dont la vie "normale" s'est figée un jour - comme la sienne s'est figée lorsqu'il avait dix ans, dans une attente éternelle.

    Roman politique, L'homme du lac nous en apprend beaucoup sur une génération sacrifiée et oubliée - qui se souvient encore des terribles répressions dans les pays de l'Est ? Le dénouement du roman n'a apporté de réconfort à personne, pas même une lumière d'espoir, comme le personnage de Mikkelina dans Une femme en vert. Que nous apportera Hiver arctique, le volume suivant ?

    Pinky
    M
    M

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Pinky le Mer 25 Mai 2011 - 8:11

    merci Nina pour ces présentations

    Majuscule
    LH
    LH

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Majuscule le Mer 25 Mai 2011 - 11:08

    Je trouve que les livres d'Indridason, mis à part l'enquête policière, est aussi pour moi une façon de connaitre l'histoire de l'Islande, pays que l'on ne connait pas bien et tellement isolé.

    Nina
    ML
    ML

    Re: INDRIDASON Arnaldur

    Message  Nina le Mer 29 Juin 2011 - 12:35

    Hiver arctique
    404 pages.

    Mon avis :


    Dure enquête que celle qui est confiée au commissaire Erlendur : l'assassinat d'un enfant. Pour une fois, je n'ai pas eu cette impression de lenteur, même si fort peu de temps s'est écoulé dans les cent premières pages; Erlendur, Elinborg, Sigurdur Oli ne cessent d'enquêter et d'interroger les membres de la famille, les voisins, les camarades de classe, les professeurs, de suivre toutes les pistes (celle du voisin récidiviste et pédophile en particulier) et d'écouter toutes les doléances, mettant ainsi à nu les dysfonctionnements de la société islandaise.

    Indridason reprend les thèmes qui lui sont chers : les disparitions inexpliquées et parfaitement admises dans la conscience populaire islandaise et l'enfance maltraitée. La protection de l'enfance ne semble guère avoir évoluée en trente ans, rien ne paraît être réellement mis en oeuvre pour sauver tous ses gamins laissés-pour-compte qu'ont croisé les enquêteurs au cours de ce récit.

    Cette fois-ci, Indridason ne nous plonge pas dans le passé de l'Islande, il interroge plutôt son présent, sa capacité à évoluer et sa place dans le monde contemporain. Il montre le racisme quotidien, banal, quasi-ordinaire. Il montre aussi la haine la plus profonde envers l'étranger, terrifiante parce qu'elle n'avance même pas masquée. Surtout, là non plus, rien n'est réellement fait pour lutter contre elle et ses conséquences dramatiques - comme si elles pouvaient être autrement.

    En revanche, Arnaldur est toujours prêt à explorer le passé d'Erlendur. Si ses relations avec ses enfants restent tendues, c'est aussi parce que la disparition de Bergur, son frère, est une plaie ouverte, une souffrance qu'il ne cesse de s'infliger et qu'il ne veut partager avec personne.

    Je ne peux pourtant m'empêcher de ressentir une certaine déception, que je n'avais pas éprouvée pour les trois premiers volumes de la série. J'ai trouvé que le dénouement était trop précipité, comme un deux ex machina antique. De même, j'ai trouvé que certaines péripéties tenaient plus des grosses ficelles, bien connues et déjà très utilisées, plutôt que de la finesse à laquelle Indridason m'avait habituée. Une, c'est excusable, deux, c'est trop.

    J'aurai aimé retrouver dans cette lecture le plaisir que j'ai eu en lisant les trois premiers tomes. Cette impression en demi-teinte ne m'empêchera pas de poursuivre avec Hypothermie.

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    Re: INDRIDASON Arnaldur

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