Au Fil des lignes

Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.
Au Fil des lignes

Voici un endroit où partage, respect et convivialité sont les maîtres mots. Si vous aimez, lire rejoignez-nous !


    Roy Braverman

    Lariflette
    Lariflette
    LA
    LA

    Roy Braverman Empty Roy Braverman

    Message  Lariflette Sam 12 Mai 2018 - 20:55

    Roy Braverman Cvt_hu10

    HUNTER

    2018 - Hugo Thriller - 352 pages

    Le mot de l'éditeur :

    Personne ne s’arrête jamais à Pilgrim’s Rest, USA. Surtout quand le blizzard isole le village et que la forêt, sous la neige,se fait profonde et menaçante. D’ailleurs, le shérif y préfère les loups aux étrangers et l’âme des braconniers y est aussi sombre que les verres de « cafésky » qui, au comptoir du bar, peinent à les réchauffer. Le bowling est fermé depuis longtemps et le motel n’accueille plus que de rares voyageurs égarés. Ceux qui ignorent encore qu’ici, un serial killer a sauvagement assassiné cinq hommes et fait disparaître leurs femmes.
    Et sans doute ces voyageurs fuiraient-ils sans demander leur reste s’ils savaient que l’homme qui fut condamné pour ces crimes, Hunter, a quitté le couloir de la mort et serait revenu dans le coin. Pour achever son œuvre ?


    Mon avis :

    Chacun imagine à sa façon les images liées à ses lectures, je n’y échappe pas. Je me fais mon cinéma sur l’écran crème de la chambre où se trouve le fauteuil dans lequel je lis. Je m’arrête et regardant devant moi je vois la scène ou plutôt celle que j’imagine et qui correspond ou correspondrait à ce que je viens de lire, oui, c’est ainsi que la prosodie m’entraîne de façons diverses et variées.
    Hunter c’est plutôt du genre rouleau compresseur voyez, technicolor pur sucre, écran large, vistavision, 70mm, son surround, le tout sans home cinéma, bien dans ma tête, un peu surpris quand même car on fait plus dans le Cecil Billet de Mille, Spielberg, J. Lee Thomson ou Nicholas Ray, plus Ben Hur poursuivant Messala sur son char que le contraire, voyez, non, bon tant pis. Globalement avec le recul je peux facilement imaginer « Django unchained » qu’enchaîné, hémoglobine comprise sauf que là, entre deux orignals en promenade dans le blizzard, c’est du sang humain.
    Faut dire que les deux premiers chapitres à couper le souffle au niveau découpage, style coup de poing, dialogues au couteau, d’un niveau littéraire à la hauteur des plus grands : Ellroy, Burke, Box…, sont suivi d’une scène où Hunter et Freeman fichent un bazar pas possible, inimaginable avec un chasse neige, lancé par erreur à travers la ville, détruisant tout sur son passage : voitures, granges, maisons, bars, enfin tout y compris les bonhommes présents à tel point que le rouquin, si, si, savez le copain de la fille, Thelma, s’exclame en voyant le tableau : « galactique » qui est un petit mot, vraiment, je le sais, j’en sors.
    Alors là, on se lève on se détend les jambes, puis la tête à deux mains de droite et de gauche, quelques pompes derrière le fauteuil, un coup d’éponge magique, le protège dents, un gorgeon de bière, inspiration, expiration et hop prêt pour quelques nouveaux chapitres. A ce rythme là il y aura du dégât avant la fin du bouquin.
    WOOOUUUAAAHHHH !
    Faut que je vous dise, c’est ainsi pendant 66 chapitres, 352 pages et même pas une p’tite page intercalaire avant la 4ème de couverture, rien tout de suite la sortie. Je préviens il y en a qui vont laisser leur santé.
    Plus haut je disais qu’il y a du sang sans la neige, certes, mais Braverman a un côté Tex Avery, vous vous souvenez Droopy, le loup et la super belle femme canon, vous y êtes, bien. Je dis ça car on peut penser que certains vont y passer, la situation y est propice, non pas systématiquement, vous les croyez morts, que nenni, blessés, amochés, diminués mais costauds, c’est pas leur heure, plus loin encore quelques pages, d’ailleurs à la fin on se pose des questions sur un certain.
    Et puis c’est un malin Braverman il en garde sous le pied, il vous appâte, vous suivez et paf ! Au chapitre suivant on repart de plus belle dans une autre direction. Remarquez ça occupe, on voit du paysage, on se gèle un peu aussi.
    Je dois à l’auteur de dire que tout se tient, il ne loupe rien, c’est de la littérature au cordeau et pourtant il y a du personnage dont quelques filles à double prénom (désolé, stop intrigue, peux pas en dire plus).
    On peut difficilement trouver mieux que ce style coup de poing comme dit ci-dessus. Des dialogues percutants au possible, des personnages fignolés, des descriptions cinématographiques d’une justesse irréprochable, j’y étais où exactement je ne sais pas, mais c’est sûr j’y étais et, franchement je ne regrette pas d’y avoir été.
    Le mieux, lisez ce bouquin vous m’en direz des nouvelles, foi de lecteur chevronné.
    Un immense coup de coeur.
    5/5

    5 etoile jaune coup de coeur coup de coeur coup de coeur

    NB : J’ai relu plusieurs fois les quatres premiers chapitres pour leur beauté ou parce que je n’avais pas bien tout compris. Ce n’est que du bonheur.

    B




    p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120%; }
    p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120%; }
    Nina
    Nina
    ML
    ML

    Roy Braverman Empty Re: Roy Braverman

    Message  Nina Dim 13 Mai 2018 - 10:38

    Merci Lariflette pour cet avis.
    Pas pour moi en ce moment : je cherche des lectures plus "reposantes".
    Pinky
    Pinky
    M
    M

    Roy Braverman Empty Re: Roy Braverman

    Message  Pinky Lun 14 Mai 2018 - 8:49

    merci Lariflette pour cette excellente présentation, comme toi j'imagine bien les scènes, ton propos me parle bien et tes références aussi
    Lariflette
    Lariflette
    LA
    LA

    Roy Braverman Empty Re: Roy Braverman

    Message  Lariflette Lun 14 Mai 2018 - 14:36

    Merci Nina, merci Pinky de votre passage Very Happy 

    B
    Nina
    Nina
    ML
    ML

    Roy Braverman Empty Re: Roy Braverman

    Message  Nina Sam 8 Fév 2020 - 11:37

    Roy Braverman Cover188

    Freeman
    Edition Hugo Thriller - 520 pages

    Présentation de l’éditeur :

    Patterson, en Louisiane.
    Deux millions de dollars disparaissent. Pendant un ouragan d’une rare violence. Dans la maison du boss de la mafia locale.
    La traque commence. Elle va faire se croiser et s’affronter un « parrain » amateur de cocktails, un fabuleux tandem de flics que tout oppose mais dont chacun poursuit une quête personnelle, une serveuse qui aime trop l’un des deux flics, le FBI, Freeman et sa fille Louise (celle-là même qui avait été retenue prisonnière quatorze ans dans un trou perdu des Appalaches dans Hunter), un collecteur de dettes arménien, et tout ce que La Nouvelle-Orléans compte de faune interlope, d’indics et de petites frappes…
    Cela pourrait être le début de beaucoup de polars. Sauf que c’est au coeur du bayou, et que c’est Roy Braverman qui est aux manettes. Et que la traque va être bercée par le rythme envoûtant de la zydeco, imprégnée des senteurs de la cuisine cajun, caressée par les parfums sensuels de la flore de Louisiane, et rendue plus haletante encore par la menace des crocs acérés des alligators…

    Mon avis :

    Poisseux, violent, mouvementé, toujours.

    Nous sommes en Louisiane, nous sommes en plein ouragan, et même si ce n’est pas Katrina, le poids de Katrina est toujours là – parce que les souvenirs sont intacts, vivaces, parce que la ville n’a pas été reconstruite comme il aurait fallu, parce que les maisons ne sont toujours pas faites pour résister à une telle violence. Et c’est ce moment que choisit un homme pour cambrioler la maison d’un parrain local, suscitant l’admiration du seul témoin de la scène, qui se gardera bien de divulguer quoi que ce soit. Parce qu’il en a fallu du courage, pour affronter la tempête et la future colère du mafieux local, surprotégé à force d’arroser tout le monde.

    Ah, c’est dommage, il paraît justement que le FBI allait le faire tomber. Personne ne verse des larmes de crocodiles sur cette opération merveilleuse – comme si c’était possible de parvenir à le faire tomber.

    Alors oui, nous sommes dans le sordide, parfois, souvent. Pas tant la manière dont cet homme se débarrasse de ses ennemis ou de ceux qu’ils croient tels, non – à force de jouer avec le feu, on se brûle, c’est bien connu. Non, je pense plutôt à cette violence quotidienne, à celles et ceux qui se croient tout permis, parce qu’ils ont l’argent et avec lui le pouvoir. Pire encore : l’indifférence. Qu’ils n’en aient rien à faire des autres, on s’en doutait déjà. Qu’ils n’en aient rien à faire d’eux-mêmes, êtres humains réifiés par leur propre soin, c’est presque nouveau pour moi, mais pas si étonnant. La notion de justice ? Avec un bon avocat, un bon juge, un bon dossier, on fait ce qu’on veut devant un tribunal – alors la justice, ce n’est plus un concept, ce n’est même plus un mot, c’est une succession de syllabe dont le sens leur échappe complètement. A quoi bon un procès d’ailleurs, quand certains jeunes pensent que les réseaux sociaux sont un tribunal bien suffisant ? Ce n’est pas seulement dans les livres que ces dérives sont constatés, ouvrez le moindre réseau social, et vous vous rendrez compte à quel point c’est juste, tous les jours ou presque.

    Freeman, vous le connaissez peut-être si, contrairement à moi, vous avez lu les autres romans de Roy Braverman : ce n’est pas quelqu’un qui lâche prise, lui qui a mis quatorze ans à retrouver sa fille Louise. Il est là, dans l’intrigue, pas le personnage principal, mais un personnage secondaire sur lequel on peut compter. Un personnage secondaire toujours inquiet aussi, parce que la vie, pour Louise, n’a pas repris là où elle s’était arrêtée, elle doit vivre avec ce qu’elle a vécu, et vivre maintenant comme elle l’entend, même si cela n’ôte absolument pas son père son inquiétude constante : on craint de perdre ce que l’on a déjà perdu. Aussi, il comprend l’obsession d’Howard, policier qui cherche son petit frère Tyler depuis un an, lui dont la disparition a été plutôt considérée comme une fugue – ce qui permet de ne surtout pas enquêter sérieusement. De l’autre côté, nous avons Beauregard, le co-équipier d’Howard – trois ans qu’ils font équipe, trois ans qu’ils ne savent rien l’un de l’autre. Dommage ? Non, chacun a ses raisons, ce qui ne les empêche pas de travailler l’un à côté de l’autre, mais pas l’un avec l’autre : tous les deux ont cependant la même énergie, et l’amour des leurs les motive pour ne pas négliger leur vie personnelle. Sachons toutefois que les enquêtes contenues dans Freeman sont tout sauf claires, limpides et ordonnées, plutôt : la police contre la police, le FBI, les trafiquants, et autres joyeusetés.

    Bref, ce n’est pas une enquête reposante, ce n’est pas une enquête pendant laquelle on peut avoir des certitudes : tout peut arriver, tout le monde peut trahir, ou au contraire venir en aide de manière inattendue. L’on y croise aussi des personnages totalement improbables, comme Emma, qui ne fait que quelques apparitions, mais quelles apparitions ! Je n’ai garde d’oublier non plus l’ambiance dans laquelle baigne ce roman. Nous sommes véritablement en Louisiane, avec ses odeurs, ses sonorités, ses couleurs, sa vie en quelque sorte, dont la mort n’est jamais loin.

    Un roman prenant et réussi – avec une pointe d’apaisement à la fin.
    Pinky
    Pinky
    M
    M

    Roy Braverman Empty Re: Roy Braverman

    Message  Pinky Sam 8 Fév 2020 - 14:04

    merci Nina pour cette présentation intéressante
    Nina
    Nina
    ML
    ML

    Roy Braverman Empty Re: Roy Braverman

    Message  Nina Sam 8 Fév 2020 - 22:29

    Merci Pinky !
    Nina
    Nina
    ML
    ML

    Roy Braverman Empty Re: Roy Braverman

    Message  Nina Ven 19 Fév 2021 - 15:46

    Roy Braverman Cover249

    Manhattan sunset
    édition Hugo Thriller - 363 pages

    Présentation de l’éditeur :

    Il n’y a pas pire vengeance que ce qui blesse ceux qu’on aime.
    À moins qu’on ne les tue.
    Il n’y a pas pire obsession qu’un fantôme qui vous hante.
    À moins que ce ne soit celui d’un ami.
    Il n’y a pas pire crime que de tuer une enfant.
    À moins de la tuer deux fois.

    Mon avis :

    Il en est des romans policiers comme des plats que l’on reçoit au restaurant. Le nom et le descriptif vous ont plu, et une fois que vous le dégustez, vous vous rendez compte que ce livre n’était pas fait pour vous.
    Ce que j’ai aimé ? La présence fantomatique de Pfiffelmann, le coéquipier décédé de l’inspecteur Donnelli, l’inspecteur qui n’arrive jamais à temps, ou presque jamais. J’ai aimé ses interventions, lui qui n’a (presque) plus rien à perdre, puisqu’il a déjà perdu la vie, lui qui tente de se faire comprendre de Donnelli, qui a fort à faire avec les enquêtes en cours, et celles qu’on ne veut surtout pas qu’il suive. La justice ? Elle ne semble plus vraiment au programme, remplacée par les luttes de pouvoir entre différents services, entre la volonté de préserver des intérêts autre que ceux de la vérité – ne parlons même pas des parents éplorés qui ne sauront jamais ce qui est arrivé à leur enfant.
    Ce que je n’ai pas aimé ? L’extrême violence. Les situations sanglantes, tragiques, dramatiques, s’enchaînent, sans que jamais l’espoir ne soit au bout du chemin, ou au bout de la nuit. La résilience ? Elle n’est pas envisagée. Vivre avec l’absence, vivre avec la douleur ne semble pas non plus possible. Manhattan sunset décrit un monde où aucune issue un tant soit peu positive ne semble possible.
    Manhattan sunset – un roman à réserver à un public averti.

    Lariflette aime ce message

    Pinky
    Pinky
    M
    M

    Roy Braverman Empty Re: Roy Braverman

    Message  Pinky Sam 20 Fév 2021 - 11:26

    merci Nina pour cette présentation, je passe mon tour
    Nina
    Nina
    ML
    ML

    Roy Braverman Empty Re: Roy Braverman

    Message  Nina Sam 20 Fév 2021 - 11:54

    Merci Pinky pour ta visite.
    Je ne te cache pas que j'ai eu beaucoup de mal à terminer le livre. A un moment, trop c'est trop.
    Pinky
    Pinky
    M
    M

    Roy Braverman Empty Re: Roy Braverman

    Message  Pinky Dim 21 Fév 2021 - 11:53

    pour ma part je n'aurai pas été au bout...;
    Nina
    Nina
    ML
    ML

    Roy Braverman Empty Re: Roy Braverman

    Message  Nina Lun 22 Fév 2021 - 10:37

    Je voulais savoir qui était le coupable, et le moins que je puisse dire est que je n'ai pas aimé du tout.
    J'ai lu une autre critique qui trouvait que ce livre contenait tout de même de l'espoir, je cherche encore.
    Pinky
    Pinky
    M
    M

    Roy Braverman Empty Re: Roy Braverman

    Message  Pinky Lun 22 Fév 2021 - 11:02

    je comprends ta démarche Nina, après la notion d'espoir est changeante en fonction des histoires de chacun bisous
    Nina
    Nina
    ML
    ML

    Roy Braverman Empty Re: Roy Braverman

    Message  Nina Lun 22 Fév 2021 - 21:23

    Oui, c'est certain mais pour moi
    Spoiler:
    le renoncement à tous les plaisirs offerts sur terre ou le suicide ne sont pas vraiment des formes d'espoir.

    Contenu sponsorisé

    Roy Braverman Empty Re: Roy Braverman

    Message  Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Sam 10 Avr 2021 - 14:42