Au Fil des lignes

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    JOHNSON, Craig

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    Nina
    ML
    ML

    JOHNSON, Craig

    Message  Nina le Dim 2 Sep 2012 - 16:43


    édition Gallmeister - 312 pages.

    Quatrième de couverture (extraits) :

    Le comté d'Absaroka, dans le Wyoming, est le comté le moins peuplé de l'Etat le moins peuplé d'Amérique. Aussi, y découvrir en bordure de route le corps d'une jeune Asiatique étranglée est-il plutôt déconcertant. Le coupable paraît pourtant tout désigné quand on trouve, à proximité des lieux du crime, un colosse indien frappé de mutisme en possession du sac à main de la jeune femme. Mais le shérif Walt Longmire n'est pas du genre à boucler son enquête à la va-vite. D'autant que le sac de la victime recèle une autre surprise : une vieille photo de Walt prise quarante ans plus tôt, et qui le renvoie à sa première affaire alors qu'il était enquêteur chez les marines, en pleine guerre du Vietnam.

    Mon avis :


    J'aime l'idée de commencer le mois de septembre par un coup de coeur. J'ai véritablement adoré ce livre, ce qui ne suprendra pas les fans (nombreux et mérités) de l'auteur. Il n'hésite pas à parler de sujets délicats : les conséquences de la guerre du Vietnam (sort des vétérans, devenir des enfants nés au Vietnam de soldats américains) et l'esclavage moderne, caché sous le couvert d'aides aux plus démunis.


    Deux récits entrelacés mais faciles à suivre nous font découvrir le passé (au Vietnam) et le présent du shérif Walt Longmire, homme d'honneur et de rigueur. Il ne craint jamais de s'exposer tant qu'il protège les autres - tous les autres. Grâce à un style lumineux et sans concession, Craig Johnson donne vie à ses personnages, les morts comme les vivants au milieu des vastes plaines désertées du Wyoming.

    Lariflette
    LH
    LH

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Lariflette le Jeu 6 Sep 2012 - 15:51

    Merci de cet avis, Nina, sympa semble t-il mais pas trop tenté.

    B

    Nina
    ML
    ML

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Nina le Jeu 6 Sep 2012 - 17:10

    Je n'aurai qu'un mot, Lariflette : dommage.

    Lariflette
    LH
    LH

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Lariflette le Mer 12 Sep 2012 - 13:37

    Je sais bien ma petite Nina, d'autant que le Wyoming est un état des plus intéressants, voir C.J. BOX, les Bighorn et son Joe Pickett, mais c'est un peu le Vietnam qui me lasse, Da Nang, Hué, Xuan Loc, les vétérans (quoique deux des derniers livres lus en parlaient), etc.
    Je loupe, pour l'instant, un bon moment de lecture et venant de toi, je suis certain que le livre est formidable, je ne renonce jamais à une bonne lecture, plus tard certainement.

    B

    Nina
    ML
    ML

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Nina le Mer 12 Sep 2012 - 22:51

    J'argumenterai en disant que Walt n'est pas qu'un combattant au Vietnam, il est avant tout un enquêteur, et c'est son enquête, plus que la guerre elle-même, qui le met sérieusement en danger. Le roman montre aussi l'exploitation qui a pu être faites des enfants nés de soldats américains - sous couvert de solidarité.
    Une oeuvre vraiment passionnante.
    Maintenant, pour découvrir l'auteur, sans la guerre du Vietnam, il reste Little bird et Camp des morts, les deux premiers volumes.
    L'indien blanc, le troisième, se passe en partie à Philadelphie.

    Pinky
    M
    M

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Pinky le Ven 14 Sep 2012 - 9:26

    merci Nina pour cet avis

    Lariflette
    LH
    LH

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Lariflette le Dim 16 Sep 2012 - 13:35

    J'ai emprunté Little Bird à la biblio. J'apprécie cet éditeur et je me suis aperçu que j'avais déjà eu ce bouquin entre les mains, apparemment il ne voulait pas de moi...
    A suivre, donc.

    B

    Nina
    ML
    ML

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Nina le Dim 16 Sep 2012 - 13:52

    Little bird a une construction assez particulière. Le camp des morts (le tome 2) ou Enfants de poussière est peut-être plus facile à lire.
    Il faut juuuuuuuuuuste que je trouve le tome 3.
    Bonne lecture (c'est tout le mal que je te souhaite).

    Lariflette
    LH
    LH

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Lariflette le Lun 17 Sep 2012 - 1:00

    Merci Nina Very Happy

    B

    Nina
    ML
    ML

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Nina le Dim 30 Sep 2012 - 18:08


    édition Gallmeister - 298 pages.

    Quatrième de couverture :

    Walt Longmire est le shérif du comté d’Absaroka depuis près d’un quart de siècle et n’a pas pour habitude de s’éloigner de ses terres familières du Wyoming. Quand il décide d’accompagner son vieil ami Henry Standing Bear à Philadelphie, où vit sa fille Cady, il ne se doute pas que son séjour va prendre une tournure tragique. Agressée pour une raison inconnue, Cady se retrouve dans un profond coma, première victime d’une longue liste, et Walt doit se lancer sur la piste d’un vaste réseau des trafiquants de drogue. Commence alors une longue errance urbaine sous la surveillance d’un mystérieux Indien blanc.
    Ce nouveau volet des aventures de Walt Longmire nous entraîne dans une course-poursuite haletante au cœur de la Cité de l’amour fraternel et confirme l’appartenance de ce shérif mélancolique à la famille des grands héros de roman policier.

    Mon avis :

    Craig Johnson est un des plus grands auteurs américains actuels. Je le dis et ne changerai pas d’avis. J’ai beaucoup aimé ce troisième volume des aventures du sherif Walt Longmire.
    Tout ne commençait pas bien pour le shériff : il était dans une situation plutôt difficile, du moins, une situation très inhabituelle, sans aucun soutien ni renfort. En tout cas, cette situation est très drôle, et j’ai apprécié que l’auteur débute ce texte sombre avec cette touche d’humour.
    Walt quitte son Wyoming chéri pour la Pensylvannie, la grande ville de Philadelphie, et ce n’est pas tant la ville qui pose problème, mais l’agression subie par sa fille. L’auteur rend très bien l’angoisse ressentie par Walt, cette attente qu’un signe, un geste prouve que sa fille sort du comas et n’a pas de séquelles irrémédiables. J’ai aimé qu’il enquête, quand même, alors que les autorités locales sont plus ou moins ravis de son aide, sans qu’il cherche à se faire justice lui-même. Il n’a pas dit qu’il n’était pas tenté, il ne le fait pas, et la nuance est de taille. J’ai aimé aussi que les traditions indiennes ne soient pas sujets de moqueries, mais d’espoir : “Plus que les badges et les revolvers, l’ espoir et le rire étaient les armes les plus efficaces.”
    Loin du comté d’Absaroka, Walt est toujours confronté au sort de la communauté indienne, mais aussi au gang, à la drogue, à une violence plus cinglante encore. Et même si la fin de mon billet est un peu abrupte, je n’aurai qu’une chose à dire : ne lisez pas cet avis, lisez ce merveilleux auteur !

    Pinky
    M
    M

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Pinky le Dim 30 Sep 2012 - 19:44

    merci Nina pour cette présentation

    Nina
    ML
    ML

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Nina le Dim 30 Sep 2012 - 21:11

    Merci Pinky pour ta visite.

    Lariflette
    LH
    LH

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Lariflette le Mar 2 Oct 2012 - 13:51

    Merci de cet avis, Nina. Je lis Little bird actuellement et j'en suis ravi Very Happy

    B

    Nina
    ML
    ML

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Nina le Mar 2 Oct 2012 - 16:30

    Merci Lariflette pour ta visite.
    Je suis ravie que tu sois ravi.

    Lariflette
    LH
    LH

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Lariflette le Dim 11 Nov 2012 - 14:41

    J'ai lu Little Bird et l'Indien blanc dans la foulée, pas le temps de faire un commentaire. Je plussoie aux déclarations de Nina quand elle dit que Johnson est, actuellement, un des meilleurs romanciers américains et ce n'est pas peu dire.

    bisous
    à tous

    B

    Nina
    ML
    ML

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Nina le Dim 11 Nov 2012 - 20:47

    Lariflette, je suis ravi que ces livres t'aient plu !

    Nina
    ML
    ML

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Nina le Dim 13 Oct 2013 - 11:23

    Titre : Little Bird
    Edition Gallmeister - 422 pages.

    Présentation du roman :

    Dans le comté d’Absaroka, dans le Wyoming, on retrouve le corps de Cody Pritchard près de la réserve cheyenne. Deux années auparavant, Cody avait été l’un des quatre adolescents condamnés avec sursis pour le viol d’une jeune Indienne, Melissa Little Bird. Jugement qui avait avivé les tensions entre les deux communautés. Aujourd’hui, il semblerait que quelqu’un cherche à se venger. Le shérif Walt Longmire est chargé de l’enquête.

    Mon avis :

    Ce roman est la première aventure du sherif Longuemire, ce n’est pas ma première rencontre avec lui, j’ai déjà lu  L’indien blanc et Enfants de poussière. Quel que soit le tome choisi, le plaisir de lecture est toujours aussi grand.
    Et pourtant… Craig Johnson ne craint pas d’aborder des sujets sensibles, pour ne pas dire des sujets qui fâchent. A l’heure où les romans et les séries judiciaires sont légions, il est rare de lire que la justice, les procès, ne peuvent être que des simulacres, parce que l’on pense aux accusés d’abord (ils ne gâcheront pas leur vie pour une "erreur de jeunesse", c’est à dire le viol et la torture d’une jeune indienne handicapée mentale) et après à la victime et aux siens. Ce n’est pas ce verdict qui aidera Mélissa à se reconstruire, mais l’amour et l’attention des siens. C’est bien le seul message optimiste de cette intrigue.
    Deux ans après, le principal accusé est retrouvé mort, et si les témoins ne manquent pas, ils ont surtout le tort d’être d’authentiques moutons du Wyoming, qui ont un tout petit peu sali la scène de crimes et la victime elle-même. Sujet sensible, on vous dit, car Walt Longuemire éprouve plus de compassion pour les suspects que pour la victime. En effet, son meilleur ami, Henry Standing Bear, est l’oncle de Mélissa Little Bird, et il peut avoir commis un crime aussi audacieux – Walt et Henry se sont connus au Vietnam, et leur amitié n’a pas failli depuis.
    Un second crime est commis, et l’étau se resserre autour des deux survivants. L’objectif de Longuemire devient double : trouver le tireur et protéger les deux survivants. Walt ne se préoccupe pas alors de fausses considérations morales – laisser faire, c’est être complice, ne l’oublions pas – et fera tout son possible pour les garder en vie. Même s’il cède parfois à la violence, en réponse à la violence – pour la morale, vous dis-je, vous repasserez. Même s’il doit parfois employer la manière forte. Même s’il doit payer de sa personne, et pas qu’un peu. Même si certaines parties de sa mission ne sont pas sans leur rappeler, à lui et à Henry, le Vietnam, là, dans la neige des sommets du Wyoming. Leur sauvetage d’un des jumeaux Esper compte parmi les plus belles pages de ce roman.
    Little Bird est un roman à lire, à découvrir, pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Craig Johnson.

    Pinky
    M
    M

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Pinky le Dim 13 Oct 2013 - 11:45

    merci Nina pour cette nouvelle présentation

    Nina
    ML
    ML

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Nina le Dim 13 Oct 2013 - 12:08

    Merci Pinky pour ta visite.

    Ratdebibliotheque
    ML
    ML

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Ratdebibliotheque le Dim 13 Oct 2013 - 13:17

    Merci pour ton avis, j'ai lu et j'avais bien aimé.

    Nina
    ML
    ML

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Nina le Dim 13 Oct 2013 - 13:38

    Merci Ratdebibliothèque pour ta visite.
    Je suis contente que tu aies aimé aussi.

    Nina
    ML
    ML

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Nina le Dim 25 Mai 2014 - 17:05

    Molosses.
    édition Gallmeister – 330 pages.

    Mon résumé :


    Comté d’Abarosa, Wyoming, le moins peuplé des comtés de l’un des Etats d’Amérique les moins peuplés. Il neige, et grâce à la neige, le gentil papy de Duane a pu s’initier au ski, accrochée au pare-choc de la voiture de son petit-fils au moyen de 35 mètres de corde en nylon. Ce n’était pas volontaire ? Tant pis ! Papy, la boite aux lettres qu’il a heurté et la vitre arrière du véhicule vont bien. Ajoutons également que Walt Longuemire est chargé de retrouver le propriétaire d’un pouce égaré pendant qu’un de ses homme lui donne sa démission, et vous comprendrez que rien ne se passe jamais comme prévu.

    Mon avis :

    Je suis conquise ! Emprunté hier, lu quasiment d’une traite, j’ai adoré retrouvé l’univers inimitable de Craig Johnson.

    Il faut dire que Walt, son héros, est abondamment sollicité. En plus de toutes les mésaventures que je vous narre dans le résumé, il doit organiser le mariage de sa fille, ou plutôt convaincre la nation cheyenne (à savoir son ami, Henry Standing Bear) de marier sa fille et son fiancé, qui a pour principal défaut d’être flic (et le plus jeune frère de Vic, son adjointe). Puis, Walt est un homme, un vrai, et ses précédentes aventures lui ont laissé quelques séquelles. Quant à savoir laquelle en particulier, c’est assez dur à déterminer :
    - Ouaip, ou alors, c’est quand je me suis fait piétiner par un cheval, cisailler les jambes par un Vietnamien, écrasé par un Indien de 2,10 m, ou quand je suis tombé du pare-chocs arrière d’une voiture à Philadelphie, ou que je me suis battu avec un camé, ou que j’ai été bouffé par le gel dans la montagne. (Il poursuivit son examen, le visage inquiet.) Cette dernière année a été assez chargée, comme ne cesse de me le rappeler Isaac Bloomfield.

    Cependant, cette enquête, apparemment déjantée, ludique pour un homme qui a traversé autant d’épreuves, l’entraînera bien plus loin qu’il ne le pense. La faute à certaines personnes, pas très recommandables, qui ont choisi le Comté comme planque, et ne pensent pas qu’on viendra déranger leurs petites affaires et leur précieuse tranquillité. Raté.

    Message d’espoir ? Pas vraiment. La nature humaine est toujours aussi sombre, le bonheur difficile à atteindre, encore plus à conserver. Les Roméo et Juliette du Wyoming ont vraiment une drôle d’allure, ce n’est pas pour cette raison qu’ils n’auraient pas mérité d’être heureux. Les témoins, bientôt les suspects, ne pensent qu’à s’échapper, puis à s’écharper – comme si la cellule du bureau du shérif n’était pas assez confortable ! Bien plus que le manteau neigeux qui recouvre le Wyoming.

    Dernier point, et non des moindres pour moi : les chiens, les deux molosses qui donnent leur nom au roman, ne sont pas inutilement sacrifiés, même quand le malheureux Longuemire paiera (et largement) de sa personne lors de leurs confrontations.

    A quand la prochaine aventure ? Dès que la longue convalescence du sherif sera terminée !

    Pinky
    M
    M

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Pinky le Lun 26 Mai 2014 - 9:25

    merci Nina pour cette présentation rythmée

    Nina
    ML
    ML

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Nina le Lun 26 Mai 2014 - 19:52

    Merci Pinky pour ta visite.
    Le roman l'est tout autant !

    Nina
    ML
    ML

    Re: JOHNSON, Craig

    Message  Nina le Dim 26 Oct 2014 - 16:24


    Le camp des morts.
    Edition Gallmeister - 336 pages.

    Mon résumé :
    Walt Longmire se remet doucement de sa précédente enquête qui fut, à ses yeux, un immense gâchis. Il ne sait pas encore que l’attend une nouvelle enquête, toute aussi ardue, tout aussi douloureuse, à tous les points de vue.

    Mon avis :

    A mes yeux, les romans de Craig Johnson sont parmi les plus belles découvertes offertes par la littérature américaine ces dernières années.
    Prenez le sheriff Longmire, pas très éloigné de la retraite. Il pourrait rester tranquillement dans son coin, et attendre que les neuf mois s'écoulent. Et bien non, il prend tous les risques... pour quoi, au juste ? Pour qui, plutôt : pour Lucian, son prédécesseur, qui lui assure que Mari Baroja a été assassinée alors que tous pensent qu'elle est simplement morte parce que son corps était usé par les chagrins, l'âge, et quelques excès aussi.
    Excès ? De souffrances, certainement. Au fur et à mesure que le lecteur découvre la vie de cette femme, il ne peut que s'insurger face à l'horreur quotidienne de ce qu'elle a vécue, sous la coup de sa famille d'abord, sous celle de son mari ensuite, mystérieusement envolé cinquante ans plus tôt, avant que ses filles ne la relèguent dans une maison de retraite où elle a fini ses jours.
    Walt découvre de son côté tout un pan de l'existence de Lucian, ce qui le rend encore plus proche de son prédécesseur qui ne l'était déjà. Il découvre aussi qu'il a mis le doigt sur une véritable affaire, et pas seulement sur la fin de vie d'une vieille dame lourdement éprouvée. Les tentatives de meurtre se succèdent, dans ce comté du Wyoming recouvert par la neige, presque paisible en temps normal (la prison se rapproche davantage d'une pension de famille que d'autres choses). Walt se doit d'insister, plus que jamais.
    Pour éclairer le présent, il doit chercher dans le passé, au sein de deux communautés que l'on aurait mal imaginé se rencontrer, les descendants de la communauté basque d'un côté, les indiens Creeks de l'autre. J'ai pensé à La morsure du Lézard de Kirk Mitchell, tout aussi dur, tout aussi dérangeant, sur la manière dont les liens entre mari et femme pouvaient ne rien à voir avec l'amour - tout comme aimer son enfant n'est pas aussi naturel que certains naïfs veulent nous le laisser croire. Tout le monde n'est pas Mari Baroja - ou Walt Longmire. Tout ceci a cependant raison du calme, que dis-je, du flegme de notre shérif américain : La colère que je ressentais était comme le vent. La rage n'a pas sa place dans le maintien de l'ordre, et je lui résiste la plupart du temps, mais elle est là, guettant les brèches ouvertes par les passions, attendant que je trébuche ; et je venais de faillir.
    Aller jusqu'au bout et payer de sa personne sont deux caractéristiques de Walt Longmire. En sourire après si possible aussi : Je décidai que, la prochaine fois, je ferai un effort calculé pour être blessé partout du même côté ; cela me rendrait la vie après l'aventure un peu plus facile. A mes yeux, les romans de Craig Johnson sont parmi les plus belles découvertes offertes par la littérature américaine ces dernières années.
    Prenez le sheriff Longmire, pas très éloigné de la retraite. Il pourrait rester tranquillement dans son coin, et attendre que les neuf mois s'écoulent. Et bien non, il prend tous les risques... pour quoi, au juste ? Pour qui, plutôt : pour Lucian, son prédécesseur, qui lui assure que Mari Baroja a été assassinée alors que tous pensent qu'elle est simplement morte parce que son corps était usé par les chagrins, l'âge, et quelques excès aussi.
    Excès ? De souffrances, certainement. Au fur et à mesure que le lecteur découvre la vie de cette femme, il ne peut que s'insurger face à l'horreur quotidienne de ce qu'elle a vécue, sous la coup de sa famille d'abord, sous celle de son mari ensuite, mystérieusement envolé cinquante ans plus tôt, avant que ses filles ne la relèguent dans une maison de retraite où elle a fini ses jours.
    Walt découvre de son côté tout un pan de l'existence de Lucian, ce qui le rend encore plus proche de son prédécesseur qui ne l'était déjà. Il découvre aussi qu'il a mis le doigt sur une véritable affaire, et pas seulement sur la fin de vie d'une vieille dame lourdement éprouvée. Les tentatives de meurtre se succèdent, dans ce comté du Wyoming recouvert par la neige, presque paisible en temps normal (la prison se rapproche davantage d'une pension de famille que d'autres choses). Walt se doit d'insister, plus que jamais.
    Pour éclairer le présent, il doit chercher dans le passé, au sein de deux communautés que l'on aurait mal imaginé se rencontrer, les descendants de la communauté basque d'un côté, les indiens Creeks de l'autre. J'ai pensé à La morsure du Lézard de Kirk Mitchell, tout aussi dur, tout aussi dérangeant, sur la manière dont les liens entre mari et femme pouvaient ne rien à voir avec l'amour - tout comme aimer son enfant n'est pas aussi naturel que certains naïfs veulent nous le laisser croire. Tout le monde n'est pas Mari Baroja - ou Walt Longmire. Tout ceci a cependant raison du calme, que dis-je, du flegme de notre shérif américain : La colère que je ressentais était comme le vent. La rage n'a pas sa place dans le maintien de l'ordre, et je lui résiste la plupart du temps, mais elle est là, guettant les brèches ouvertes par les passions, attendant que je trébuche ; et je venais de faillir.
    Aller jusqu'au bout et payer de sa personne sont deux caractéristiques de Walt Longmire. En sourire après si possible aussi : Je décidai que, la prochaine fois, je ferai un effort calculé pour être blessé partout du même côté ; cela me rendrait la vie après l'aventure un peu plus facile.

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    Re: JOHNSON, Craig

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