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    ABBEY, Edward

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    ABBEY, Edward

    Message  Nina le Dim 17 Juil 2016 - 19:53

    Le gang de la clef à molette
    Edition Gallmeister - 396 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    Révoltés de voir le somptueux désert de l’Ouest défiguré par les grandes firmes industrielles, quatre insoumis décident d’entrer en lutte contre la « Machine ». Un vétéran du Vietnam accroc à la bière et aux armes à feu, un chirurgien incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon nostalgique et polygame commencent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le désert. Armés de simples clefs à molette – et de dynamite – nos héros écologistes vont devoir affronter les représentants de l’ordre et de la morale lancés à leur poursuite. Commence alors une longue traque dans le désert.

    Mon avis :

    « Le verbe résister se conjugue au présent » disait Lucie Aubrac, et elle avait infiniment raison. Ce livre, écrit dans les années 70, nous raconte les actes de résistance de quatre personnes contre l’impérialisme américain, sa volonté de puissance, sa volonté aussi d’asservir la nature au nom de l’argent, de la publicité, de la productivité, du commerce, du tourisme. Cela fait beaucoup de divinités, qui sont encore aujourd’hui largement révérées – et pas seulement aux Etats-Unis.
    Hayduke, des forces spéciales du Vietnam, marqué par ce qu’il a vécu, comme tous ceux qui en sont revenus, et bien décidé à ne jamais se laisser faire. Seldom Seen, mormon pas suffisamment pratiquant aux yeux des autres mormons, Doc Sarvis, chirurgien très réputé et Bonnie, son assistante, son amante, de confession juive – cela devrait n’avoir aucune importance mais cela en a pour certains. Ces quatre personnes ont pour arme principale leur volonté et leur ténacité – leur endurance aussi, face à des adversaires qui ont tout le monde de leur côté. A la tête du partie adverse, le révérend Love, le très mal nommé (du moins, cela dépend de quel amour l’on parle), se rêve gouverneur. Il a pour lui ses fidèles, sa quasi-armée, et son goût pour ce que l’on nomme progrès, ainsi que son dégoût pour ce que l’on ne nomme pas encore vraiment l’écologie.
    Oui, la lutte est disproportionnée, ce qui n’a jamais empêché quiconque de lutter. De réussir ? Vous le saurez en lisant ce livre, et en n’oubliant pas sa suite, le retour du gang de la clef à molette.
    PS : les paysages sont sublimes, ce qu’en fait l’homme, nettement moins.

    Pinky
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    Re: ABBEY, Edward

    Message  Pinky le Lun 18 Juil 2016 - 8:18

    merci Nina pour cette présentation

    Nina
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    Re: ABBEY, Edward

    Message  Nina le Lun 18 Juil 2016 - 8:57

    Merci Pinky pour ta visite.

    Nina
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    Re: ABBEY, Edward

    Message  Nina le Lun 18 Juil 2016 - 17:23


    Le retour du gang de la clef à molette.
    Edition Gallmeister - 416 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    Le monstre est en marche : le super-excavateur géant Goliath, le plus terrifiant engin jamais construit par l’homme, menace les déserts de l’Ouest. C’est compter sans le farouche Hayduke et ses amis, bien décidés à enrayer la course du titan. Le Gang de la Clef à Molette est de retour ! S’engage alors un combat désespéré contre la « Machine » industrielle. Les usines explosent, les bulldozers s’évanouissent dans la nature… Contre l’asservissement des esprits, tous les coups sont permis ! Tout à la fois outrancier et nostalgique, Le Retour du Gang de la Clef à Molette est une dénonciation cinglante de l’ordre établi et un chant d’amour aux espaces sauvages.

    Mon avis :

    Tout d’abord, je dois dire que je préfère nettement le titre original, à savoir Hayduke lives ! Cependant, pour le lectorat français, ce titre-ci a le mérite d’être clair, et c’est bien la suite du gang de la clef à molette que nous avons entre les mains.
    Le révérend Love est en forme, si, si, vraiment très en forme, preuve que Doc Sarvis a vraiment fait du bon boulot. Il est revenu à ses premières amours. Non, je ne parle pas de sa femme, avec laquelle il a eu onze enfants, comme le lui commande son église, je parle de sa volonté d’asservir la nature afin que l’homme puisse en tirer le plus de profit possible. Son discours est parfaitement rôdé, parfaitement logique, pour peu que l’on apprécie la logique des politiciens de tout poil, et des religieux de tout bord. Love applique à la lettre les préceptes qu’il enseigne, et sa détermination n’a fait que croitre – les moyens pour la mettre en oeuvre aussi.
    Ses opposants aussi ont pris du poil de la bête. Non, je ne parle pas des quatre membres du gang, je parle des activistes d’Earth First ! Ils sont nombreux, sympas, non-violents, et, en dépit de leur nombre, de leur engagement, ne semblent guère avoir de chance face à la force (armée) des gentils tenants du progrès et de l’argent. Ils ne manquent pas de moyen, et ils ont la loi de leur côté – enfin… parce qu’ils savent la contourner, et mettre devant le fait accompli avant que tous les recours ne soient déposés. C’est cela aussi, l’Amérique.
    Pendant ce temps, et bien nos trois héros n’ont pas vraiment envie de s’en mêler : leur période de probation est presque terminée. Doc Sarvis, qui exerce dans des conditions plus modestes que dans le gang, n’en reste pas moins un bon médecin, il est marié à Bonnie, ils ont un petit garçon Reuben, et Bonnie attend leur second enfant. Une famille des plus ordinaires, presque comme celles qu’a fondé Seldom Seen avec ses trois femmes. Reste donc Georges Hayduke, bien vivant, de retour, qui n’a pas envie de laisser faire les choses, mais qui a bien l’intention d’en découdre et de faire revenir dans la lutte ses amis. Ils aiment bien Georges, ils l’aiment même beaucoup mais… non, sans façon. Du moins dans un premier temps.
    Et oui : on peut être rangé, avoir une petite vie bien tranquille et s’engager malgré tout, parce que l’on a des convictions, que le quotidien n’a pas émoussé, non, juste un peu mis de côté. Et l’énergie, l’envie de lutter, est là, elle transparaît dans l’écriture, énergique, vive, pleine d’ironie parfois, de colère aussi, face au gâchis programmé. Pour ne pas oublier aussi que parler, c’est bien, agir, c’est mieux.

    Pinky
    M
    M

    Re: ABBEY, Edward

    Message  Pinky le Mar 19 Juil 2016 - 9:12

    merci Nina pour cette présentation

    Nina
    ML
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    Re: ABBEY, Edward

    Message  Nina le Mar 19 Juil 2016 - 10:59

    Merci Pinky pour ta visite.

    Nina
    ML
    ML

    Re: ABBEY, Edward

    Message  Nina le Ven 9 Sep 2016 - 0:14


    Désert solitaire.
    Edition Gallmeister - 354 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    Peu de livres ont autant déchainé les passions que celui que vous tenez entre les mains. Publié pour la première fois en 1968, Désert solitaire est en effet de ces rares livres dont on peut affirmer sans exagérer qu’il « changeait les vies » comme l’écrit Doug Peacock.
    À la fin des années 1950, Edward Abbey travaille deux saisons comme ranger dans le parc national des Arches, en plein cœur du désert de l’Utah. Lorsqu’il y retourne, une dizaine d’années plus tard, il constate avec effroi que le progrès est aussi passé par là. Cette aventure forme la base d’un récit envoûtant, véritable chant d’amour à la sauvagerie du monde, mais aussi formidable coup de colère du légendaire auteur du Gang de la Clef à Molette.

    Mon avis :

    Lisez-le tout simplement, au lieu de lire mon avis, même si le livre ne vous semble pas « glamour ». Je suis presque sûre que beaucoup ignorent qu’il y a des déserts aux Etats-Unis, et se disent, après avoir appris son existence, qu’il ne doit pas s’y passer grand chose. Edward Abbey nous prouve le contraire.
    Ce qui domine une fois le livre refermé ? L’impression que l’homme ne sera jamais raisonnable, et préférera toujours le profit à la beauté de la nature. Il la « canalise », il la détruit plutôt, pour le meilleur des touristes et le pire pour la faune et la flore locale. Ce livre n’est pas un tombeau, même si ce qu’il décrit n’existe plus. Ce livre est un hymne à la nature « libre », aux hommes qui ont la chance d’y vivre ou d’y avoir vécu, sans avoir pensé à la domestiquer et à en tirer profit.
    Bien sûr qu’Edward Abbey parle de lui dans ce livre puisque c’est son expérience qu’il nous livre, et certaines aventures furent périlleuses, d’autres émouvantes. La colère, oui, mais l’humour aussi, face aux charmants touristes qui n’ont aucune envie de sortir de leur voiture pour découvrir la nature qui les entoure.
    Désert solitaire – sur lequel il veille.

    Pinky
    M
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    Re: ABBEY, Edward

    Message  Pinky le Ven 9 Sep 2016 - 8:32

    merci Nina pour cette présentation, je le note sur mon petit carnet

    Nina
    ML
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    Re: ABBEY, Edward

    Message  Nina le Ven 9 Sep 2016 - 14:31

    Merci Pinky !

    Keana
    ML
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    Re: ABBEY, Edward

    Message  Keana le Sam 10 Sep 2016 - 15:56

    Merci Nina pour cet avis des plus enthousiaste.

    Nina
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    Re: ABBEY, Edward

    Message  Nina le Sam 10 Sep 2016 - 22:37

    Merci Keana !
    Je ne peux que recommander cet auteur.

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    Re: ABBEY, Edward

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