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    DUFRESNE-LAMY, Julien

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    Message  Nina Sam 21 Jan 2017 - 10:20

    DUFRESNE-LAMY, Julien Couv6510

    Deux cigarettes dans le noir.
    Edition Belfond - 304 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    Clémentine travaille dans une usine de parfum. Elle attend un enfant.
    Au volant de sa voiture en direction de la maternité, elle percute quelqu’un sans pouvoir s’arrêter.
    De retour à la maison seule avec son bébé, elle apprend la mort à Paris, deux jours plus tôt, de la chorégraphe Pina Bausch. Clémentine se souvient : une silhouette maigre, de longs cheveux gris – c’est Pina qu’elle a fauchée.
    Elle a tué un génie en mettant au monde son enfant.
    La maternité, la danse, la vie, la mort se côtoient dans le nouveau roman de Julien Dufresne-Lamy, qui trouble et bouscule par son intelligence et son originalité.

    Mon avis :


    J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, et je sens que vous qui me lisez n’êtes pas plus avancé. J’ai aimé le lire parce qu’il parle de danse, de Pina Bausch – c’est pour cette raison que j’ai sollicité ce partenariat – et qu’il en parle de manière non pas accessible (il ne s’agit pas de vulgarisation artistique) mais passionnée, fascinée, et cette passion, le choc artistique ressenti par Clémentine en découvrant les oeuvres de Pina Bausch sont parfaitement transcrits dans le récit.
    Transmettre son art, créer et/ou avoir un enfant : Clémentine, elle, est mère, presque par hasard. Elle est fille aussi, adoptée, et se pose alors la question de la fameuse création du lien avec son enfant, tout sauf évident quand l’enfant a déjà vécu une autre relation avec des parents d’accueil. Les enfants ont une grande faculté d’adaptation. Reste à savoir pourquoi la mère de Clémentine a voulu l’adopter, ce que nous en saurons pas réellement puisque le récit se focalise sur la jeune ouvrière qui travaille, certes, mais très loin de chez elle.
    Rien n’est rose dans le monde ouvrier, et tant pis si cela déplait à ceux qui imagineraient un monde du travail idyllique. La solidarité ? On oublie. Plutôt la mesquinerie, la jalousie, l’envie, pour un poste ou pour un homme – médisance à tous les étages. Faire valoir ses droits ? Pas toujours facile. Et, bien sur, la condescendance des dirigeants envers les ouvriers – parce que, mis à part Clémentine, il ne traverse l’esprit à personne que les choses pourraient être autrement. Rien n’a changé depuis les descriptions faites dans des romans datant des années 70 (Elise ou la vraie vie de Claire Etcherelli) ou plus récent (La grande bleue de Nathalie Demoulin).
    Je n’ai pas oublié le thème de la maternité, je m’en suis détournée, sans doute parce qu’il n’est pas mon thème de prédilection, et parce qu’il est très souvent développé dans la littérature contemporaine. Qui dit maternité, dit aussi paternité, et le père de Barnabé est absent, si ce n’est dans les souvenirs de Clémentine. Il faut dire qu’elle l’a longuement écouté parler de ses projets, de son travail, et de Néron, le chien qu’il fit tout pour sauver. Une absence étrange, encore plus étrange que l’enfermement de Clémentine, seule ou presque avec son enfant. Elle affirme que la maternité l’a transformé, surprotégeant son enfant à sa manière, étant, pour lui, quasiment la seule personne au monde. Ce n’est ni un amour maternel surdéveloppé, ni de l’égoïsme forcené, mais les tentatives d’une femme qui n’a pas reçu d’amour maternel, d’une femme peu adaptée à la vie pour s’adapter à cette nouvelle vie. Et qui choisit d’être mère autrement, ce qui est tout à fait possible, mais pas toujours acceptable aux yeux de la société – ni sans risque non plus, en un mélange de névrose et d’amour.
    Ratdebibliotheque
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    Message  Ratdebibliotheque Sam 21 Jan 2017 - 18:28

    Merci pour cet avis, Nina, je le note.
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    Message  Nina Sam 21 Jan 2017 - 21:05

    Merci Ratdebibliothèque pour ta visite !
    PS : deux livres parus chez Belfond presque en même temps, sur les mêmes thématiques, avec le même nombre de pages.
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    Message  Pinky Lun 23 Jan 2017 - 11:40

    merci NIna pour cette présentation intéressante
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    Message  Nina Lun 23 Jan 2017 - 12:16

    Merci Pinky pour ta visite.
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    Message  Nina Sam 2 Mar 2019 - 1:26

    DUFRESNE-LAMY, Julien 41q8ta10

    Les étonnantes aventures du merveilleux minuscule Benjamin Berlin
    Edition Actes Sud Junior - 244 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    Depuis qu’il est tout petit, Benjamin Berlin a un don : il est télépathe. Il peut ainsi entrer dans la tête des uns et des autres. Sans effraction. En silence. Un pouvoir de sorcier qui est aussi un secret lourd à porter. Le déménagement au Japon de sa famille le plonge dans un monde nouveau, indéchiffrable. Il va y faire la rencontre de deux Japonais de son âge, Junji et Kurumi, possédant comme lui un pouvoir magique. Ils seraient ainsi plusieurs dans le monde ? les « Enfants merveilleux » ? repérés et suivis par une société secrète, qui nourrit pour eux de grands projets. Mais Benjamin Berlin est-il vraiment taillé pour la vie de sorcier ?
    Mon avis :
    Trop mignon.
    Oui, je sais, ce n’est pas un avis très objectif, c’est assez lapidaire, mais après des lectures dures, il fut très agréable de me plonger dans l’univers de BB alias Benjamin Berlin. Il grandit au milieu d’une famille unie et heureuse, des parents qui s’entendent bien, une grande soeur atypique, c’est à dire qui ne respecte pas les « codes » des clichés sur les adolescentes. Le métier de son père l’amène à changer de pays régulièrement, et s’il y a des inconvénients, il y a aussi des avantages, comme laissés derrière soi des professeurs pénibles.
    Benjamin a un pouvoir : il peut entendre les pensées des personnes qu’il touche. Ce pourrait être extrêmement douloureux, cela a dû être pénible, mais nous sommes, dans ce récit, projeté dans une phase de la vie de Benjamin dans laquelle il a appris à vivre avec son pouvoir. Mieux (ou pire, c’est selon) : il va même pouvoir le développer, puisqu’un « mentor » lui propose de rejoindre une organisation, après avoir passé plusieurs épreuves.
    Classique, me direz-vous. Nous sommes dans un récit initiatique. Oui. Nous sommes surtout dans l’histoire de Benjamin, qui apprend ce qui est le plus important, non entendre les pensées des autres, mais comprendre comment il peut apaiser, aider les autres. Apprendre à vivre aussi en acceptant d’être ordinaire – il perdra ses pouvoirs s’il échoue aux épreuves. Récit linéaire, oui, cependant nous retournons dans le passé pour découvrir comment les pouvoirs de Benjamin sont apparus, comment ses parents ont réagi – être les parents d’un enfant pas comme les autres peut aussi être une source d’angoisse et d’interrogation. Il faut aussi édicter des règles de vie, pour que Benjamin ait une jeunesse presque ordinaire. Son pouvoir pourrait être inquiétant – et parfois, je me suis surprise à penser à ce qui pourrait arriver si Benjamin tombait entre de mauvaises mains, de mauvais guides, si Benjamin n’avait pas, aussi, été autant aimé par ses proches, qui ont pensé à son bien être. Faire des choix n’est pas toujours facile pour des parents. Benjamin arrive à un âge où il est suffisamment mature pour décider ce qu’il veut – ou pas – et pour le faire entendre à ses parents. Suffisamment grand pour être lucide, et pour penser aussi aux autres, avant de penser à lui.
    Un chouette roman à mettre dans toutes les mains.
    Une citation pour la route :

    Tandis que nous traversons les couloirs de l’immeuble, les yeux rivés sur la moquette grise et les parapluies suspendus aux portes, le second chauffeur nous raconte que les Japonais louent rarement des maisons aux étrangers mais que nous, nous représentons la France et que les Japonais raffolent de l’art à la française. Et je me dis qu’ils ne doivent sûrement pas connaitre nos téléréalités et nos camps de migrants.
    Pinky
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    Message  Pinky Sam 2 Mar 2019 - 12:52

    merci Nina pour cette présentation
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    Message  Nina Sam 2 Mar 2019 - 13:16

    Merci Pinky pour ta visite.
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    Message  Ratdebibliotheque Dim 3 Mar 2019 - 17:51

    Merci Nina pour cet avis.
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    Message  Nina Mar 3 Sep 2019 - 12:34

    Merci Ratdebibliothèque pour ta visite.
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    Message  Nina Mar 3 Sep 2019 - 12:36

    DUFRESNE-LAMY, Julien Couv2113

    Jolis jolis monstres
    Edition Belfond - 416 pages

    Présentation de l’éditeur (extraits) :

    Au début des années sida, James est l’une des plus belles drag-queens de New York. La légende des bals, la reine des cabarets, l’amie fidèle des club kids et des stars underground. Quand trente ans plus tard il devient le mentor de Victor, un jeune père de famille à l’humour corrosif, James comprend que le monde et les mentalités ont changé.

    Mon avis :
    Je ne vous raconte pas le nombre de fois que j’ai remis à plus tard la rédaction de cette chronique ! Je suis en effet en train de partir vers une jolie technicité et cela ne va pas du tout. Je peux vous dire solennellement que la narration alterne le point de vue de Victor et celui de James, sachant que le premier est le destinataire du récit du second, que le récit est parfois rétrospectif puisque nous nous plongeons dans le récit des jeunes années de l’un et de l’autre, leur deux temporalité s’entrecroisant parfois, puisque deux événements marquants eurent lieu dans leur vie respective.

    Et là, mon avis vous a tellement ennuyé que vous avez mis les voiles et vous vous demandez franchement quelle mouche me pique ! L’analyse littéraire, c’est formidable, certains adorent, mais franchement, changeons de cap !

    Jolis jolis monstres est un récit plein de vie, de rythme, de couleurs, et de mouvements, d’amour aussi pour celleux qui se sont auto-proclamés monstres. Iels se cherchaient et comme rien de connu n’existaient, iels se sont inventées. Que de personnes ai-je croisé dans ce roman, entre la scène et la vie, parce que la drag est un être que l’on crée, non qui vous a été imposé par la société, qui définit ce qui est socialement acceptable et ce qui ne l’est pas.

    S’il est un mot-clef pour définir ce roman, c’est « amour », l’amour que l’on reçoit, comme James l’a reçu de sa tante, et tout l’amour qu’Angie donne à ses filles. « Don », second mot-clef, puisque Angie, tout comme James ou Victor ne pensent pas leurs actes, leurs créations pour leur enrichissement personnel – d’autres ont détourné leur culture, tel Madonna et son utilisation du voguing (ne me dites pas que vous croyez que c’est elle qui l’a inventé ?). Angie donne son temps, son énergie, son amour (encore une fois) sans compter, et se relève toujours malgré les coups du sort. Parce que nous sommes dans les années 80. Et toutes ses vies fauchées, par cette maladie dont on parle de moins en moins. En parlait-on tant que cela dans les médias à l’époque, d’ailleurs, puisque cette maladie ne touchait, disait-on, que les hommes, et encore, ceux qui appartenaient à une « certaine » communauté ? Quant à celleux qui ont été assassinés, c’est un non événement pour la société bien pensante, avec une forte probabilité pour que les coupables ne soient jamais trouvés.

    Alors oui, la société a changé en trente ans, depuis l’époque où James était Lady Prudence. A-t-elle véritablement évoluée ? Oui, et non, parce que tous les progrès sont fragiles. Et j’aimerai tant conclure sur une note optimiste, parce que ce roman est rempli d’énergie, d’intensité, de folie créatrice. Et qu’il serait dommage de voir se dérouler sa vie en passant à côté de qui l’on est vraiment.

    Et, parce que je résiste difficilement à l ‘envie de partager une citation, en voici une, p. 356

    « Aujourd’hui, Marsha a une fontaine. D’autres ont droit à quelques portraits dans la presse spécialisée. En t’asseyant sur le rebord, tu te remémores cette conversation avec Marsha l’année de sa mort. Elle te parlait des émeutes du Stonewall et d’un monument commémoratif dans tu-ne-sais-plus-quel parc, et Marsha t’avait dit.
    « Combien de gens sont morts pour que deux jolies petites statues soient placées dans un square ? Combien de jolies petites statues faut-il pour que les gens se comportent comme des frères et des sœurs ? Pour qu’ils comprennent que l’on fait tous partie de la race humaine ?
    »
    Pinky
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    Message  Pinky Mer 4 Sep 2019 - 10:14

    merci Nina pour cette présentation, j'aime beaucoup la citation et je suis d'accord Marsha
    supergreen
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    LEH
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    Message  supergreen Mer 4 Sep 2019 - 10:21

    merci nina pour ces avis, je me laisserai bien tenter, j'aime beaucoup ton dernier
    Nina
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    Message  Nina Mer 4 Sep 2019 - 20:55

    Merci Pinky et Supergreen pour votre visite.
    Une autre citation : Les drags et les trans meurent chaque jour mais on tient bon.

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