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    COLLINS, Wilkie

    Titi
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    Message  Titi Mar 25 Jan 2011 - 20:07

    Genre littéraire : Policier fantastique

    COLLINS, Wilkie Hotelhant
    Titre : L’hôtel hanté
    Auteur : Wilkie Collins

    Nombre de pages : 277
    Editeur : Editions de l’Aube

    Présentation de l’éditeur :
    Fiancée humiliée, veuve manipulatrice et soumise évoluant dans une famille en apparence respectueuse des usages de la haute société victorienne... Qui est vraiment la comtesse Narona ? Une intrigante prêt à tout pour toucher une prime d'assurance sur la vie de son époux, ou bien la victime de craintes superstitieuses sur laquelle le destin semble s'acharner ? Entre Londres et Venise, Collins campe les personnages aux facettes multiples et complexes qui seront, consciemment ou non, les complices d'une mort naturelle qui ne tardera pas à se révéler suspecte. Un des grands romans de Wilkie Collins !

    Mon appréciation :
    Un très bon roman policier à la limite du fantastique.
    On a un peu de mal à rester concentré sur la première partie du roman mais ensuite les choses s’accélèrent à une vitesse incroyable. Je pense que ces deux phases dans l’histoire étaient bien pensées et voulues par l’auteur lui-même., La deuxième partie rappelle, par son suspense les écrits actuels, bien que le langage employé date du 19è. Un précurseur dans le domaine. Rendons-lui donc hommage.
    C’est très bien construit et ce, jusqu’au dénouement.

    Une fin originale en tout cas et qui laisse planer un petit mystère.

    Note : 9/10

    Nina
    Nina
    ML
    ML

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    Message  Nina Mer 28 Déc 2011 - 12:07

    COLLINS, Wilkie Rien11

    Titre : En quête du rien.
    Auteur : William Wilkie Collins.
    Editeur : Les éditions du Sonneur
    Nombre de pages : 46 pages.

    Quatrième de couverture :

    En quête du rien est le portrait primesauter, drôle et absurde d'un homme condamné à l'inactivité et au calme dans une société qui en est dépourvue. Ou comment la tranquilité peut finir par rendre fou.

    Mon avis :

    Cette nouvelle est assez réjouissante, et très éloignée des grands romans de Wilkie Collins. Son narrateur et personnage principal, qui se nomme William lui aussi, est contraint au repos forcé. Il doit éviter toutes les émotions, et rien que cette partie de l'ordonnance promet bien du plaisir.
    Heureusement, il est un point positif dans sa vie, un point fixe : il est toujours d'accord avec sa femme. Ce point à lui seul est la garantie d'une vie sereine. Les voici donc partis en voyage, ô non, pas très loin (il lui faut se ménager) mais dans un paisible village de l'Angleterre. Là, deux sujets de drôlerie surgissent :
    - sa volonté de suivre à la lettre l'ordonnance du médecin, quitte à tenter de faire coïncider chaque fait avec chaque prescription.
    - la découverte que l'écart est grand entre la campagne rêvée, sublimée par les poètes et autres romanciers, et la campagne réelle. Un peu plus et notre narrateur pouvait rédiger un magnifique article sur les oiseaux qui peuplent la campagne et les noms qu'on leur donne. Un peu plus, et notre narrateur voyait sa vie transformée à tout jamais.
    Vivement un peu de travail, le repos, ce n'est vraiment pas la santé.
    Ahotep
    Ahotep
    LA
    LA

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    Message  Ahotep Mar 22 Mai 2012 - 16:42

    Le Secret

    COLLINS, Wilkie Collin10

    Résumé :

    En cette nuit du 23 août 1829, le manoir des Treverton sur la côte ouest de la Cornouailles n’est que silence et ténèbres. Mrs Treverton, avant de rendre l’âme dans la solitude, dicte à sa dame de chambre, Sarah Leeson, une mystérieuse confession qu’elle lui fait promettre de ne jamais détruire. Des années plus tard, le manoir est mis en vente. Sarah a disparu et, avec elle, son secret.
    Mais alors que le fils du nouveau propriétaire s’apprête à épouser Rosamond Treverton, la fille des anciens maîtres du lieu, une étrange domestique fait son apparition. Elle semble tout connaître des mystères de la maison. Le passé, insidieusement, revient hanter l’existence des futurs époux que tout promettait au bonheur.


    Mon avis :

    J'ai plutôt bien aimé pour un livre du XIXème siècle. D'habitude, je n'aime pas trop l'écriture du XIXème siècle, car je la trouve trop longue et complexe. Mais là, on arrive à comprendre l'histoire, malgré les longueurs. Le secret était plus ou moins attendu, je l'avais découvert au milieu du roman déjà. Donc, l'intrigue et la surprise sont un petit peu tombées à l'eau. Les chapitres sont bien nommés et bien découpés. La narration n'est pas trop mal écrite. Mais, c'est long, effectivement un chapitre pour aller au manoir et un autre pour en sortir, par exemple.
    Les points positifs : belle intrigue, narration bien écrite et bons chapitres.
    Les points négatifs : les longueurs, secret deviné à l'avance.
    Donc, j'ai moyennement aimé, à lire, mais sans plus.
    binou
    binou
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    ML

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    Message  binou Mer 23 Mai 2012 - 10:20

    merci Ahotep clin d\'oeil
    caro
    caro
    ML
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    Message  caro Sam 26 Mai 2012 - 16:53

    C'est un auteur que j'aimerais tenter un jour aussi. Merci Ahotep Very Happy
    Lariflette
    Lariflette
    LA
    LA

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    Message  Lariflette Lun 28 Mai 2012 - 1:10

    Personnellement je ne suis pas allé jusqu'au bout, j'ai calé bien avant. Merci de ton commentaire Ahotep.

    Caro essaye Sans nom ou Pierre de lune, ils sont très bons.

    B
    Nina
    Nina
    ML
    ML

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    Message  Nina Lun 28 Mai 2012 - 12:14

    Merci Ahotep.
    Il est dans ma PAL.
    caro
    caro
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    Message  caro Mar 29 Mai 2012 - 13:25

    Lariflette a écrit:Personnellement je ne suis pas allé jusqu'au bout, j'ai calé bien avant. Merci de ton commentaire Ahotep.

    Caro essaye Sans nom ou Pierre de lune, ils sont très bons.

    B

    Merci Bernard, je les note Very Happy
    Lariflette
    Lariflette
    LA
    LA

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    Message  Lariflette Sam 2 Juin 2012 - 15:32

    De rien, Caro Very Happy

    B
    Nina
    Nina
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    Message  Nina Dim 8 Sep 2013 - 11:25

    L'hotel hanté.
    Mon résumé :
    Le docteur Wybrow est un médecin très réputé pour la sûreté de son diagnostic. Aussi, quand une inconnue veut qu’il la reçoive en urgence, alors qu’il doit partir visiter ses malades, il n’est pas franchement ravi. La suite de l’histoire le ravira encore moins.
    Mon avis :
    L’action débute en 1860 à Londres. Elle nous mènera jusqu’à Venise. Grâce à quelques anticipations, le lecteur sait au fur et à mesure qu’il progresse dans sa lecture vers quel dénouement il s’achemine, tout en ménageant relativement bien le suspense.
    L’histoire pourrait être classique : lord Montbarry délaisse sa fiancée Agnès pour une aventurière, la comtesse Narona. Agnès est son opposée : jeune fille pure et innocente (est-ce le prénom qui le veut ?), elle ne nourrit aucune rancune, aucune haine, aucun désir de vengeance vers la femme qui l’a privée de cette union respectable.
    Et sa rivale ? C’est tout le contraire ! La comtesse accuse la jeune fille des pires maux, et la rend même responsable de ses mauvaises actions. N’allez pas croire cependant que la comtesse soit folle – enfin, pas au début. Elle-même est à plaindre. Elle est une victime, elle n’a plus de mari pour la protéger, son second mari ne sera pas à la hauteur, et elle ne peut compter sur sa famille, contrairement à la jeune Agnès. Son frère même ajoute à sa réputation sulfureuse – dans les deux sens de l’adjectif.
    Ce roman participe à trois genres différents : réalisme, policier et fantastique. Roman réaliste, l’hôtel hanté nous plonge dans l’aristocratie bien pensante du règne de Victoria.  Roman policier, nous avons l’enquête qui vise à démontrer que Lord Montbarry a été assassiné. Les enquêteurs de la compagnie d’assurance feront chou blanc, Lord est mort d’une pneumonie. Une autre enquête se joint à celle-ci, car le courrier du comte anglais est porté disparu – autant dire que la disparition d’un domestique, marié de surcroit (c’est-à-dire ayant une bonne raison de disparaître) n’intéresse quasiment personne.
    Restent les manifestations fantastiques, réservés aux seuls membres de la famille Montabarry qui comme par hasard, séjourne dans la chambre où leur frère mal-aimé a succombé. Avouons-le : personne ne l’aimait, et s’il s’est marié si tard, il n’est pas très difficile d’imaginer pourquoi (égoïsme et avarice). Il l’est plus de concevoir pourquoi il s’est marié – il restera lui aussi une énigme, et une personnalité trop fade pour que je l’imagine en train de réclamer vengeance.
    L’hôtel hanté est un roman plaisant, sans doute pas le meilleur roman de Wilkie Collins, mais il offre une bonne approche de cet auteur.
    Nina
    Nina
    ML
    ML

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    Message  Nina Sam 27 Juin 2015 - 20:51

    La piste du crime/Seule contre la loi.
    Ebook de 422 pages.

    Mon résumé :

    Valéria Woodwill a tout pour être heureuse. Mais quel secret peut bien dissimuler Eustache, son mari ? Elle tâchera de le découvrir, au risque de compromettre son mariage et son bonheur.

    Mon avis :

    Il est des livres qui vieillissent moins bien que d’autres. La piste du crime est de ceux-là.
    Le roman, que j’ai lu en ebook sur la liseuse, est racontée par une narratrice. Soit. Mais elle n’est pas une héroïne de Jane Austen, non. Elle est toute engoncée dans ce qu’elle peut et ne peut pas faire en tant que femme et affligée du plus vieux défaut féminin : la curiosité.
    Elle était pourtant heureuse, en se mariant. Dès les premières pages, le lecteur sait pourtant qu’un événement est survenu qui a gâché son bonheur, puisque l’écriture est rétrospective. Il faut cependant le quart du roman, des atermoiements, des coïncidences un peu tirées par les cheveux pour que l’on découvre le « secret » de son mari, en même temps que Valéria. Rien ne serait sans doute arrivé si celle-ci n’était orpheline : des parents auraient demandé plus de renseignements sur leur futur beau-fils, et ne se seraient pas contentés de si peu. Rien ne serait arrivé non plus s’il avait eu confiance en sa femme. Celle-ci ayant découvert son secret, il la quitte, ne supportant plus de vivre avec elle. Vous avez dit « lâcheté » ? Non, délicatesse d’esprit ! Pour lui prouver son amour et sa bonne foi, Valéria va donc tout tenter pour innocenter son mari – mieux qu’un tribunal n’a su le faire trois ans plus tôt.
    Ne croyez pas que le rythme s’accélère, Valéria passe son temps à présenter ses excuses pour sa témérité, à exprimer sa honte face à ce qu’elle a fait, à subir (et à suivre) les conseils des autres – je dois cependant dire que certains sont fort judicieux. Et les cent pages suivantes restent tout aussi statiques. Valéria lit, Valéria rencontre un ami de son mari, un personnage dont la difformité physique induit nécessairement (autre temps, autre idée) une déformation morale, une folie, dirait-on, bref, un être peu fréquentable, entouré de personnes à qui le qualificatif « d’humains » est à peine concédé.
    Oui, il y aura quelques rebondissements, et si l’enquête nous mènera de l’Écosse à New York, l’héroïne se rendra en Espagne, au chevet de la petite nature qui lui tient lieu de mari. Les émotions violentes peuvent faire du mal à ce pauvre chéri. Tiens, déjà, à l’époque, on tenait compte du moral pour la guérison ? Magnifique ! Par contre, que sa femme, enceinte, s’épuise à son chevet, ne pose pas de problème – les femmes sont des infirmières nées, après tout.
    Oui (bis), on saura qui est le coupable ! Ou la coupable. Encore heureux, au bout de 400 pages de lecture (sur 422). J’ai presque eu envie de dire « tout ça, pour ça ». Ce sont des choses qui arrivent…
    Pinky
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    Message  Pinky Dim 28 Juin 2015 - 10:01

    merci Nina pour ces présentations
    Nina
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    Message  Nina Dim 28 Juin 2015 - 10:39

    Merci Pinky pour ta visite.
    Nina
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    Message  Nina Sam 4 Juil 2015 - 22:05

    Je dis non.
    Ebook de 385 pages.

    Mon résumé :

    Emily Brown est pensionnaire dans l’établissement de Miss Ladd, elle vient de terminer ses études. Orpheline (son père est mort depuis quatre ans), n’ayant pour seule parente qu’une tante qu’elle aime tendrement, il lui faut gagner sa vie : elle a trouvé un emploi de secrétaire auprès de Sir Jarvis Redwood. Mais tout ne se passe pas exactement comme prévu.

    Mon avis :

    Quel regard portera-t-on sur notre littérature dans deux cents ans ? Sera-t-elle considérée comme le reflet de notre société, admirera-t-on encore le talent des auteurs des plus loués de l’année 2015 ? Je n’ai pas la réponse, évidemment. William Wilkie Collins est un auteur qui me semble faire l’unanimité auprès des spécialistes de la littérature anglaise mais, à mes yeux, ses livres contiennent tous les préjugés et les clichés de son époque. Je m’attends déjà à ce que l’on me réponde : « oui, mais tout le monde pensait ainsi, ce n’est pas choquant ! » Heureusement que tous ne pensaient pas ainsi et que des idées nouvelles ont eu cours, que des combats sont été menés, sinon, nous ne vivrions pas dans notre société et je ne tiendrai pas ce blog aujourd’hui.
    Pas très littéraire, mon billet ? J’y viens, j’y viens. Wilkie Collins, en avance sur son époque d’un point de vue littéraire, joue avec son lecteur en l’entraînant là où l’on ne s’y attendait pas tout en faisant en sorte que le lecteur en sache plus que les personnages. Est-ce à dire que l’auteur n’éprouve aucune tendresse pour les personnages qu’il a crée ? En tout cas, il se montre extrêmement dur avec ses personnages féminins.
    Emily, Francine, Cecilia, trois jeunes filles sur le point de faire leur entrée dans le monde ou dans la vie active. Emily est l’héroïne de l’histoire, celle qui n’ayant ni famille ni fortune, devra gagner sa vie telle Jane Eyre ou Agnes Grey. Bon. Cela ne l’inquiète pas plus que cela, tant elle a un caractère « uni », tant elle est incapable de voir le mal là où il se trouve, tant elle est incapable de causer le moindre tort à quelqu’un. Il est facile, dans ce cas, de voir à quel point on pourrait lui faire du mal – et je n’ose imaginer ce que le marquis de Sade aurait fait d’un tel personnage. Mais… Emily ne comprendrait même pas si on lui faisait du mal, elle qui pense que ses proches ne lui mentiraient pas, et que les promesses sont forcément tenues. Emily serait-elle un produit de son éducation, dans un charmant pensionnat coupé du monde, sans lien avec le peu de famille qui lui reste ? Peut-être.
    Cecilia est sa meilleure amie, et elle aussi est d’une naïveté incommensurable. Elle est riche, elle a une famille, elle peut se permettre quelques caprices culinaires – Cecilia aime manger et se laisse gouverner par son estomac. Ce n’est pas moi qui le dis, mais Francine, le troisième personnage féminin d’importance.
    Francine de Sor me rappelle l’univers de George Sand et celui de la comtesse de Ségur. Elle est l’antithèse absolue d’Indiana, élevée à la Réunion pour l’une, dans les Indes occidentales pour l’autre : Francine n’a que mépris pour Sapho, l’esclave qui l’a élevée. Elle n’éprouve aucune émotion pour cette métisse qui a reçu une très bonne éducation et resta toute sa vie considérée comme un simple bien matériel : « Outre la peinture, le dessin, le modelage, elle savait le chant et la musique. Que de talents pour une esclave qui n’en avait que faire ! » « Sapho – c’était son nom – a été payée fort cher quoiqu’elle ne fût plus jeune », voilà les gentillesse que Francine réserve, de manière posthume, à celle qui a pris soin d’elle, et qu’elle a largement tourmenté. Voir, comme effet de réel, les extraits du journal qu’elle l’a forcée à tenir.
    Francine, ou le lien cause/conséquence. Son éducation a été négligée donc elle est devenue ce qu’elle est, une jeune fille opiniâtre et cruelle, ou son caractère a-t-il fait que ses parents, ne ressentant que de la répulsion pour elle, ont négligé son éducation ? Je ne puis m’empêcher de ressentir dans ce texte, de manière implicite, le fait que la naissance détermine le caractère, et non l’éducation, les soins prodigués. Francine distingue les Blancs d’un côté, les Noirs de l’autre. De la même manière, elle est la reine noire, là où Emily est la reine Blanche.
    D’autres personnages gravitent autour d’elles, et si les personnages masculins sont aussi nombreux que les féminins, ils n’ont guère voix au chapitre. D’ailleurs, si Francine et Emily sont construites de manière antithétiques, il en est de même pour les autres personnages. Mistress Ellmother, exemple même de la fidélité et de la droiture, garde le silence sur les lourds secrets qui lui ont été confiées alors que Mistress Rock raconte ses malheurs en long, en large et en travers au point que l’on s’étonne que personne ne lui demande de se taire. Même les deux gentlemen qui sont au coeur de l’intrigue sont opposés par leur physique et leur manière.
    Et oui, il y a eu crime quatre ans avant que ne débute l’intrigue. Un homme, James Brown, a été assassiné par un autre, très efféminé, qui depuis court toujours. L’enquête n’a rien donné, sans doute parce que les enquêteurs n’ont pas été ni assez perspicace, ni assez observateurs pour comprendre que rien n’est plus facile que de changer d’apparence. A croire que l’Angleterre victorienne est peuplé d’êtres naïfs et innocents. Et un peu antisémites aussi. Je ne vous parle pas non plus de la misogynie, présente à toutes les pages du roman ou presque. Il faut tenir les jeunes filles, les femmes, dans l’ignorance la plus complète – pour leur bien. Emily découvrira cependant la vérité – elle finit toujours par apparaître, Emily a bien raison sur ce point. Je ne puis m’empêcher de penser que les hommes sont presque tous très égoïstes. Je dis « presque » parce que, en terme de personnages romanesques, il est des exceptions qui confirment les règles.
    Pinky
    Pinky
    M
    M

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    Message  Pinky Dim 5 Juil 2015 - 9:35

    merci Nina pour cette présentation complète
    Nina
    Nina
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    ML

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    Message  Nina Dim 5 Juil 2015 - 9:51

    Merci Pinky pour ta visite.
    Lariflette
    Lariflette
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    Message  Lariflette Ven 7 Avr 2017 - 15:17

    COLLINS, Wilkie Sansno11


    Sans nom


    Editions Phébus – 1996 – 830 pages
     
    Le mot de l’éditeur :
     
    Nul doute que W. Wilkie Collins n’ait donné, avec Sans nom (1862) l’un de ses plus intraitables chefs-d’oeuvre : celui en tout cas qui privera le mieux de sommeil le lecteur assez téméraire pour s’y plonger, pour s’y perdre. De tous ses romans, celui que préférait Dickens.
    C’est aussi le plus noir : portrait d’une femme dépossédée de toutes ses espérances (et même de son identité) à la suite d’un complot fomenté par des gens du meilleur monde. Elle se battra, se salira les mains, fera le terrible apprentissage de la liberté... et nous tiendra en haleine huit cents pages durant au fil d’une intrigue qui ne nous épargne rien. Prétexte, pour l’auteur, à décorseter la bonne société victorienne avec un sadisme tout hitchcockien.
    On comprend que Borges ait pu voir dans les romans de Collins la première expression de la fiction ’moderne’, dont l’enjeu, selon lui, se résumait à peu près à ceci : dire et montrer ce qu’il est convenu de taire et de cacher.
     
     
    Mon avis :
     
    Il est des livres qui ennuient, on compte les moutons, certains vous endorment et tombent de vos mains, d’autres, a contrario, emballent et impatientent. Celui-ci est essoufflant, comme un 3000m steeple en athlétisme, une fois passée la haie on tombe dans la rivière et il faut encore courir pour aller sauter une autre haie et ainsi de suite. Mais c’est plutôt du style essoufflant-passionnant. Un pavé, certes, mais qui incite à en redemander.
     
    Nous sommes en Angleterre, fin XIXème, donc victorienne.
     
    Une famille, le père, la mère et les deux filles, Magdalen et Norah ainsi qu’une gouvernante. Lorsque l’on entre dans la maison on respire l’affection ambiante, ces gens là s’aiment, c’est sûr. Chacun a ses utilités, ses tâches et ses passions et la vie ? Eh bien, elle se déroule paisiblement, dans la bonne humeur avec le minimum d’accroc, du moins c’est ce que le lecteur ressent, moi particulièrement. Attention on ne ronfle pas, non, on savoure l’écrit, le ressenti, le sac et le ressac, du bon. Alors profitons-en.
     
    Un voyage, une formalité ; le couple n’est pas marié, donc régularisons.
    Un accident de train, patatrac, le monde s’effondre, le père d’abord, puis la mère décèdent.
    Conçues hors mariage, enfants naturels, elles ne peuvent prétendre à hériter. Les filles découvrent leur situation avec crainte mais s’il existe un oncle, elles espèrent bénéficier, de ce côté, d’un soutien. Le fameux oncle, homme disgracieux,  leur refuse tout droit. Elles n’auront rien et surtout pas la maison.
    Norah la plus effacée se résigne, Magdalen, la plus forte décide de se battre.
    L’oncle décède, son fils, tout autant malgracieux, lui succède sans que cela change quoi que ce soit pour les deux sœurs.
     
    Dans ses tribulations, Magdalen, rencontre un couple d’escrocs. L’homme M. Wragge, truculent personnage, bonimenteur à souhaits, va aider la demoiselle à assouvir sa vengeance par le biais du théâtre et en épousant son cousin. L’épisode est délectable. Cet homme, escroc mais plein de bon sens, inculquera à Magdalen une rigueur et une bienveillance toute paternelle pour son éducation vengeresse. De la même façon qu’il est entré dans la vie de la jeune fille, il en sortira définitivement. Grâce à ce couple elle parviendra à atteindre le but qu’elle s’est fixé.
     
    Le cousin-époux dupé un instant saura réagir avant de mourir en déshéritant son épouse. Et, tac ! Eh, oui, Charybde en Scylla ! La pôvre petite, elle aura tout subi. C’est compter sans la volonté de Magdalen qui repart, sans coup férir  (j’aime assez cette expression, est-elle appropriée ici ? Les coups bas pleuvent…) à l’assaut du nouvel héritier de la fortune familiale en se faisant passer pour domestique.
    Ce ne sera pas suffisant, elle échouera…
    Sa sœur, Norah, en ignorant le combat mené par Magdelen, en se mariant, récupérera l’héritage des Vanstone. Ai-je dit qu’il s’agissait des Vanstone ? Non ! au temps pour moi, où avais-je les doigts. Si, fait, je rectifie : Les Vanstone.
     
    Désillusionnée, affaiblie, découragée, Magdalen sombre dans la maladie et le chagrin. Mais comme il s’agit d’un roman, elle est sauvée par un homme, capitaine au long cours, qui lui apporte tendresse, affection et soutien financier. C’est-y pas beau ça ?
     
    On pourrait dire que la fin est politiquement correcte ou conforme à l’époque. Oui, quand on ne connaît pas Collins, on peut dire cela. En revanche lorsqu’on le pratique comme moi, non, car il est, de par ses bouquins, proches des femmes et de leur condition à cette époque. Lire « Mari et femme » par exemple qui est pire au niveau de la condition féminine et ces lois masculines qu’il dénonce, prouve le contraire.
     
    On comprendra que pour moi c’est un coup de cœur. L’intrigue, le déroulement du récit, la qualité du verbe, la sonorité de l’écriture, la qualité des caractères et la remarquable couleur des descriptions en font, non seulement, une œuvre majeure chez Collins, mais aussi dans le genre en général et dans le roman de fin XIX, début XXème.en particulier.
    Même la traduction est idéale, c’est dire.
    Il y a du liant, il y a du détail, il y a de la saveur et puis ce roman m’a scotché au fauteuil avec un infini plaisir. De la belle ouvrage. A lire sans modération. Je conseille vivement.
    De la même verve de Wilkie Collins : « La pierre de lune ».
     
    5/5
    Nina
    Nina
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    ML

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    Message  Nina Ven 7 Avr 2017 - 21:33

    Merci Lariflette pour cet avis.
    Pinky
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    M

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    Message  Pinky Sam 8 Avr 2017 - 8:25

    Merci Lariflette pour cette présentation rythmée, je le note sur mon petit carnet
    Ratdebibliotheque
    Ratdebibliotheque
    ML
    ML

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    Message  Ratdebibliotheque Sam 8 Avr 2017 - 12:32

    Merci Lariflette pour cette présentation.
    Lariflette
    Lariflette
    LA
    LA

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    Message  Lariflette Sam 8 Avr 2017 - 21:13

    Merci à vous, Mesdames, de votre passage.

    B
    Pinky
    Pinky
    M
    M

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    Message  Pinky Sam 4 Jan 2020 - 13:51

    LA PISTE DU CRIME

    COLLINS, Wilkie 51qyl710

    Policier
    , édité chez Large Print en septembre 2015

    604 pages

    Résumé

    Dans le train qui l'emmène en voyage de noces à Ramsgate, Valéria Woodville pense aux semaines qui ont précédé son mariage : sa rencontre avec Eustache, ses rapides fiançailles avec lui, l'inquiétude de son oncle pour ce projet de mariage faute d'informations sérieuses ... AU LECTEUR. En vous soumettant cet ouvrage je n’ai pas de Préface à écrire. Je veux seulement vous inviter à vous souvenir de certaines vérités reconnues qui parfois échappent à votre mémoire lorsque vous lisez un ouvrage de fiction. Soyez donc assez bon pour vous rappeler : 1° que les actions humaines ne sont pas invariablement régies par les lois de la pure raison ; 2° que nous n’avons nullement l’habitude de n’accorder notre amour qu’aux objets qui en sont les plus dignes selon l’opinion de nos amis ; 3° enfin que les personnages qui n’ont pas agi sous nos yeux et les événements qui ne sont pas arrivés à notre propre connaissance n’en peuvent pas moins être, malgré tout, des personnages naturels et des événements parfaitement probables. Ayant dit ce peu de mots, j’ai dit, pour le moment, tout ce qui me semble nécessaire pour recommander ce nouveau roman à votre approbation. W. C. Londres, 1er février 1875.

    Mon ressenti

    Paru au 19ème siècle, ce roman est écrit à la façon d’un policier et nous est raconté par Valéria. Les idées, les motivations, les préjugés sont d’une autre époque (j’espère…).

    A l’instar du conte de barbe bleue, la curiosité féminine est la cause de la mésaventure de Valéria et du fait que son mari ne veut plus d’elle (c’est mieux que de perdre la vie !), car tout le monde sait que seules les femmes sont curieuses et qu’elles doivent être punies pour cela.

    Loin de sans offusquer, Valéria veut reconquérir son mari en faisant la preuve que la « tâche » qu’il porte à son nom n’est pas justifiée. Pour cela, elle va mener son enquête et remonter différentes pistes. Il est évident que notre chère jeune femme, est une femme sans cervelle, qu’elle ne peut comprendre un tel secret sans tomber en pamoison et attirer sur elle l’opprobre ! Entre Londres et l'Écosse, au gré de révélations, de comptes-rendus de procès et d'aveux, l'intrigue s'amuse à nouer des fils trompeurs, puis à les dénouer avec finesse. Valéria et Eustache resteront-ils un couple devant Dieu ?

    Si le propos a vieilli, les longueurs s’invitent joyeusement, cependant le livre reste le témoignage d’une époque.


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