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    BONNOT, Julie

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    BONNOT, Julie

    Message  Nina le Mer 27 Nov 2013 - 11:32



    Chambre 2
    Edition Belfond - 186 pages.

    Présentation de l’éditeur :

    Une maternité. Chaque porte ouvre sur l’expérience singulière d’une femme tout juste accouchée. Sensible, vulnérable, Béatrice, qui travaille là, reçoit de plein fouet ces moments extrêmes.
    Les chambres 2 et 4 ou encore 7 et 12 ravivent son passé de danseuse nue sillonnant les routes à la lumière des projecteurs et au son des violons. Ainsi réapparaissent Gabor, Paolo et d’autres encore, compagnons d’une vie à laquelle Béatrice a renoncé pour devenir normale. Jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus supporter la violence du quotidien de l’hôpital.
    Un hommage poignant au corps des femmes, et un regard impitoyable sur ce qu’on lui impose.

    Mon avis :

    Je le savais. Je savais que je n’aimerai pas ce livre. J’en étais quasiment certaine. Mais, comme il m’est arrivé de me tromper, je me suis laissée tenter.

    Dès le premier chapitre, en fait, j’ai coincé. Je n’aime pas, n’ai jamais aimé ce que j’appelle la "poétisation" de la mort d’un nourrisson. Si, encore, dans la vie, cela peut aider les parents à surmonter cette perte… Mais je ne connais, dans la vie, aucun parent d’un enfant mort-né qui ait pensé ainsi. Et ne venez pas me dire que les romans, ce n’est pas la vie, merci. Pour moi, la vie, avec ses douleurs, sera toujours plus forte que ce qu’un roman peut raconter.

    Ce roman montre que tout n’est pas tout rose, dans les maternités. Contrairement à d’autres lectrices qui ont trouvé ce roman sombre, j’ai envie de dire que :
    - d’un côté, Béatrice ne se concentre que sur les cas douloureux (et ils sont nombreux).
    - de l’autre, elle aurait pu encore aller plus loin dans la noirceur (si, je vous assure, c’était possible, et même facile).

    Elles étaient pourtant intéressantes, ces rencontres avec des mères en souffrance. Plutôt que de nous en livrer des scènes, brèves, des résumés, parfois, voir (dans un chapitre) une litanie de situations dramatiques, j’aurai aimé que les rencontres avec ses femmes soient développées, que l’on connaisse davantage leur devenir.

    J’aurai aimé aussi qu’une image si négative ne soit pas donné des pères. Certes, ce roman est centré sur les femmes et leur corps souffrant. Mais les pères.. A une exception près (il est beau, il est tatoué), ils sont absents, voire lâches quand ils ne sont pas accusés de vouloir prendre la place de la mère. Et je ne vois pas en quoi un père aimant serait un danger pour l’enfant, pas plus que je ne crois à l’instinct maternel.

    En effet, la maternité exaltée est vraiment le fond de ce livre, comme le montre les "conversations" entre la mère et le nouveau-né – il a tant à dire – qui m’a rappelé les théories d’une certaine pédiatre. De même, les enfants savent tout, bien mieux que les adultes, ils comprennent avant tout le monde qu'un adulte, par amour, veuille mettre fin à ses jours en compagnie de son amant. Les enfants sont merveilleux.

    Je n’ai garde cependant d’oublier l’héroïne de ce livre, Béatrice, et là encore, plusieurs choses m’ont dérangé. Je n’ai pas aimé ce mélange de point de vue interne et de point de vue omniscient. Le narrateur sait en effet tout sur les parturientes, notamment sur celle qui aimait tant jouer à la poupée étant enfant et se retrouve maintenant désemparée de son bébé – comme si elle pouvait vraiment tout savoir sur elle. Le parcours personnel et professionnel de Béatrice ne m’a intéressé plus que cela, ses compagnons de route non plus.

    Je suis heureuse d’être arrivée au bout de l’écriture de ce billet, et de pouvoir passer à un autre livre.

    Ratdebibliotheque
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    Re: BONNOT, Julie

    Message  Ratdebibliotheque le Mer 27 Nov 2013 - 15:23

    Merci pour ton avis, j'éviterai ce livre.

    Cyndie
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    Re: BONNOT, Julie

    Message  Cyndie le Mer 27 Nov 2013 - 16:03

    Merci pour ton avis Nina. Je ne pense pas qu'un jour j'aurais pu empoigné ce livre car c'est un sujet très délicat pour moi et on avis ne fait que conforter mon opinion sur le sujet.


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    Nina
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    Re: BONNOT, Julie

    Message  Nina le Mer 27 Nov 2013 - 18:03

    Merci Ratdebibliothèque et Cyndie pour votre visite.
    @Ratdebibliothèque : beaucoup de lectrices ont eu un coup de coeur pour ce livre. Moi, pas du tout.
    @Cyndie : bien que ce roman se veuille un hymne à la femme et à son corps, je trouve que certains faits sont occultés, et c'est vraiment dommage.

    Pinky
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    Re: BONNOT, Julie

    Message  Pinky le Jeu 28 Nov 2013 - 10:10

    quel dommage de résumé une maternité au décès d'un nourrisson ou autres éléments plus négatifs : la maternité ou le service hospitalier qui accueille doit faire face à ce type de problème que tout le monde prend de plein fouet, et encore plus les parents. Je te rejoins Nina, je trouve dommage que l'auteur ne mette pas en avant la place des pères, car ils ont leur mot à dire aussi et même s'ils ne vivent pas la grossesse de la même manière ils ont un regard et un rôle à tenir ainsi qu'une place...
    Mais le service ne se résume pas qu'à cela, heureusement....

    oui la hiérarchie est très présente, mais c'est un hôpital. Parfois, il n'y a pas le temps faute de personnel et autre... mais ce sont les personnes qui font la différence. La maternité est un service de la vie, dans ce sens la joie est souvent présente. L'accompagnement des mères et des pères en "douleur d'enfant" est important pour leur présent et leur devenir. C'est en ce sens que je te rejoins Nina, dommage de n'axer les choses que sur un versant...

    merci Nina pour cette présentation

    Cyndie
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    Re: BONNOT, Julie

    Message  Cyndie le Jeu 28 Nov 2013 - 10:21

    Je te rejoins Pinky, le service maternité d'un hôpital est très complexe évidemment la majorité des personnes que l'on y trouve sont des couples qui vont ou vienne de devenir parents mais il se côtoie aussi des couples qui ne peuvent avoir des enfants naturellement, des personnes qui viennent pour avorter, etc. C'est un monde à lui tout seul qui connait ses joies et ses peines, d'après ce que j'ai compris l'auteur ne le présente que d'un point de vue qui en plus n'est pas le plus heureux.


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    Re: BONNOT, Julie

    Message  Nina le Jeu 28 Nov 2013 - 19:59

    @ Pinky : j'ai parfois eu l'impression (et je crois que je ne suis pas la seule lectrice à l'avoir eu) que la narratrice rejette la médicalisation (et l'hôpital, donc).
    Spoiler:
    Les seuls accouchements qui se passent bien sont ceux où la sage-femme n'intervient pas, est même en dehors de la salle, rejetée par la mère qui sait, elle, ce qu'il faut faire. Les deux seuls exemples de "beaux accouchements" sont ceux-là. Idem, la césarienne est vue sous un jour négatif, et la narratrice ne comprend pas les femmes qui avaient confiance en les médecins, savaient que tout se passerait bien et se remettent bien (psychologiquement) de leur accouchement.
    J'en aurai beaucoup à dire sur ce livre, point par point, et à celles qui me répondent que c'est mon vécu qui fait que je ne l'aime pas, j'ai envie de dire : oui, c'est vrai. Je n'ai pas trouvé en quoi ce livre était un pur moment de bonheur.

    @ Cyndie : dans ce service, seul règnent la médisance et l'incompétence (dixit Béatrice).
    Spoiler:
    La seule personne compétente est virée parce qu'elle a laissé mourir un nourrisson, et la seule bonne chirurgienne est aveugle (il n'y a que moi que ce que j'énonce étonne ?). Quant à l'avortement, il n'est que thérapeutique, et encore, il est ressenti après coup comme une erreur.
    Non, le point de vue n'est pas heureux, ou alors à de très rares moments.

    Pinky
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    Re: BONNOT, Julie

    Message  Pinky le Ven 29 Nov 2013 - 10:25

    il est évident que de plus en plus dans nos pays industrialisés, la maternité est un moment dans la vie d'une femme ou d'un couple de plus en plus médicalisé, dans le soucis de protéger cela en devient même parfois une maladie... sans nier les risques, c'est quand même un acte naturel que nous perdons de vue. Heureusement qu'il y a des mouvements parallèles pour faire bouger et changer les choses

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    Re: BONNOT, Julie

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