Au Fil des lignes

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    SUE Eugène

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    Pinky
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    SUE Eugène

    Message  Pinky le Lun 15 Mai 2017 - 19:38

    LES MYSTÈRES DE PARIS (t.1 à t.5)



    Roman édité en format kindle, livres parus en feuilleton de juin 1842 à octobre 1843

    En fonction des éditons, la série comporte 1800 à 2000 pages

    Résumé


    " Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage : celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman : le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.

    Mon ressenti

    Un grand classique qui a permis à l’auteur d’entrer au panthéon des classiques, et quel classique ! Il a eu l’idée génial de faire paraître son œuvre par épisode. La première série ! Elle a passionné les foules et toutes les couches de la société. L’auteur a ouvert la porte à un monde, à un univers qui n’était pas connu du grand public. Eugène Sue s’est imprégné du langage, de la gouille qu’il redonne avec fougue. Il dépeint des personnages haut en couleurs, qui ont tous une profondeur étonnante. Tout un chacun peut se retrouver dans l’un d’entre eux.

    Bien sûr, l’époque n’est plus la nôtre : les valeurs évoquées : la foi extrême ; la virginité ; le sexe faible ; la naissance qui décide si tu seras du bon côté de la barrière ; l’éducation ; l’utilisation des enfants ; ce qui fait un homme, une femme ; la déchéance féminine en une créature ; le déshonneur chez les hommes ; le travail, la misère, la justice, le bien et le mal ; la famille, l’amour … toutes ses valeurs ont évolué au fil des siècles mais pour certaines, je crains qu’elles perdurent hélas au 21ème siècle.

    L’auteur décrit un Paris qu’il connait bien où il aimait passer ses soirées jusqu’aux petits matins pour s’encanailler avec des gens hors de son monde : les créatures faites de putains ou catins, les mauvais garçons, les brigands dans des coupes jarrets. Il aimait penser qu’il avait sa place et qu’il pouvait s’amuser alors que dans son monde tout était aseptisé. Eugène Sue était un dandy qui aimait s’amuser tout en restant à sa place. C’est sur les conseils d’un ami, qu’il se déguise et se met à une autre place. Les scènes qu’il décrit dans son livre sont tirées de ses observations.

    J’ai aimé relire ces livres où j’ai pu retrouver un langage qui met cher l’argot. C’est excellent tout comme les surnoms ou patronymes qui éclairent un trait de caractère d’un personnage. Le système D est à l’honneur. La misère rend les hommes créatifs, il faut survivre lorsque l’on est pauvre… certains choisissent la facilité par les larcins, le crime d’autres tentent de trouver un travail… Toute une époque qui se lit, se sent, s’imagine….

    Dans les points négatifs, il y a quelques longueurs pour mon regard de lectrice d’aujourd’hui mais c’est surtout les jugements posés sur les gens où il n’y a pas de nuances : tu nais dans la misère, tu es abandonnée par tes parents et tu es condamnée. Pire si tu es une fille, tu es alors considérée comme perdue !!!!

    Aujourd’hui, j’ose penser et croire que nous mettons un peu plus de nuance dans nos jugements, que nous réfléchissons un peu plus avant de condamner une personne.

    Un classique à découvrir ou à relire





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